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FICTIONNARY
fictionnary

Des histoires qui se dessinent par vos choix...

Actuellement : La hache d'or

L'histoire : Jean-Baptiste est un étudiant en histoire. Un matin, alors qu'il se rend à l'université, rien n'est comme d'habitude. Il se retrouve dans la forêt d'un monde étrange. Les gens qu'il croisent ressemblent à ses amis, mais outre la ressemblance physique, ils n'ont rien en commun avec ceux qu'il connait. De plus, tous semblaient attendre sa venue et le prennent pour un sauveur. Monstres, magie, dragons, il est bien loin de ses cours et du métro parisien...
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Ches amis et lecteurs,

suite à une conversation avec notre chef Matriben, j'ai une nouvelle fois besoin de vous pour savoir quoi faire. Non pas pour le récit, mais pour" l'oeuvre" elle même ! Ben m'a soumis l'édée que je pourrais éventuellement (mais en travaillant un MAx sur la qualité du récit) mettre LES COMPAGNONS DE LA HACHE D'OR en ligne sur inlibrosvéritas (comme le livre de Jul) et ceux qui voudrait l'avoir en livre n'auraient plus qu'à passer commande. Les tarifs des bouquins seraient entre 15 et 30 euros au maximum, ça dépend du nombre de pages que j'aurai au final. Pensez-vous que cette idée soit folle ?

Donnez-moi votre avis svp :

 

1- bonne idée, tentons !

2- ça vaut pas vraiment le coup, c'est juste entre nous

3- c'est débile ! on n'acheterai pas cette merde !

  Lire les 6 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 08-02-2008 à 21h52

 Version finale - chapitre 3 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

3

 

Excellente tireuse et gardienne de première ligne, elle n'avait pas eu l'intention de le tuer. Elle voulait juste le stopper. Mais avait-elle bien fait ? Les autres l'avaient envoyée pour éliminer toute menace ou donner l'alerte en cas de danger. Arrivée à Lantar, la jeune femme, reprit son souffle un instant. 8)

Les lumières étaient presque toutes éteintes dans les petites maisons de Lantar. Seules celles de l'unique taverne du village et du grand mage Nostrabérus brillaient encore dans la nuit. Nostrabérus était un sorcier renommé qui avait fait ses preuves sur de nombreuses terres et qui s'était installé à Lantar en tant que guérisseur bien avant la naissance de la jeune femme. Lorsqu'elle aperçu de la lumière se glisser sous les volets de sa demeure, elle y lu un signe du destin. Car sa première idée avait été de réveiller le chef de son village pour l'informer de la situation. Mais s'il s'avérait que cet homme gisant dans la forêt n'était pas dangereux, il serait inutile, voire grossier de sa part de le réveiller pour si peu, lui qui avait eu si peu de temps pour se reposer ces derniers mois. Et d'un autre côté, si ce type était bel et bien une menace pour la sécurité des villageois, il était impensable de l'amener ici. C'est pour cette raison qu'elle l'avait neutralisé. Mais à présent, elle en éprouvait des remords et elle ne pouvait pas se résoudre à le laisser blessé à quelques pas de là. Elle avait besoin de la magie de Nostrabérus pour le soigner. De plus, en entraînant le magicien près de l'étranger, il lui donnerait son avis d'expert en la matière, afin de définir si oui ou non, l'étranger était un puissant sorcier. Elle s'avança donc jusqu'à la chaumière délabrée et bariolée du mage. Elle frappa timidement à la porte, celle qui lui faisait si peur quand elle était petite. Pas de réponse. Elle frappa plus fort. Là, la porte s'entrouvrit. Le visage espiègle d'un homme d'une trentaine d'années apparu dans l'entrebâillement.

-          C'est pour quoi ?

Surprise, la jeune guerrière ne répondit pas instantanément. Et la porte se referma.

Elle frappa à nouveau. Le même visage apparu dans le même entrebâillement. Il répéta :

-          C'est pour quoi ?

Cette fois, la jeune femme réagis immédiatement.

-          Je veux voir Nostrabérus.

-          Non mais il dort à cette heure-ci !

-          C'est urgent, insista-t-elle.

-          …Urgent ?... C'est-à-dire ?

-          C'est-à-dire qu'un homme est bléssé et qu'il va peut-être mourir s'il ne vient pas tout de suite.

-          Bon je vais voir, dit-il avant de claquer la porte.

Elle attendit plusieurs minutes derrière cette porte à nouveau close. Elle entendit de curieux bruits de remue-ménage, et à plusieurs reprises, des choses qui se brisaient en tombant. La porte s'entre ouvrit une nouvelle fois.

-          Quelle genre de blessure est-ce ? dit l'homme.

-          Il saigne. Il a une flèche plantée dans l'ép…

Clac ! Porte close. Encore. Quelques minutes supplémentaires s'écoulèrent, pendant lesquelles de nombreuses autres choses terminèrent leur vie sur le sol de pierre. Enfin, l'homme sortit complètement de la maison, habillé de plusieurs couches de lainages et d'une peau de bête indéterminée. Cela faisait un curieux contraste avec Lahomey, vêtue assez légèrement, car la nuit était plutôt douce. Le cou de l'individu était décoré de nombreux colliers de dents en tous genres et coquillages exubérants. Dans chaque main pendait un gros sac en toiles. Il en tendit un à la guerrière prétendant ne pas pouvoir tout porter. Sans discuter, elle s'en saisit et le jeta sur son épaule. Alors qu'il s'avançait déjà vers la sortie du village, elle restait plantée sur le pas de la porte, sans comprendre.

-          Mais, Nostrabérus ne vient pas ?

L'homme se retourna et paraissait un peu embarrassé :

-          Euh… Je lui ai parlé de ton truc là euh… l'urgence. Et il m'a dit qu'il prenait sa retraite.

-          Ce soir ? S'étrangla la jeune femme. C'est bien ma veine ! Mais attend ! Qui es-tu au fait ? Je ne t'ai jamais vu au village avant !

-          Je suis Marcus. Son apprenti. Enfin, officiellement, je suis le nouveau sorcier guérisseur.

