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Les membres du conseil étaient déjà quasiment tous présents lorsque Dark Scriptus entra dans la grande salle. Seul Hérissius manquait encore à l'appel. La reine Natalia était assise à sa place. Elle semblait encore plus pâle que d'habitude. Les mains jointes sur son giron, elle attendait son époux en silence. Le Grand Chambellan s'inclina lentement devant elle, comme il fut de coutume. Puis sans un mot, il gagna son siège, près de celui, vide, du roi. A peine eut-il rejoint sa place que le roi entra promptement dans la salle. Ministres, conseillés et officiers se levèrent aussitôt pour saluer leur souverain. Le grand chambellan et la reine ne dérogèrent pas à la règle. Hérissisus se dirigea directement vers son épouse, lui prit la main et inclina légèrement la tête devant les membres du conseil. Lorsqu'il fut installé, tout le monde s'assit en un grand bruit de froissement d'étoffes. Dès que la séance fut ouverte, Hérissius dit à un homme près de la porte :
- Faites-le entrer.
Dark Scriptus s'interrogeait sur l'air grave qui emprisonnait le visage du souverain. Cela n'était pas de bon augure.
Le général Jayrès fut annoncé avec les honneurs dus à son grade. D'un pas ferme et assuré, il entra dans la salle du conseil et s'inclina respectueusement devant le couple royal. Le mage noir serrait les dents. Il n'avait pas été averti que Jayrès avait demandé audience. Cela ne lui plaisait pas du tout. Son visage ne montrait rien, mais le général et lui échangeaient des regards d'une profonde animosité.
- Majesté, commença l'officier, je reviens du grand continent. J'avais pour mission de ramener un terroriste qui menaçait le royaume.
- Bien, dit Hérissisus. L'avez-vous fait ?
- Non.
- Ah, est-ce pour cela que vos galons ont été arrachés ?
Jayrès braqua ses yeux sur le mage un instant, puis sur le roi. Il affirma brièvement de la tête et enchaina :
- J'ai suivi sa trace en de nombreux lieux. Nous l'avons finalement intercepté à Ascanta, où nous avons fait un prisonnier, mais lui nous a échappé. Mais j'ai découvert que la véritable menace ne venait pas de cet homme.
Le roi changea de position sur son siège, adoptant une allure moins décontractée. D'un petit signe de tête, il incita son interlocuteur à poursuivre.
- A vrai dire, j'ignore de quel côté il est, mais il faut que vous sachiez que cet homme porte une hache au métal doré.
- Comment ? Serait-il possible qu'il s'agisse de la hache sacrée ?
- Je l'ignore, majesté. Ce n'est peut-être qu'une supercherie. Mais je sais que le peuple gronde et se dresse contre vous.
- Ah ? Mais pourquoi cela ?
- Sa Majesté l'ignore sans doute, mais les peuples souffrent de famine depuis plusieurs mois. Ils vous ont envoyé des messagers pour vous demander de l'aide, mais comme vous n'y avez pas répondu, ils vous tiennent responsable de leur décadence.
- Des messagers ? Personnellement je n'ai reçu personne. Sans doute un de mes ministres est au courant de cette affaire.
Il se tourna vers les-dit ministres. Ils se regardèrent les uns les autres, s'attendant à ce que quelqu'un confirme bien la chose. Seulement, personne ne semblait au courant.
« Ça va mal ! » pensait Dark Scriptus. « Si ce Jayrès met son nez trop près de mes affaires, je serai obligé de lui régler son compte. » Le mage ne pouvait qu'espérer que l'officier n'en sache pas plus long et qu'il arrête là son rapport. Pourtant, Jayrès continua :
- Il m'a été rapporté – et j'ai pu le constater de mes propres yeux – que de nombreux peuples aient été sauvagement attaqués par des Gorbacs, allant jusqu'à exterminer certaines populations.
- Comment ?! C'est terrible ! Quand !
La reine Natalia posa une main sur son cœur qui s'emballait à l'annonce de ces massacres.
- Au cours des derniers mois, répondit Jayrès. Les centaures, les gros rouges, les algociens ont subit le même sort que les êtres des bois il y a plusieurs années.
- Mais pourquoi n'en ai-je rien su ? S'insurgeait Hérissius.
