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FICTIONNARY
fictionnary

Des histoires qui se dessinent par vos choix...

Actuellement : La hache d'or

L'histoire : Jean-Baptiste est un étudiant en histoire. Un matin, alors qu'il se rend à l'université, rien n'est comme d'habitude. Il se retrouve dans la forêt d'un monde étrange. Les gens qu'il croisent ressemblent à ses amis, mais outre la ressemblance physique, ils n'ont rien en commun avec ceux qu'il connait. De plus, tous semblaient attendre sa venue et le prennent pour un sauveur. Monstres, magie, dragons, il est bien loin de ses cours et du métro parisien...
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 Version Finale - Chapitre 8 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

8

 

Les cris et la panique des villageois hérissaient l’échine de Thanabat, qui dû renoncer à suivre ce mystérieux cavalier. Son cœur ne pouvait se résoudre à laisser tomber ces villageois courageux, qui l’avaient accueillit si chaleureusement et avec tant d’espoir. Lorsqu’il revint sur ses pas avec Ibar, le spectacle était bien triste. Toutes les maisons brûlaient, même la grande bâtisse du chef. Des gens pleuraient sur le corps d’un proche, d’autres luttaient avec toute leur énergie contre les flammes gourmandes.

Marcus était perché dans un arbre, et pleurait, suppliait pour qu’on le pardonne. Car ceux qui avaient subit la métamorphose venaient de comprendre qu’ils garderaient pour toujours l’aspect de leurs ennemis. Dans une rage folle, ils s’étaient jetés sur le magicien qui prenait la fuite. Lorsque Thanabat accouru au secours de Marcus, les ex villageois retournèrent vers lui leurs crocs baveux. Leur regard n’avait plus rien d’humain. A la vue de la hache, leur colère se changea en peur, et à leur tour, ils prirent la fuite. Obéissants désormais à d’autres instincts, ils coururent se réfugier vers la forêt, par le même chemin qu’avaient emprunté les vrais monstres et leur chef quelques minutes auparavant. Marcus pu descendre de son arbre, les jambes encore toutes flageolantes, et serra le porteur de la hache dans ses bras.

-          Merci vieux. Je n’oublierai jamais ça.

 

La nuit avait été mouvementée et sanglante. Pourtant, même après l’apocalypse, il y a toujours un matin qui suit. Un matin pour pleurer, pour panser ses plaies, pour se ressaisir, et pour se venger. Matriben se tenait sur la place du village encore fumante et consolait ceux qui avaient tout perdu. Etant donné la gravité de la situation, il déclara :

-          Notre monde souffre. Il est rongé par un mal dont nous ignorons l’origine. Gräce à l’élu, nous n’avons pas subit le même sort que les peuples précédemment attaqués. Nous avons eu des pertes, oui, mais le peuple de Lantar est encore debout. Tant que je vivrais, tant que vivra ne serait-ce qu’un seul Lantarrois, alors Lantar pourra être reconstruit, et vivre à nouveau.

Plus qu’une consolation, le discours de Matriben fit renaître la fierté dans le cœur des villageois. Toute la journée, les habitants s’affairaient au milieu des cendres fumantes. Les uns enterraient leurs morts, les autres déblayaient les gravats de leur maison en ruines. Mais pas un ne se répandait en plaintes ou en pleurs inutiles. Tous voulaient être dignes du courage de leur chef.