Elle avait déjà vaguement entendu parler de lui, mais comme elle n'allait jamais aux réunions du village ni aux cérémonies, elle n'avait jamais vu son visage auparavant. Marcus se dirigeait vers la forêt. Mais la jeune femme lui demanda d'attendre quelques instants. Elle devait absolument prévenir une autre personne. Elle se dépêcha d'aller frapper à la fenêtre d'une solide  petite maison au coin d'une ruelle. Celle-ci semblait plongée dans un profond et paisible sommeil. Pourtant, à peine eut-elle frappé aux carreaux, que la lumière jaillit à l'intérieur. La porte s'ouvrit en grand sur un grand jeune homme à l'allure aussi solide que les murs de pierres de sa demeure. La jeune femme sentit ses joues s'empourprer car l'homme n'avait pas eu le temps de s'habiller entièrement.

-          Lahomey ? Il y a un problème ?

-          Je n'en suis pas sure. Viens avec moi, Ibar. C'est dans la forêt.

-          Je te suis.

Alors qu'il enfilait et laçait une chemise, il semblait parfaitement réveillé et prêt à agir. Sans poser de question, il avait parfaitement saisit l'état d'urgence et avait bondit hors de sa maison, empoignant au passage une magnifique arbalète ainsi qu'un carquois remplit de carreaux. Depuis qu'ils se connaissaient, Ibar n'avait jamais rien refusé à Lahomey. Et bien que celle-ci en eu conscience, elle n'en abusait pas. Voilà bientôt trois années qu'Ibar était arrivé au village. Lahomey s'entendait bien avec lui et appréciait sa compagnie plus que tout au monde. Ils étaient souvent ensemble, à marcher en forêt ou à chahuter gentiment. Pourtant, il y avait entre eux une forme de politesse retenue, un respect mutuel qui les empêchait de se livrer totalement l'un à l'autre.

Tous les trois partirent vers les profondeurs de la forêt. Excellente pisteuse et fine connaisseuse des lieux, Lahomey n'eut aucun mal à mener Ibar et Marcus jusqu'à sa victime. Là, transit de froid, dû à la grande quantité du sang qui se répandait, et de douleur, J.Bat agonisait. Il avait réussi à se traîner sur une bonne vingtaine de mètres avant de déclarer forfait. Le gaillard qu'avait ramené Lahomey évalua rapidement l'inconnu.

-          Il n'a rien d'un guerrier à première vue. Et il n'est pas armé.

-          Et ça ? dit Lahomey en désignant le sac à dos de l'étudiant. Il me semble que c'est du matériel de magie, non ?

Elle se tourna vers Marcus. Celui-ci s'approcha précautionneusement du sac. Il examina chaque objet avec les yeux. 9)

-          Rien ne m'est familier, dit le jeune sorcier. C'est très étrange. Mets tout ça dans son sac noir. Je regarderai ça de plus prêt quand nous seront rentrés.

-          Marcus, dit le jeune arbalétrier, je pense qu'il ne tiendra pas jusqu'au village. Il perd beaucoup de sang.

-          Un ennemi en moins ne me tirera pas beaucoup de larmes, répliqua le sorcier.

-          Et s'il n'en était pas un, dit Lahomey ? J'aurais pu le tuer dix fois si j'avais voulu. Mais quelque chose m'a retenu sans que je puisse trop me l'expliquer. Et maintenant je me demande… Je me dis que peut-être… Enfin, c'est bête mais je me dis qu'il pourrait être celui dont parlent les devins et les oracles.

-          Ah bon ? Tu trouves qu'il ressemble à un sauveur, toi ? Marcus s'approchait du gisant avec perplexité.

Une longue réflexion se lisait dans ses yeux et ses premières certitudes s'évanouirent. Il murmura : « …et celui qui viendra quand vous ne l'attendrez plus… le guerrier qui dort sous l'apparence docile… et vous suivrez celui à la hache d'or… ». Marcus se redressa soudain et dit tout haut :

-          Il n'a pas de hache ! Ce n'est pas lui.

-          Mais… commença Lahomey.

Ibar, en jeune homme sage et posé, dit d'un ton solennel :

-          Puisque nous ne savons pas qui il est, il est peut-être préférable de ne pas le laisser mourir. Si nous parvenons à l'interroger, nous pourrions avoir quelques informations sur lui et sur sa présence ici. Nous tirerons davantage profit de sa vie que de sa simple mort.

-          Bon dit Marcus. Je vais voir si je peux arrêter cette hémorragie.

-          Si ? N'es-tu pas le nouveau guérisseur ? dit Lahomey.

-          Précisément ! Je suis nouveau. Mais ça va aller. Jeune fille, apporte-moi mes affaires.

Lahomey s'exécuta et traînait jusqu'au sorcier les lourds sacs de toile.  Marcus fouilla aussitôt dans chacun d'eux, déballant tout un attirail d'objets indéterminés et biscornus, ainsi que de nombreux parchemins et manuscrits. Une parfaite pagaille s'organisa autour d'un J.bat toujours inconscient. Quelques feuilles où étaient notées des formules incompréhensibles s'envolèrent et Lahomey tentait de toutes les rattraper.

-          Vous avez vraiment besoin de tout ça, s'essouffla la jeune archère.

-          Non, mais je manque de pratique. Alors j'ai préféré prendre l'intégralité de mon matériel. Essaye de ne plus me déconcentrer.

-          Fais vite, dit Ibar. Nous sommes des cibles faciles, ici. On peut nous attaquer à tout instant.

Marcus bougonna :

-          Je sais ! Pfff ! Si ça se trouve, on soigne peut-être un ennemi tout en s'exposant à ses complices ! Quelle sottise !

Lahomey s'approcha du blessé avec son maigre butin de feuilles rattrapées au vol, et s'agenouilla pour suivre le processus de guérison. Ibar avait débarrassé J.Bat de l'épais vêtement qui protégeait son buste, ainsi que celui, plus fin, caché en dessous du premier. Le sweet et le T-shirt furent roulés et glissés sous la nuque de J.Bat. Le jean de l'étudiant avait été lacéré verticalement jusqu'à mi-cuisse. Les blessures n'étaient pas belles. Les flèches avaient dû bouger lorsque J.Bat s'était traîné par terre, agrandissant les plaies. Le scepticisme envahit Lahomey et l'inquiétude se lisait nettement sur ses traits fins. Pourtant, si Marcus ne semblait pas tellement expérimenté, il était évident qu'avec es incantations murmurées et ses liquides colorés, la plaie se refermait belle et bien. Déjà, J.Bat reprenait conscience. Et de ce fait, il semblait à Lahomey que son cœur en fut plus léger.