Il se tourna vers Dark Scriptus. Le mage dit sur un ton de plaidoirie :
- Majesté, ces créatures n'obéissent à aucune logique. Nous le savons, ce sont des créatures hostiles qu'on ne peut que très difficilement maitriser. Vous savez que depuis plusieurs années, je fais des expériences sur certains de ces monstres afin de voir s'il est possible de les domestiquer et d'en faire des soldats pour votre royaume, des soldats forts et sans peur que nous pourrions envoyer en première ligne en cas de guerre et ainsi épargner la vie de pères, de frères, de fils… L'attaque de gorbacs errants est malheureusement un fait répandu et…
- Ils portaient des armes, trancha Jayrès. Des armes, des casques, des protections…
- Vous semblez accuser quelqu'un général. Attention à ce que vous insinuez. Il ne peut s'agir de mes gorbacs. Peut-être ont-ils volé ces équipements ailleurs ? Portaient-ils l'emblème de notre roi ?
- Non, dû avouer Jayrès qui soupçonnait pourtant fortement une manigance du mage.
- Oui, tout cela est affreux, admit le roi. Je vais organiser une chasse contre ces monstres qui tyrannisent les peuples. Commençons par faire évacuer le palais.
- Mais sir, commença Drak Scriptus.
- Dark Scriptus, coupa Hérissius, on ignore ce qui a poussé les gorbacs errants à faire cela. Je ne veux pas prendre le risque de voir si ceux qui sont sous vos ordres vont obéir aux mêmes lois de la nature. Faites les disparaitre…comme bon vous semblera.
Le message était clair. Dark Scriptus devrait prendre des mesures. Le roi et la reine semblaient abasourdies par ce qu'ils venaient d'apprendre. Le Général Jayrès s'inclina à nouveau et se permit d'ajouter :
- Le peuple est désespéré et pense que vous les avez abandonnés. Ils pensent que l'homme que j'étais censé arrêter est leur sauveur. Ils prétendent que la hache a réapparu dans ses mains. J'ignore le pourcentage de vérité de tout ce que j'ai entendu, mais permettez-moi de vous conseiller ceci : faites-leur un signe. Montrez-leur que vous êtes toujours leur roi.
Sans attendre, Jayrès s'inclina cérémonieusement et quitta la salle. Le conseil ne traita pas des habituels sujets du royaume et la séance fut terminée.
Bramarion reprenait des forces non loin des autres. Violette finissait de bander la tête de Zorba qui avait repris ses esprits.
« Heureusement que tu as la tête dure ! », dit-elle, sur un ton léger. Plus gravement, elle reprit : « Je suis contente que tu t'en sois sortit. Tu es salement amoché. La plaie est profonde mais l'eau de mer à fait un premier travail cicatrisant. Le sel a ralentit la perte de sang. »
- La douleur résonne dans tout mon crâne. Est-ce cela qu'on appel la gueule de bois ?
- En quelques sortes, ria Violette. Mais pas besoin de se fracasser la caboche pour ça. Je préfère celle qui suit une bonne cuite ! Quand on retourna dans mon auberge à Vallande, je te ferai essayer mon whisky !
Lahomey, à genoux près d'Ibar, attendait son réveil dans l'inquiétude. Le jeune homme, à bout de forces, avait manqué de se noyer. Lorsque Bramarion l'avait ramené, il avait craché une impressionnante quantité d'eau avant de s'effondrer, inanimé.
- Ne t'en fais pas, résonna la voix de Bramarion un peu plus loin, il dort. Il a besoin de récupérer.
- Une force de la nature, ce gars là, dit Zorba. Je lui dois la vie.
- Hey, tu me la doit un peu à moi aussi, dit Violette, faisant semblant de s'offusquer. Moi qui m'échine à te faire un si joli bandage !
- 'Pourriez pas faire un peu moins de bruit ! Y'en a qui dorment ici !
La voix d'Ibar eut l'effet d'un raz-de-marée dans le cœur de Lahomey. Son ami n'avait pas bougé, ni même ouvert les yeux, mais un sourire éclairait son visage. La jeune femme plaqua ses deux mains sur sa bouche pour retenir les sanglots qui montaient dans sa gorge. Mais ses yeux versaient déjà une quantité de larmes. Enfin, Ibar ouvrit les yeux.
- ça fait du bien de te revoir, dit-il à Lahomey.
Elle ne put lui répondre, car elle s'acharnait vainement à calmer ses émotions. Sa gorge était encore trop serrée pour qu'elle puisse parler. Se redressant sur son séant, Ibar l'attrapa par les épaules et l'attira à lui. Ils restèrent un moment ainsi, serrés l'un contre l'autre. Lorsqu'il desserra son étreinte, il lui prit le visage et la regarda attentivement. Il fronçait les sourcils :
- Tu as changée.