Matriben, pourtant, avait le cœur bien lourd lui aussi. Sa demeure avait été ravagée par l’incendie, et seuls les murs en pierre avaient été épargnés. Le toit, les portes, les fenêtres et tout ce qui se trouvait à l’interieur avait été dévorés par les flammes. Il avait rasseblé Ibar, Lahomey et Thanabat autour de ce qui restait de la salle de conférence où ils s’étaient réunis quelques heures auparavant. Marcus s’était joint à eux, bien que Matriben lui ai demandé de se retirer car il s’agissait d’un meeting privé. Mais le mage, encore sous le choc de sont passage à tabac, s’était fermement aggripé à Thanabat. Celui-ci s’était dégagé de cette étreinte gênante. Alors Marcus s’était collé à Lahomey qui n’eut pas le cœur de le renvoyer au milieu de la rancune des villageois. Il assista donc à la réunion. L’espèce de grand majordome dégarni qui gérait les rendez-vous du Chef de Lantar se tenait dans un coin de la piece. Sa mine fatiguée et triste, son corps recourbé vers l’avant, lui faisait ressembler davantage à un croque-mort. Thanabat s’en voulait un peu d’avoir cette vision de ce pauvre homme qui lui faisait plus pitié qu’autre chose. Matriben le sortit de sa contemplation :

-          Je vais allez voir le Roi Hérissius, commença le chef.

-          Tu comptes t’aventurer sur les routes avec cette meute de gorbacs enragés qui trainent dans le coin ? s’insurgea Lahomey. Et si tu ne reveanis pas, comme Allar ! Que deviendrait le village ! A quoi aurait servi notre bataille de cette nuit ?

-          Nous n’avons pas le choix. Il faut que je sache ce qui se passe. Ou à défaut d’apprendre quelque chose, il faut que je l’informe de ce que nous traversons.

-          Mais c’est trop loin, trop risqué, dit Ibar. Et tu ne peux pas laisser le village sans surveillance. J’ai l’habitude des longs voyages. J’irai donc à ta place.

Lahomey, encore plus choquée, se leva d’un bond :

-          Alors j’y vais aussi !

-          Très bien, dit Matriben. J’accepte. Mais je ne vous cède pas ma place. Je vous laisse juste m’accompagner.

-          Et moi, je fais quoi ? demanda Thanabat.

-          Tu viens aussi, bien entendu, dit Matriben.

 « J’aurai mieux fais de la fermer ! », pensait J.Bat. Devant sa mine peut motivée, Matriben ajouta :

-          Comprend-moi, porteur de la hache, reprit Matriben. Tu es celui dont on parle dans la prophétie. Tu as sans doute un rôle plus important à jouer que de sauver nos humbles chaumières.

-          Je viendrai, répondit J.Bat.

-          Merci, dit Matriben à demi-voix. Merci de tout mon cœur.

 

Dès le lendemain, le chef et son escorte étaient prêts à partir. Tous les villageois étaient venus leur dire au revoir. Et nombreux étaient ceux qui leur faisaient de maigres offrandes, selon leurs moyens, pour que leurs quatre héros ne manquent de rien. Matriben serra de nombreuses mains, embrassa de nombreuses joues, et échangea de grandes acollades avec tout ceux qu’il laissait derrière lui. Ibar, lui, n’avait personne à qui dire adieu au village. La seule personne qui lui aurait vraiment manqué partait en sa compagnie. Il regardait Lahomey embrasser ses parents. Alors qu’ils se mirent en route, Marcus se fraya un chemin parmi les villageois.

-          Attendez ! Emmenez-moi.

Matriben ne vit pas d’un très bon œil l’hypothétique compagnie du sorcier gaffeur.

-          S’il vous plait. Insista-til.

Thanabat était considérablement influencé par les traits de son visage qui lui rappelaient tant celui de son ami Marco. Et alors qu’il était entouré du sosie de Salomé, de Steeve et de Benjamin, il se dit que ce n’était pas le simple fait du hasard. Sans doute ferait-il ses preuves en chemin. De plus, il n’était plus très bien vu dans le village, depuis qu’il avait transformé certains maris, certains pères de famille en irrémédiables monstres.