Ce sentiment fut de courte durée, car elle perçut un bruit qui n'avait pas lieu d'être dans les feuillages. En un rien de temps, elle dégaina son poignard, laissant son arc dans son dos. Inutile de pointer une flèche à l'aveuglette. Ibar arma son arbalète. Tous les sens en alerte, ils surveillaient les alentours. En une seconde, une centaine de créatures sombres sautèrent du haut des arbres et les assaillirent de toutes parts. Ibar tira un carreau en pleine tête de la créature la plus proche. Il réarma aussitôt. Lahomey s'avança vers ses ennemis, pensant en éloigner un maximum du blessé et du mage. Elle esquivait les coups de massue de trois monstres qui lui cherchaient querelle. Habilement, elle glissa derrière l'un d'eux et parvint à lui ouvrir la gorge. S'écartant de la masse de monstres qui courait vers elle, elle empoigna son arc et tirai sur tout ce qui s'approchait de trop près. Marcus avait emballé son matériel à la va-vite et rasait le sol pour échapper aux combattants. J.Bat, encore fragile mais débarrassé de sa douleur, cherchait à se mettre debout. Son instinct le lui dictait. Fuir ou aider ceux qui venaient de soigner miraculeusement une vilaine plaie ? Il n'en savait rien. Mais ne pas rester à terre. Lorsqu'il y parvint enfin, il employa toute son énergie à se maintenir à la verticale. Il avait perdu beaucoup de sang et la tête lui tournait. Lorsqu'il fut plus stable sur ses jambes, il prit conscience de la sauvagerie et de l'iniquité du combat. Des centaines de bipèdes monstrueux armés de dagues et de massues, face à deux humains, un homme et une femme, qui se battaient pour leur vie. Ils étaient parvenus à les tenir suffisamment à l'écart jusqu'à présent, mais les créatures gagnaient du terrain.

-          Il faut fuir, se surprit-il à crier aux deux jeunes gens.

Lahomey et son compagnon étaient forcés de reculer devant leurs assaillants. Le quatuor se regroupa vite et se retrouva encerclé. Marcus plongea son bras dans un de ses sacs et en sortit un petit flacon qu'il jeta devant lui. Un nuage de fumée bleue s'éleva et quelques créatures apeurées s'écartèrent en couinant. Les trois hommes et la jeune femme s'engouffrèrent dans le mince chemin qui venait de se frayer. Le sorcier guérisseur se résigna à laisser son matériel derrière lui. Mais les créatures étaient rapides et eurent vite fait de les rattraper. De nouveau, ils se retrouvèrent au centre d'une meute de monstres couinants, bavants et menaçants.

-          ça ne serait jamais arrivé si on l'avait soigné au village ! geignait Marcus. Mieux ! Si on leur laissait ce type en guise de hors-d'œuvre ?

Personne ne releva la boutade inopportune de Marcus. Dos contre dos, les quatre humains étaient piégés.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 06-02-2008 à 10h50

 Version Finale - chapitre 2 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

2

Il n'était pas question de retourner dans ce long tunnel et de déambuler à nouveau entre ces horreurs couinantes. J.Bat s'avança prudemment. Le bruit de ses pas était presque inaudible tant le tapis de branches mortes et de feuilles qui recouvrait le sol était humide et collait à ses chaussures de sport. Mais l'air s'était considérablement adoucit. Rien à voir avec les températures hivernales qui l'avaient accueillit quelques instants plus tôt. Au lieu d'un froid matin d'hiver en banlieue parisienne, il était à présent dans un crépuscule printanier en pleine forêt. Il retira son blouson, le roula en boule et l'enfourna dans son sac à dos. Il réajusta son sac bien en haut de ses épaules et il se mit en route à la recherche d'un plan avant que la nuit n'envahisse les lieux. Quelque chose n'allait pas. Où était la civilisation ? Et même, cette forêt était étrange. J.bat le sentait au plus profond de son être. Il s'arrêta un instant et regarda tout autour de lui. Il voulait comprendre ce qui provoquait ce malaise en lui. Tel un gigantesque décor, le lieu paraissait sans vie. Aucun mouvement, aucun bruit, pas un chant d'oiseau, pas même un souffle de vent. Rien. La forêt semblait morte. Il avança encore plus prudemment, tendant l'oreille et affûtant son regard. Dans une forêt normale, de jour comme de nuit, toutes sortes de bestioles sont supposées fourrager, chasser, être chassées etc… Pourquoi ne percevait-il rien ? Même les arbres semblaient artificiels. A présent, l'obscurité nocturne rendait les lieux encore plus inquiétants. Prit d'angoisse dans ce labyrinthe d'arbres, il poussa un puissant cri vers qui voudrait l'entendre. Sans même un écho pour lui répondre, son cri se perdit dans l'opacité de la nuit. Alors qu'il s'apprêtait à hurler de nouveau comme un loup qui cherche à entrer en contact avec une meute, une flèche se planta entre ses deux pieds. Surprit, il fit un pas en arrière. Entraîné par son mouvement trop vif et le poids de son sac à dos, il  tomba à la renverse. Il n'eut pas le réflexe de fuir, mais il savait qu'il était la cible de ce tir. La lance était une menace claire à son attention. Elle venait d'en haut. Il scrutait les arbres, mais une fois de plus, il ne perçut rien. Son instinct lui dictait de se mettre à l'abri, mais la curiosité et la soif de comprendre ce qui lui arrivait aujourd'hui était la plus forte. Il se releva très lentement, levant ses mains pour montrer qu'il n'était pas un ennemi envers son adversaire invisible. Il tenta le tout pour le tout :

-          Est-ce… Est-ce qu'il y a quelqu'un là-haut ?

Il du attendre de longues secondes avant que quelqu'un daigne lui répondre.

-          Qui es-tu ?

Une voix de femme. Le ton sec et autoritaire lui confirma que la flèche était bien un avertissement. Il n'était peut-être pas le bienvenu. Il se montra très prudent, et il s'appliqua à donner le meilleur de lui-même en matière de courtoisie.