Lahomey se sentit rougir. Elle aurait voulu se cacher dans un trou de souris et ne plus jamais en sortir. Car le regard qu'elle avait le plus peur d'affronter après sa mutation était en train d'examiner son visage dans les moindres détails. Pourtant, il ne parut pas affecté, et après quelques secondes, il dit en souriant :
- J'ai trouvé ! Tu as changé de coiffure. Ça te va très bien !
Lahomey lui offrit un sourire timide. A nouveau, elle eu envie de pleurer, de bonheur et de soulagement.
C'est Bramarion qui ramena tout le monde sur terre :
- Incroyable ! C'est lui !
- Quoi, firent les autres presque à l'unisson.
Ils rejoignirent le poste d'observation de Bramarion. A leur tout, ils scrutèrent la plage à travers les feuillages. Un jeune homme aux vêtements d'un autre monde marchait en titubant, une hache d'or accrochée dans son dos.
- Vite, dit Ibar. Si on le laisse là-bas, il va se faire repéré par les gardes.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Ibar et Lahomey partirent à la rencontre de Thanabat à toute vitesse. Ils arrivèrent à proximité de la plage en peu de temps. Cachés derrières des buissons à larges feuilles, ils attirèrent l'attention du jeune porteur de la hache en jetant de petit cailloux dans sa direction. Thanabat sentit ricocher les projectiles sur ses épaisses baskets et ne fut pas long à en trouver la provenance. Sans s'attarder sur les retrouvailles dans ce lieu dangereux, ils retournèrent au camp improvisé. Une fois à l'abri, chacun pu exprimer son soulagement de le voir sain et sauf.
Thanabat raconta à ses amis ce qui lui était arrivé sous l'eau et comment on l'avait amené sur l'île. « Cette fois, ma montre est vraiment foutue ! » annonça-t-il. Il ne s'attendait pas tellement à ce que les autres croient à son aventure sous-marine, mais en le racontant, il se forçait lui-même à comprendre que tout cela s'était bel et bien produit. Lahomey, d'abord sous le choc de son récit, le pressait à présent de questions sur les alouans. Violette et Bramarion tentaient d'en savoir plus sur ce qui avait pu arriver aux autres. Mais visiblement, Thanabat n'en savait pas plus qu'eux sur ce qu'il était advenu de Matriben, Obana, Thallula, Aranck et Yuma. Soudain, Violette se souvint de quelque chose qui pouvait avoir son importance :
- Au fait ! dit-elle en faisant sursauter tout le monde, on a fait une découverte avec Lahomey. Venez voir.
Les deux femmes entrainèrent les quatre hommes vers la fameuse pierre plate.
- Etrange en effet, dit Ibar.
- Est-ce que tu arrives à lire ce qui est écrit ? demanda Zorba à Thanabat.
- Comment pourrais-je déchiffrer ça, dit le jeune homme. C'est vous qui êtes du bled, non ? Moi je viens d'un quartier qui n'est même pas sur votre carte !
- On dirait de l'elfique, dit Ibar. Mais c'est surement un dialecte ancien parce que je n'arrive pas à déchiffrer.
- Pourquoi, ricana Zorba, en temps normal tu lis l'elfique, toi ?
- Un peu, répondit humblement Ibar.
- Si seulement Thallula était là ! Soupira Lahomey.
- En tout cas, continua Ibar en se tournant vers Thanabat, je pense que cette pierre parle de toi.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Regarde.
Ibar posa son index sous un signe facilement reconnaissable de tous. Une hache semblable à celle que portait Thanabat avait été gravée. A côté d'elle, une silhouette humaine avec des chaussures de sports et un sac à dos. Lahomey écarquilla les yeux :
- Regardez ! C'est le même symbole que sur les chausses de Thanabat !
En effet, le logo était celui de la marque des baskets de Thanabat. L'étudiant pensait ne plus s'étonner de rien dans ce monde. Pourtant, cette découverte lui glaça le sang.
Bon sang ce que j'ai eu du mal à l'écrire celui-là ! plus on approche de la fin, plus j'ai du mal parce qu'il faut que je réponde à des questions dont j'ignore totalement les réponses. Bref ! Ce 67 est un peu étrange, parce qu'au début, je voulais faire l'impasse sur le conseil ! Mais il fallait pourtant tenir notre bon roi au courant, n'est-ce pas ? Alors je vous le demande de but en blanc : Que vont faire ceux qui sont sur l'île ?
J'attends que chacun (dark scriptus, thanabat, lahomey, violette, et zorba) me disent ce qu'il aimerait faire dans la situation où il se trouve. Les autres (Matriben, Thallula, ozalée) vous pouvez les y aider. Désolée, c'est un peu pourrit comme choix, mais aujourd'hui, j'ai que ça en magasin. Je frôle la panne d'inspiration !
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