Ils partirent à cinq de Lantar.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 01-03-2008 à 14h30

  Version finale - chapitre 7 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

7

 

Une goutte de sueur glissait le long de la joue de Matriben. En un regard, Thanabat et le chef de Lantar se comprirent instantanément. On ne pouvait pas laisser le pauvre villageois se faire malmener plus longtemps. Et il fallait profiter de l’effet de surprise. Thanabat fit un signe à Lahomey, elle-même transmit le message à Ibar. Tout le monde était prêt. Matriben leva sa lourde épée, et dans un cri puissant, il s’élança le premier vers les Gorbacs. Ibar et les bretteurs s’élancèrent sur le terrain. Au même instant, Lahomey baissa son bras, et une volée de flèches fit tomber une bonne trentaine de bestioles. Thanabat, de son côté, se remémorait ce qu’on lui avait dit au sujet des Gorbacs. « Tête molle, peau dure, ne pas perdre son temps à viser le cœur, pas doués avec des armes, mais ils peuvent broyer avec leurs mains… ». Brandissant sa hache, il s’élança lui aussi dans la mêlée…

La bataille était horrible. Au début, beaucoup de monstres affolés se laissaient surprendre, et s’écroulaient sans avoir eu le temps de riposter. La vue de la hache les avait tétanisés. Mais très vite, ils se ressaisirent, et bon nombre d’humains succombaient entre leurs mains, entendant leurs os craquer de toutes parts avant de rendre leur dernier soupir. Dans la panique et la confusion, beaucoup de faux gorbacs étaient pris pour cible par les archers alors qu’ils s’enfuyaient. Thanabat se démenait comme un beau diable et sa hache tranchait cous après cous, sans laisser aucune chance aux victimes. Lui-même était surpris de sa précision et de sa rapidité. C’était comme si ses bras obéissaient à la hache, et non plus à son cerveau. Subitement, il se trouva nez à nez avec le plus gros des Gorbacs, celui qui avait malmené le pauvre villageois et qui semblait être le chef de cette meute. Celui-ci avait un œil vif. Il fixait Thanabat avec une sorte de sourire en coin d’où s’écoulait lentement un épais filet de bave. Après quelques secondes d’observation, d’un côté comme de l’autre, l’énorme créature fit craquer les articulations de ses mains, et une seconde plus tard, il s’élança droit vers sa cible. Than, légèrement surpris par la rapidité d’une telle masse, n’eut que le temps de mettre sa hache devant lui, à l’horizontal. Et c’est ainsi que s’empala le chef baveux du monstrueux escadron chargé de détruire Lantar.

 

C’est à cet instant que les villageois reprirent le dessus. Les deux jeunes filles qui avaient parlé avec le porteur de la hache un peu plus tôt, n’avaient rien perdu des actes héroïques du jeune homme. Blotties l’une contre l’autre derrière une tenture, elles regardaient Thanabat s’acharnant à sortir la hache du corps du monstre. Après l’assassinat du leader, les créatures prirent la fuite. Le sang sur la hache d’or fumait encore. Le corps inerte du gorbac s’écroula lourdement sur le sol. La haute silhouette effondrée, la ligne de mire de jeune homme se dégagea. Un peu plus loin, devant lui, un homme, assis sur le dos d’un immense cheval noir, une ombre sombre encapuchonnée, le regardait fixement. Immobile dans la brume de la nuit, sous la lune blanche, c’était comme une apparition spectrale aux yeux de Thanabat. Impossible de distinguer les traits de son visage. Et alors qu’il était captivé par cette mystérieuse personne, il ne vit pas venir le poing qui vint s’écraser sur le bas de son visage. Sa lèvre inférieure se fendit sous le choc, mais avant que J.Bat ne put riposter, le gorbac qui venait de l’agresser s’écroula devant lui, un carreau d’arbalète planté dans son œil droit.

-          Ne t’approche pas, dit la voix d’Ibar en parlant de l’étrange silhouette. Regarde ! Les monstres semblent lui obéir.