-          Je… je m'appelle Jean-Baptiste. Je ne sais pas ce que je fais là… Je me suis un peu perdu je crois. Mais peut-être… pourriez-vous m'aider ?

Encore une fois, le silence pesait. Puis il perçut un mouvement léger et vif dans les hauteurs feuillues. En quelques secondes, juste devant lui, une jeune femme sauta à terre. La nuit ne pouvait pas cacher sa beauté et son élégance. J-Bat plissait les yeux, comme si cela l'aiderait à mieux la distinguer. Un nuage se dégagea, laissant à la pleine lune le loisir d'éclairer généreusement la jeune femme. Elle portait d'étranges vêtements. Ils ne ressemblaient en rien à ceux des jeunes femmes urbaines qu'auraient pu croiser J.bat dans le métro. Elle portait un haut sombre fin et léger qui s'arrêtait juste au-dessus du nombril, lacé sur la poitrine et dépourvu de manche. Sur chaque épaule, elle avait une sorte de coque dure décorée de clous sur les bords. Une fine lanière entourait son cou. Un petit pendentif s'y suspendait, mais il était si petit que J-Bat le distingua à peine. Une sangle, celle de son carquois qui contenait ses flèches,  traversait son buste en diagonale. Attachée au niveau des hanches, une large ceinture portait un étui sur son côté droit. Le manche de ce qui semblait être un petit poignard en dépassait. Elle était également vêtue d'un pantalon qui soulignait le galbe élégant de ses jambes. Elle était chaussée de bottes à semelles plates qui montaient jusqu'au-dessous de ses genoux. De larges bracelets de cuir recouvraient intégralement ses avant-bras et devaient, sans doute possible, la protéger du choc que la corde inflige à la chair lorsque l'archer lâche la flèche sur sa cible. L'index de la main fermée sur la poignée de l'arc portait une bague en fer forgé représentant une créature dont l'aspect n'évoquait rien à J-Bat. « Elle s'habille chez Bricorama, cette meuf ! »  pensa-t-il. Comme elle tenait son arc bandé, une nouvelle flèche prête à partir en direction du cœur de J-Bat, il se garda de toute réflexion sur sa tenue vestimentaire, certes assez sexy, mais pas vraiment à la pointe de la mode.  D'autant qu'à en juger par l'expression de son visage, il devait paraître tout aussi étrange à ses yeux.  Son regard se promenait sur lui des pieds à la tête et de la tête aux pieds.

-          D'où viens-tu ?

-          De la porte… juste derrière… à quelques pas d'ici, ajouta-t-il, car se retournant pour désigner ladite porte, il ne distingua plus rien.

-          Une porte ? Ici ? Tu te fous de moi ?

-          Non, je vous assure ! Il y en a une, à moins de trente mètres. Si vous voulez je vous montre…

-          Bouge et tu es mort ! menaça la jeune femme.

Si encore elle avait semblé tendue, paniquée, J-Bat aurait sans doute été légèrement moins inquiet. Mais avec son calme de prédateur expérimenté, il ne savait comment procéder.

Alors qu'elle s'approchait de lui, quelque chose lui apparaissait de plus en plus familier chez cette personne qu'il voyait pourtant pour la première fois. Son visage…

-          Salomé ?

La jeune femme s'arrêta, méfiante.

-          Qu'est-ce que tu dis ?

C'était bien son visage. L'identique dans les moindres détails. Excepté les cheveux, plus sombres et un peu plus longs, c'était tout le portrait de l'amie de J.Bat. Se pouvait-il qu'elle lui jouait la comédie dans cette mise en scène surréaliste ? Désorienté, J.bat se posait mille questions. 4)

-          Qu'est-ce que tu as dit ? Répéta la jeune femme.

-          Rien… Enfin, je vous avais pris pour quelqu'un d'autre.

Toujours aussi méfiante, elle braquait sur Jean-Baptiste un regard attentif et Soupçonneux.

-          Ecoutez, vous ne pouvez peut-être pas la voir, mais il y a une porte vraiment pas loin. Je suis arrivé par là et…

-          Je connais cette forêt mieux que quiconque et jamais, tu m'entends, jamais il n'y a eu de porte dans les environs.

-          Mais puisque je vous dis qu'il y en a une. Vous ne voulez pas regarder ?

La flèche toujours pointée sur l'intrus, elle jeta tout de même un bref coup d'œil derrière lui pour tenter d'apercevoir la porte dont il parlait. Elle reprit l'interrogatoire :

-          Je ne vois pas de porte. Tu mens. D'où viens-tu ?

-          Je n'ai aucune raison de vous mentir. Je ne sais pas où je suis. Vous êtes la première personne que je trouve depuis mon réveil ce matin. Rien n'est comme d'habitude. Je ne sais pas ce qui se passe. Je veux juste qu'on m'aide à me sortir de ce cauchemar.

-          De quelle contrée viens-tu ?

-          Quoi ?

-          A quel peuple appartiens-tu ? Les humains ?

-          Pfff. Sérieux ! J'en ai marre, là ! C'est quoi ce délire ?

-          Réponds !

-          Mais évidemment que je suis un humain.

-          Alors quelle contrée ? S'énerva la jeune femme.

-          Euh… Montreuil, en Seine-Saint-Denis… C'est dans le 93.

-          C'est quoi ça ? De quel ordre es-tu ?

-          Mais comment ça « de quel ordre » ? Quel métier vous-voulez dire ? Je suis étudiant… Etudiant en histoire. Ecoutez, j'ai rien contre vous, mais je fatigue ! J'comprends vraiment pas ce qui se passe. Est-ce que… vous pourriez me dire où on est ?

Le regard de J-Bat sembla convaincre la jeune femme.

-          Alors, comme ça, tu t'es vraiment perdu ? Tu as mal choisit l'endroit !

-          Je ne vous le fait pas dire ! ironisa J-Bat, considérant qu'il venait de tomber sur la pire prédatrice de ce siècle.

