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Durant la traversée, Matriben avait raconté les raisons qui les poussaient à se rendre sur l’île des rois. Saru et ses deux navigateurs furent enchantés et fiers en apprenant qu’ils jouaient un rôle dans « la mission de sauvetage » des peuples. Alors quand leur bateau s’approcha de la caraque, le chef de Lantar expliqua à Saru qu’ils n’étaient pas très bien vus par la garde royale en ce moment. Mieux valait se faire le plus discret possible. Saru prit les choses en main :
- On va contourner, dit-il. On peut accoster sur un autre versan de cette île.
- Tu en es sûr ?
- Certain, répondit Saru, catégorique. J’connais très bien l’tour de l’île parce qu’y a qu’ là qu’on trouve des Flétans*. Alors j’viens souvent. La chaire est succulente. J’les vends bien à la criée et en plus…
- Ok, coupa Matriben, alors on fait le tour.
Saru et ses navigateurs gardaient le cap mais ne ralentissaient pas. Passant devant la caraque, Matriben, Thallula, Obana et les berserks se cachèrent. Saru fit de grands signes aux militaires en guise de salutations. Ceux-ci regardaient passer le bateau de pêche et répondirent amicalement aux saluts du marin. Après le virage, les deux bateaux se perdirent de vue. Le navire de Saru longea le rivage. L’équipe cherchait un endroit où accoster. Enfin, ils trouvèrent une pente douce et herbeuse qui pourrait tout à fait convenir. Le débarquement fut rapide. Matriben tendit la main vers Saru :
- C’est ici que nous nous séparons. Merci l’ami.
- Hey, attends. Tu crois qu’on pourrait le voir le gars ? Tu sais… Le gamin avec la hache ?
- Je pense qu’il serait plus prudent que vous ne restiez pas là, dit Thallula. On ne sait pas comment nous serons accueillis nous-même.
- En plus, on ne sait même pas s’il a survécue, renchérit Obana. On ne peut qu’espérer qu’il soit vivant. Et même si nous en avions la preuve, comment savoir où il se trouve ?
La mine deçue de Saru était presque drôle. Mais il se ressaisit. Il sérra vigoureusement la main de Matriben ainsi que celle de la princesse elfe. Il ébourriffa amicalement Obana et fit un petit signe de tête à Aranck. Apparement, il lui en voulait toujours d’avoir rayé la coque de son bateau. Il se risqua à tapoter la tête de Yuma qui grogna un peu, juste ce qu’il fallait pour garder son intégrité de loup sauvage. Les deux navigateurs singèrent Saru à l’exception de la caresse à Yuma. Le bateau repartit.
Thalulla tenta de tracer un itinéraire en se référant aux tours du palais.
***
- Elles sont bizarres ces pierres, remarqua Zorba.
Les autres attendaient que l’être des bois s’explique. Celui-ci continuait d’examiner les contours des pierres.
- Elles ne sont pas là par hazard, continua le Hay. Ibar, Bramarion, Thanabat, venez m’aider.
Zorba empoigna l’une des pierres et tentait de la faire bouger. Les quatre hommes combinèrent leurs forces et enfin, dans un bruit de frottement sourd, la pierre bougea. Zorba lâcha prise et l’élément pierreux manqua de peu de s’éffondrer sur ses pieds.
- Bon super, dit Thanabat. Et ça nous avance à quoi d’avoir bougé ce truc ?
- Wouahou ! S’exclamèrent Violette et Lahomey.
Devant elles, une ouverture dans le sol venait d’être dégagée. Après s’être intérrogés plusieurs minutes sur la raison d’un passage caché ici-même et sur l’endroit où ce long couloir souterrain pouvait mener, Violette remarqua d’autres inscriptions au dos de la pierre que Zorba avait fait bouger. Le même symbole, une étoile, revenait plusieurs fois. Ibar compta :
- Il y en a 13.
En effet, douze étoiles formaient un cercle autour de l’arme d’or bien reconnaissable. Chaque étoile était accompagnée d’un chiffre de 1 à 12, placé comme sur n’importe quelle horloge. A l’interieur de chaque étoile qui formait le cercle, il y avait des dessins, plus ou moins reconnaissables. Les gravures se présentaient ainsi : sur celle qui était à la place du 1, il y avait un poisson. A l’emplacement du 2, une montagne. La troisième, toujours en suivant la logique de l’horloge, montrait des traits verticaux et ondulés qui représentaient des flammes. Sur la quatrième, on reconnaissait la tête d’un dragon et sur la cinquième, il y avait un arbre. La sixième était ornée du symbole des elfes noirs. La septième représentait un demi-soleil, comme si celui-ci se couchait verticalement. La huitième représentait le démon Abulok, légendaire chien ailé à 3 queues et la neuvième montrait un loup hurlant. La dizième portait l’insigne de la garde royale, la onzième, un cygne aux ailes déployées, symbole des elfes blonds, et enfin, sur la douzième, un hérisson couronné. Une treizième étoile surplombait celle au hérisson. Mais celle-ci avait été noircie à moitié. On ne pouvait pas discerner si c’était un phénomène naturel provoqué par la moisissure, ou si c’était de la main du graveur. Toutefois, on apercevait en partie un corps humain. Encore au-dessus de l’étoile presque noire, il y avait un œil dans une pyramide.