Il faisait toujours des gestes lents et laissait ses mains bien en évidence afin qu'elle baisse sa garde et surtout, qu'elle éloigne de lui la pointe de sa flèche. Finalement, elle dû juger qu'effectivement, il ne mentait pas et semblait vraiment dépassé par les évènements, car elle abaissa enfin son arc. Elle soupira :

- Bon, suis-moi. Je vais te conduire au chef de Lantar. Mais si j'ai le moindre doute sur tes intentions ou si tu bouges une oreille, je te perce le cœur ! C'est bien compris ?

Encore une fois, J.Bat fit signe de la tête pour certifier qu'il avait bien enregistré le message. Elle lui fit signe d'avancer. Il cherchait des yeux un chemin à suivre, mais les arbres étaient trop serrés entre eux. Aucun sentier ne se profilait. Il se risqua à faire deux pas droit devant lui quand elle le stoppa :

-          Pas par là. A gauche.

Il pivota d'un quart de tour vers la gauche.

-          Pas si à gauche.

Elle lui indiqua du doigt la bonne direction à suivre. Il s'y engagea, tendant l'oreille pour savoir si elle le suivait ou si elle lui tendait un piège. Mais la forêt semblait s'abreuver des bruits et c'est à peine s'il entendait ses propres pas. Pas beaucoup plus rassuré que lorsqu'il était seul, il hésita une nouvelle fois sur ce qu'il devait faire. 5)

La jeune femme, de son côté, était tourmentée par cet intrus. Qui était-il vraiment ? Et ces vêtements étranges… Rien à voir avec les gens d'ici. Et qu'avait-il dans ce mystérieux baluchon fixé dans son dos ? C'est bien la première fois qu'elle hésitait à tuer quelqu'un qui lui semblait si suspect. Après tout, c'était elle la gardienne de première ligne. Et si les autres lui reprochaient de l'avoir laisser vivre ? Les temps étaient si peu sûrs… 6)

Sans se retourner, J.Bat continuait d'avancer prudemment. Derrière lui, à quelques pas, il entendit la voix de la jeune femme :

-          Dis-moi ce qu'il y a dans la poche d'épais tissu que tu as dans le dos.

-          C'est un sac. Et il n'y a presque rien dedans.

J.Bat restait volontairement imprécis. Faire planer le mystère sur ce qu'il transportait était peut-être sa seule chance de survie face à une femme inconnue, armée et méfiante. Gagner du temps. Voilà ce qui était à faire dans l'immédiat pensait-il. Son vieux sac à dos éveillait la curiosité de la chasseresse. Et s'il ignorait tout de cette fille, de là où il était et de là où il allait, elle, de son côté semblait tout ignorer de lui et de la vie d'un étudiant tel que lui. Une chose était sûre, ils étaient radicalement différents. Une chance pour lui de pouvoir négocier des informations contre d'autres.

- Je veux savoir quel est ce « presque » qu'il y a dedans. Reprit la jeune femme sur le même ton.

       - Vous le saurez… Si vous me dites ce qu'est Lantar.

- Tu es malin, toi. Malin et intelligent. Si effectivement tu ignores ce qu'est Lantar, je suppose que tu n'es pas venu pour nous attaquer. Où allais-tu avant de te retrouver perdu au milieu de la forêt ?

- J'allais en cours. Une question pour une autre. Dit posément J-Bat. C'est quoi cette histoire de vous attaquer ? Tu me parles d'une guerre des cités ou quoi ?

- Es-tu à ce point ignorant ?

- Je vous l'ai dit, je ne sais pas où je suis, ni qui vous êtes. Alors ? C'est quoi Lantar ?

- Lantar est le village le plus proche. C'est aussi celui que je protège…

- Un village ? Je ne connais pas de ville, ni même de « village » autour de Paris qui porte ce nom. Et puis, qui voudrait attaquer un village ? Tu m'as accusé de menteur tout à l'heure, mais c'est plutôt toi qui te paye ma tête !

- Stupide créature ! Nous avons toutes les raisons d'être sur nos gardes ! Même s'il est vrai que nous n'avons pas reçu de menaces directes, nous vivons à une époque dangereuse !

- Une époque dangereuse, c'est sûr. Regarde sur quoi on tombe quand on se ballade en forêt !

Le sosie de Salomé se rendait compte qu'elle parlait un peu trop facilement à cet inconnu.

- Tu essayes de me faire parler ! Tu ne m'inspires pas confiance. Si je n'ai pas la certitude de ton inoffensivité, je vais être obligée de te tuer. Alors dans ton intérêt, ouvres moi ce  sac !

J.Bat sentait qu'il ne valait mieux pas jouer avec le feu, et que la prudence était de mise avec cette femme à l'apparence pourtant si douce. Il se résigna à laisser glisser son sac le long de son dos. Il s'apprêtait à l'ouvrir quand la jeune femme fit voler une flèche tout près de son oreille. Il en saisit parfaitement le message, et ôta ses mains du sac. Il fit trois pas en arrière. Elle enfila son arc et le rangea dans son dos. Elle dégaina son couteau avec aisance et souplesse, gardant son regard tour à tour fixé sur le sac et sur son propriétaire. A la façon qu'elle avait de manier les armes, J-Bat devinait qu'elle avait l'habitude de s'en servir au point qu'elles semblaient faire partie d'elle. Avec la pointe de son poignard, elle lui fit signe de reculer encore. Puis elle s'approcha du sac avec prudence. Ne sachant comment l'ouvrir, elle planta sa lame dans l'épais tissu et y fit une large fente.

- Hey ! protesta J-Bat en revenant vers elle. Ya une fermeture éclaire !

Mais la jeune femme fut si prompte à se saisir de son arc qu'il n'insista pas davantage. Reprenant l'éxamination du curieux baluchon, elle en sortit lentement le contenu. Elle retourna plusieurs fois le blouson que J-bat avait roulé en boule quelques minutes auparavant et le jeta un peu plus loin. Des feuilles de papier remplient de signes étranges, des livres, des stylos que la jeune femme semblait prendre pour de simples bâtonnets de différentes couleurs… A priori, rien qui puisse blesser ou tuer quelqu'un. Pourtant, une ombre se dessina progressivement sur son visage à la découverte de ces objets. Une crainte immense l'assaillit sans que J.Bat ne sache vraiment pourquoi. Il l'avait vu perplexe devant ses stylos, et d'un coup, elle semblait apeurée. Elle réarma son arme, s'efforçant de ne pas trembler, et en pointant J.Bat, elle reculait. Celui-ci percevait très nettement l'imminence du danger, mais ne savait pas quoi faire. 7) Interloqué et surpris, J.Bat n'en oubliait pas sa prudence. Les mains levées à hauteur des épaules, des mouvements lents, il lui demanda doucement :

-          Qu'est-ce qui se passe ?