- C’est le symbole de l’oracle, murmura Ibar.
Violette paraissait hypnotisée par l’horloge étoilée.
- Je crois que je comprends, dit-elle. Ce symbole est bien celui de l’oracle. Et remarquez que la hache porte la marque qu’on retrouve sur les chausses de Thanabat. Si on part de ce principe, on peut tout à fait appliquer cette gravure à ce que raconte la prophétie au sujet de l’élu et des ses étoiles protectrices. Donc…
- Donc ? l’encouragea Zorba.
- Donc ces étoiles nous disent qui sont les prottecteurs de Thanabat. Regardez celle-ci, dit-elle en posant son doigt sur le demi-soleil. Ça, c’est moi. C’est le symbole du peuple d’Ascanta instauré par le premier roi des Hommes. Il venait de la ville forteresse dont les habitations étaient si hautes qu’elles cachaient presque le soleil. Et j’ai été éloigné de la cité car j’étais l’incarnation de l’une des 12 étoiles.
- Ne serait-ce pas ton arbre, ici ? demanada Thanabat à Zorba.
- C’est lui en effet, répondit le hay.
- Esperons que tu sois bien, toi aussi l’incarnation de l’étoile protectrice des Hays, dit Violette. Car comme tu es l’unique survivant…
- Pensez-vous que les génocides qui ont frappés les peuples ont un lien avec tout ça, demanda Lahomey ?
- C’est certain, dit Zorba, l’air grave. Ils ont voulu éradiquer tout ce qui pouvait représenter un obstacle à leur plan. Comme l’identité des étoiles était inconnue, ou tenue secrète comme dans le cas de Violette, ils ont tué tout le monde.
- Donc vous pensez que ce loup, par exemple, représente le peuple berserk ? demanda Lahomey.
- Surement, dit Ibar. Dans ce cas, il faut espérer que l’étoile soit Aranck ou même Yuma. Sinon, on est mal !
- Ce hérisson, c’est quoi, demanda Thanabat ?
- C’est le roi, répondit Violette. Il n’y a qu’Hérissisus qui porte ce symbole. Ce qui voudrait dire qu’il est l’une des étoiles. De même que la reine, qui est représentée ici.
Elle indiquait le cygne sur la onzième étoile.
- Donc, la reine est une elfe ? demanda Thanabat.
- Oui, dit Lahomey. Tu l’ignorais ?
- Completement, oui. Y a-t-il une raison particulière à l’ordre des… Attendez, je crois que…
- Qu’y a-t-il ? demanda Zorba.
- J’ai rencontré Lahomey en premier. Et on sait à présent que tu es une alouane. Donc un poisson. Puis, toi Ibar. Et tu viens d’une montagne, non ?
- De la mine d’Algoce, oui, répondit Ibar.
- Ensuite Marcus, puis Matriben, Zorba… L’horloge annonçait déjà dans quel ordre j’allais rencontrer les étoiles. Donc ceux qui font route avec moi depuis le début sont bien les prottecteurs, vous ne croyez pas ?
- Ça se pourrait bien, en effet admit Violette.
- Et ce chien ailé, continua l’étudiant, est-ce bien toi Bramarion ?
- Oui, c’est Abulok. Dark Scriptus m’a ramené à la vie grâce au sceau où était enfermé ce démon. Il fait partit de moi à présent.
- Tu veux dire qu’au lieu d’être enfermé dans une pierre ensorcellée, il est à l’interieur de toi ? demanda Violette.
- C’est ça. Dit simplement Bramarion.
- Pourvu que Matriben et les autres soient encore en vie, murmura Lahomey.
Après ces conclusions tirées de la gravure, ils se décidèrent à descendre dans le tunnel. L’embouchure n’était pas très large, et le trou était profond. L’entrée était dépourvue de marches. Ibar et Bramrion passèrent les premiers, et réceptionnaient les suivants pour atténuer leur chute. Quand tout le monde fut en bas, ils s’engagèrent dans le couloir obscur.
Pas de choix cette fois, car je ne sais pas ce que je pourrais vous demander. Par contre, on approche de la fin, mes amis. Je pense le faire en 2 ou 5 chapitres grand maximum.
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