-          Ordure ! Tu es un sorcier. Tu dois être puissant pour qu'on t'envoi seul, hein ? Tu viens pour anéantir mon village… Dommage pour toi que tu sois tombé sur moi.

Elle s'apprêtait à tirer. Son calme effraya davantage J-Bat.

-          Hé ! Du calme ! Du calme. On peut parler ? Je vais vous expliquer.  D'accord ?

-          Expliques-toi ! Vite ! Trancha la jeune femme.

-          Je ne vous ai pas menti tout à l'heure. Je suis vraiment paumé dans ce bled et j'ignore totalement ce qui m'arrive. Je ne sais pas qui vous êtes à part la plus grande menace que j'ai jamais croisé. Je  ne comprends pas pourquoi vous me prenez pour un sorcier en regardant le matériel d'un étudiant, mais sachez que je ne vais tuer personne. Je veux juste rentrer chez moi.

-          Un étudiant ?

-          Oui ! Un étudiant. Vous voyez ! Ce sont mes cours, mes notes, mes bouquins…

-          Tu es  apprenti sorcier ?

-          Quoi ? Mais non ! Non ! Je suis étudiant en Histoire ! Je vous l'ai dit tout à l'heure.

-          On nous envoi un étudiant en Histoire ? En Histoire de quoi ?

-          Oh la vache, marmonna J-Bat pour lui ! C'est pas important, laissez tombez.

La jeune femme semblait encore plus perdue. Elle ne savait plus comment s'y prendre avec ce curieux personnage. Devant son air hébété, J.Bat s'approcha doucement en lui expliquant chacun de ses mouvements à venir.

-          Bon je vais vous montrer.

La femme, de son côté, reculait. Il se pencha sur son sac, déboucha un stylo et avant que celui-ci ait pu lui montrer ce qu'on pouvait faire avec de l'encre et une feuille, une douleur immense l'envahit à l'épaule. La jeune femme avait tiré. Elle tira une seconde fois et atteignit la jambe, juste au-dessus du genou. Il hurla. Elle partit à toutes jambes, aussi leste et rapide qu'une biche, laissant J.Bat seul dans la forêt, perdu et blessé.

  Lire le commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 02-02-2008 à 10h39

 version finale - chapitre 1 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 
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La fin n'est pas encore prête (ouh la semaine commence mal ! ) mais pour ne pas vous laisser sans rien, voici le premier chapitre, réécrit, de la version finale. Ceux qui le désirent peuvent l'imprimer afin de conserver cette histoire dans leur tiroir. Peut-être ferai-je circuler la version officielle avec tous les extras (illustrations, fiches personnages completes, carte etc...) Afin que ceux qui n'ont pas internet ou pas d'imprimante puissent avoir leur version tout de même. Je vais tenter de mettre l'avant dernier chapitre en ligne dès demain.

Les numéros qui figurent dans ce chapitre sont la trace des choix que vous avez eu à faire. Tout est conservé dans une annexe qui vous sera remis également. Si vous trouvez encore des fautes (on en trouve toujours), merci de me le signaler, afin que cela soit le plus nickel possible.

 

1

 

7H00. La sonnerie stridente du réveil rompit soudainement le calme du matin. Le jour ne pointait pas encore en ce matin de février. Une main sortit de dessous la couette et retomba gauchement sur le bouton off.

 

7H35, Jean-Baptiste ouvrit enfin un œil. Pas envie de se lever. L'esprit embrumé, il détestait par-dessus tout sortir si tôt de son sommeil. Laborieusement, il se mit en position debout, et se dirigea comme un automate en direction de la salle de bain. Jeune homme de 23 ans, Jean-Baptiste était étudiant en histoire, dans une université parisienne, vivant chez ses parents dans la banlieue Est de la capitale. En tant que fils unique, il bénéficiait d'un amour parental tout entier. Un amour généreux et protecteur qui ne l'incitait pas à partir de ce nid si confortable et rassurant. Avant de se jeter sous la douche, il alluma son portable. Il y avait un message de Salomé qui remerciait tout le monde pour la soirée sympa qu'ils avaient passé ensemble la veille, avec tout le groupe de ses amis. Jean-Baptiste en avait beaucoup. Et il les voyait le plus souvent possible. Il sourit en lisant le sms et posa son portable pour prendre sa douche. De physionomie svelte et élancée, il n'était pas d'une corpulence très imposante. Il n'était d'ailleurs pas très grand. Mais il n'était pas petit non plus. C'était un jeune homme mince, de taille moyenne, les traits fins.

Il ne prit pas de petit déjeuner. Il était déjà en retard d'une bonne demi-heure lorsqu'il quitta l'appartement en direction de la fac. Jean-Baptiste haïssait le matin, et encore plus l'hiver. Il détestait prendre le métro, et encore plus aux heures de pointe. Les mains enfoncées dans les poches de son blouson, la capuche de son sweat rabattu sur sa tête, il se dirigeait d'un pas nonchalant vers la station en écoutant un peu de reggae pour se motiver à affronter sa journée. Malgré son attitude apparemment désinvolte, il était un étudiant sérieux, qui ne manquait que très rarement ses cours. Son seul tort était son manque de ponctualité.

La chaleur de la station de métro parvint à ses joues. Il laissa tomber sa capuche en arrière et valida son titre de transport. Il descendit tranquillement sur le quai. Etrangement, il n'y avait personne. D'habitude, à cette heure-ci, le quai et les rames de métro étaient bondés. Une grève ? Impossible qu'il n'en ai pas entendu parler. Le panneau qui devait indiquer le prochain train ne fonctionnait pas, une fois de plus. Jean-Baptiste n'était vraiment pas le genre à stresser pour de petites choses. Avec philosophie, il décida d'attendre sagement.

Depuis bientôt 15 minutes qu'il patientait, il n'avait toujours rien vu passer. Il n'y avait pas eu d'annonce d'explication ou d'excuses, alors il n'y avait sûrement rien de grave. Ce qui était bizarre, c'est qu'il soit seul sur ce quai. La station n'était pourtant pas fermée. Alors pourquoi ? N'y avait-il personne qui travaillait aujourd'hui ? Mais oui, peut-être s'était-il trompé de jour. Peut-être avait-il cru être lundi alors que c'était dimanche, et il allait pouvoir retourner se coucher… Non, impossible. Puisque dimanche, c'était hier. Il s'en souvenait bien. La soirée d'hier avait été plus courte que les autres, justement parce que plusieurs personnes devaient travailler ou aller en cours le lendemain. Ce matin donc ! « Bon, se dit-il, j'attends encore 10 minutes, et s'il n'y a pas de métro, je rentre. » Les dix minutes eurent vite fait de passer. Et toujours rien. Manifestement, il y avait bien une grève ou un incident sur la ligne. « Ils pourraient prévenir quand même ! Merci la RATP ! » Alors qu'il s'apprêtait finalement à tourner les talons et rentrer chez lui, une rame entra dans la station bruyamment. Il poussa un long soupir. Juste quand il venait de se décider à rentrer. Pas de chance.

Il s'avança mollement vers l'une des portes, et approcha la main du loquet d'ouverture. Mais avant qu'il n'y touche, les portes des wagons s'ouvrirent toutes à l'unisson. Personne n'en descendit. Et comme J.Bat était le seul usager sur le quai, personne ne montait non plus. Alors qu'il s'approchait de la rame pour monter, il constata que le wagon qu'il avait choisi était entièrement vide. Peu enclin à voyager seul, il se dépêcha de changer de wagon. Mais le second était également désert. Tant pis, la rame allait certainement refermer ses portes bientôt. Plus question de descendre pour aller dans un autre wagon. Si entre-temps la rame partait, pas question d'attendre encore une demi-heure avant le prochain. Mais les portes tardèrent à se refermer. Il tenta de changer de wagon en courant jusqu'au suivant. Décidément, il n'y avait pas foule ce matin. Le troisième wagon était tout aussi vide que les précédents. Rien de bien rassurant. Mais J.bat n'étant pas de nature inquiète, il décida de remettre ses écouteurs et d'allumer son Ipod. Il s'installa sur une banquette et attendit que la rame veuille bien démarrer. A peine fut-il installé, que la rame ferma ses portes sans même faire retentir le signal de fermeture automatique. Elle quitta enfin le quai et s'engouffra dans le tunnel.

Rapidement, le train prit de la vitesse. Beaucoup de vitesse. Beaucoup trop pour une simple rame de métro. Au début, J.Bat s'en réjouit. Ça rattraperait un peu son retard. Mais alors que la station suivante se rapprochait, le train ne ralentit pas. Il traversa la station, déserte elle aussi, et s'engouffra dans le tunnel suivant sans s'arrêter. J.Bat commença sérieusement à se poser des questions. Il y avait eu suffisamment d'étrangetés ce matin pour commencer à l'inquiéter légèrement. 1) La station suivante ne tarda pas à subir le même sort. Déserte elle aussi, et sans arrêt. « No stress » se dit J.Bat en battant la mesure. « De toute façon, il s'arrêtera bien un jour. Et si c'est à ma station, se serrait cool. »

Patient, mais attentif, J.Bat attendait que la rame veuille bien stopper sa course. Quelques minutes plus tard, il crut percevoir un premier coup de frein. Puis un autre, à peine perceptible. Un troisième, plus nette cette fois. C'était un fait, le train ralentissait. Et enfin, il stoppa sa course folle. Pourtant, quelque chose dérangeait J.bat. Pourquoi s'arrêter ici, dans le tunnel, entre deux stations ? Parfois, le métro s'arrête ainsi lorsqu'il y a un encombrement sur les voies. Mais là, vu le temps qu'il avait passé sur le quai, il estimait que la rame précédente devait être suffisamment loin pour ne pas gêner celle-ci. Quand aux incidents voyageurs, ça ne serait vraiment pas de chance, vu le peu de monde qu'il y avait sur le réseau aujourd'hui. Malgré ses interrogations, il attendait patiemment que le train l'emmène devant un quai. Nouvelle attente. 10, 15, 20 minutes passèrent… Puis 30, 40, une heure… Une heure entière à attendre dans ce tuyau noir. Peut-être aurait-il encore trouvé de la patience en lui s'il n'avait pas cette envie naturelle qui le taraudait depuis un bon quart d'heure. Il ôta ses écouteurs et tritura l'ouverture des portes. Naturellement, elles étaient fermées. Question de sécurité. A tout hasard, il tenta de forcer les portes. Une façon de se passer les nerfs. S'il n'avait pas été seul dans ce wagon, il aurait pu laisser les autres voyageurs s'énerver à sa place pour tenter de sortir. Lui aurait suivi. Mais là, s'il voulait sortir d'ici, il était temps d'intervenir.

Il redressait l'ouverture de nombreuses fois, de plus en plus sèchement, mais rien ne se passait. Alors qu'il lâcha prise, les huit portes automatiques s'ouvrirent d'un coup sec. Hésitant, J.Bat passa la tête pour jeter un coup d'œil dans le tunnel. Toutes les portes du train étaient béantes. Les lumières du wagon de tête s'éteignirent. Puis celui de derrière, puis le suivant. Tout le train se fondit dans l'obscurité du tunnel. « D'ac…cord » se dit J.Bat. Qu'est-ce que cela signifiait ? Que c'était la fin du parcours ? Une idée vint à l'esprit du seul usager du jour. Contrairement à la ligne 14, entièrement automatisée, les rames de la ligne 9 étaient pilotées par un chauffeur. Il ne devait donc pas être seul dans ce tunnel. Mais comment atteindre la cabine de pilotage ? Pas question de descendre sur les voies. Il alla à l'extrémité du wagon et tenta d'ouvrir la porte qui donnait sur le wagon suivant. Fermée. Il tenta à tout hasard celle à l'autre bout, pour rejoindre la cabine, probablement vide, qui se trouvait à l'arrière. Fermée elle aussi. Il ne restait qu'une solution. Passer par les voies. Seulement… Seulement, il était moyennement convaincu par cette alternative. C'était dangereux. Mais après tout, il était assez rapide. Et il n'avait pas vu d'autres rames sur la ligne ce matin. Alors, sans plus attendre, il se faufila à bas du train. Il était sortit du côté le plus proche du mur. L'espace n'était pas large mais il pouvait se déplacer facilement. Il se mouvait rapidement. Brandissant son portable, il éclairait sa route jusqu'à atteindre la matrice. Mais là où il aurait dû trouver un chauffeur, il ne trouva personne. Pourtant, la rame ne pouvait pas être venue là seule. Il pensa un instant qu'il s'agissait peut-être d'une panne d'électricité sur l'ensemble du réseau et que le conducteur avait décidé de rejoindre la station suivante à pieds. S'étant imaginé seul à bord, il avait dû quitter les lieux sans prévenir les... enfin l'unique voyageur. Ceci aurait également pu expliquer lointainement qu'il ne se soit pas arrêté aux autres stations, jugeant l'arrêt inutile. Pourtant J-bat était là, lui. La rame s'était bien arrêtée pour le faire monter. Rien de tout cela n'était très logique. En tout cas, si cela était réellement ce qui se passait, J-bat enverrai un courrier au siège de la RATP pour souligner le manque de professionnalisme de ce conducteur, trop peu scrupuleux.

Il appela « Ho ! Y a quelqu'un ? Hé ho !? » Seul son écho lui répondit. Il jeta un œil sur son portable. Pas de réseau ! Tant pis. Pas le choix. Il se décida à descendre sur les rails et à finir le trajet à pieds. Toujours son portable éclairant sa route, il marchait à un rythme soutenu. Il ne devait plus être bien loin. Pourtant …

C'est étrange comme les distances semblent plus longues lorsqu'on est seul et qu'on ne comprend pas ce qui se passe. Il restait attentif aux bruits, de façon à réagir vite en cas de rétablissement du courant. Plus il avançait, plus il trouvait que le chemin jusqu'à la sortie était anormalement long. Après dix minutes de marche, il dû se rendre à l'évidence : ça n'était pas son jour ! Et tout ce qu'il avait vu depuis qu'il était dans ce foutu métro parisien était plus qu'anormal. C'est alors qu'il perçu de la lumière devant lui. Il lâcha un soupir de soulagement et accéléra encore le pas. Mais en s'approchant, il s'aperçut qu'il ne s'agissait pas d'une station, mais d'un simple faisceau lumineux sous une porte. Une porte à cet endroit ? Sûrement pour le personnel de la RATP. Pour l'heure, cette porte représentait son premier véritable espoir de la matinée. Il promena la faible lueur de son portable sur toute la surface de la porte. Une serrure mais pas de poignée, et un écriteau : « interdit aux usagers. Danger de mort. » 2)

 

« Fais chier ! J'aurais dû rester coucher ! »

A peine eut-il prononcé ces mots, qu'il senti un poids sur l'une de ses basquets. Il eut le réflexe de secouer énergiquement son pied et ce qui se trouvait dessus prit la fuite en couinant. « Putain, non pas ça ! » J.Bat n'aimait pas les rats. Il fit circuler la lumière de son portable autour de ses pieds pour s'assurer que rien n'allait lui grimper dessus à nouveau. Il ne compta pas moins de six rongeurs à moins de 10 centimètres de ses chaussures. Ce qu'il prenait pour des rats n'étaient en fait que de petites souris noires, vives et bondissantes. Secoué d'un frisson de dégoût, il tapa frénétiquement ses pieds pour faire fuir les bestioles. Mais sitôt qu'elles s'écartaient, elles revenaient vers lui et toujours plus nombreuses. Pris d'angoisse, J.Bat poussa la porte sans même réfléchir à ce qu'il faisait. Elle s'entrouvrit. En toute autre circonstance, il aurait trouvé étrange qu'elle ne soit pas verrouillée. Mais pressé de se séparer des petites monstruosités noires, il n'y pensa même pas. Malgré la force qu'il avait mise dans son mouvement, la porte ne s'ouvrit pas davantage. Elle fut stoppée brusquement, comme bloquée par quelque chose. Il se faufila dans l'entrebâillement à reculons pour continuer à shooter dans ce qui grouillait devant lui et referma énergiquement. Il resta quelques secondes les deux mains plaquées sur la porte métallique. C'est alors qu'il s'aperçut qu'il était en extérieur. Il se retourna lentement et ce qu'il vit était encore moins logique. Une forêt ! Une forêt le long d'un tunnel de métro souterrain ! Bien sûr ! Ce qui avait gêné l'ouverture de la porte devait être ce grand chêne planté à quelques centimètres de lui.  Mais le plus étrange, c'est qu'au-delà des feuillages, la lumière du jour semblait déclinée en un crépuscule de rouge et d'orangé. J.Bat regarda l'heure à son portable mais celui-ci s'était éteint. Il tenta de le rallumer, sans succès. Il venait pourtant de recharger la batterie. De toutes façons, selon ses estimations, il était partit de chez lui depuis environ une heure trente. Donc il devait être sur les coups de 10 heures. « Bon, j'en ai marre là ! Qu'est-ce qui se passe ? » Il resta quelques minutes à réfléchir sur  toutes ces improbabilités qui s'enchaînaient. Rêvait-il ? Il se gifla. Non, ce n'était pas un rêve. Aucune idée d'où il se trouvait, puisque manifestement, il n'était pas à Buzenval. 3)

  Lire les 5 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 28-01-2008 à 21h28

 A tous Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

one piece 27

 

Pardon pour cet hibernation temporaire.

Je reviens dès la semaine prochaine, soit pour vous envoyer les deux chapitres de la fin, soit même pour commencer à vous mettre en ligne la version finale.

Je ne sait pas trop comment proceder en fait.

Mais voilà, je voulais vous tenir au courant.

Je ne laisserai plus ma paresse prendre les commandes de mon cerveau.

one piece 09

 

Gros bisous à tous.

  Lire les 5 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 24-01-2008 à 11h08


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  Blog créé le 17-01-2007 à 09h14 | Mis à jour le 19-06-2008 à 21h24 | Note : 8.24/10