J.Bat réalisa qu’en effet, les créatures désemparées semblaient fuir dans la direction qu’indiquait le sombre cavalier. Le bras tendu, la main ouverte, il ordonnait le repli vers la forêt. De longues secondes après que tous les gorbacs se soient enfuis, l’ombre resta là, droite et immobile, à fixer le porteur de la hache. Puis subitement, ses bras firent de larges mouvements incompréhensibles. Une intense chaleur se dégageait dans le dos de Thanabat et d’Ibar. Ceux-ci se retournèrent et virent que le village venait de prendre feu. Lorsque J.Bat voulu le faire payer à l’espèce de sorcier à cheval, il avait disparu, rejoignant le royaume de la nuit. Encore dans la fougue du combat, J.Bat était sur le point de se lancer à sa poursuite. 17)

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 01-03-2008 à 00h41

  Version finale - chapitre 6 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

6

 

L’appétit soudain coupé parce qu’il venait d’apprendre, Thanabat réalisa le sacrifice des villageois pour qu’il puisse bénéficier d’un tel festin. Il ne savait pas s’il devait continuer à manger d’aussi bon appétit. Mais pour ne pas les offenser, il continua plus modérément, leur proposant de temps à autre un morceau de pain ou une cuisse de poulet. Mais les jeunes filles refusaient poliment et se réjouissaient simplement de le voir se délecter.

A la fin du repas, un jeune garçon, tout juste sortit de l’enfance, vint lui annoncer qu’il était attendu par Matriben sur la place centrale. Il prit congé des deux jeunes filles en les remerciant, faisant renaître de multiples couleurs sur leurs joues amaigries. Sur le chemin qui le ramenait sur la place, Thanabat se disait pourtant que quelque chose n’allait pas. On ne lui avait sans doute pas tout dit. Ce qu’il venait d’apprendre était certes bien tragique, mais tout était encore possible pour sortir ces gens d’un massacre par ces créatures bizarres. Alors pourquoi tous semblaient si désespérés et attendaient avec autant d’ardeur le fameux sauveur à la hache d’or ? Celui-ci n’étant d’ailleurs censé arriver, selon ce qu’il avait pu entendre, que lorsque tout espoir serait sur le point de quitter les gens de ce monde. Alors quoi ? Est-ce qu’on lui avait tout dit ?

 

Matriben l’attendait. A ses côtés, Ibar se tenait droit comme un I, prêt à obéir aux ordres. Marcus suivait les trois bretteurs qui emmenaient les sacs vers la maison de Nostrabérus, se frottant les mains, tout heureux d’avoir retrouvé l’intégralité de son matériel magique. Lahomey  et ses trois accompagnateurs étaient donc revenus sains et saufs. On avait également ramené son sac noir avec ses vêtements et ses cours.

-          Bien, dit Matriben. Marcus nous a dit qu’il n’en aurait pas pour longtemps à préparer ce qui va nous transformer. Une vingtaine de minutes tout au plus. En attendant, passe à l’armurerie et prends les protections nécessaires. Prépares-toi bien avant le combat.

Matriben posa une lourde main sur son épaule, et Thanabat sentit les doigts s’enfoncer un peu dans sa chair. Ce geste, accompagné d’un regard lourd de sens, le jeune homme comprit que ce chef de village plaçait tous ses espoirs en lui. Plus que cela. Il lui confiait son peuple.

L’armurier s’avéra être de très bon conseil pour Thanabat. Il lui fit essayer divers protections que le jeune homme enfilait directement sur sa peau nue. Il en ressortit avec un plastron au cuir tanné, un porte-hache dans le dos, des guêtres enfilées par-dessus ses baskets, une cubitière à chaque coude et des protections semblables à celles que portait Lahomey sur les avant-bras. L’armurier lui avait habilement taillé le jean de sa jambe gauche avec une sorte de sécateur immense pour qu’il ne soit pas gêné pendant le combat.

En revenant vers la place, il trouva Lahomey assise sur un tronc d’arbre, un peu en retrait des autres. La pétillante de ses yeux s’était un peu atténuée et son sourire avait disparut. Elle regardait par terre, l’air abattue. Thanabat s’avança doucement jusqu’à elle.

- ça ne va pas ?

Lahomey leva les yeux vers son interlocuteur. Elle semblait sortir d’un long rêve.

-          Si… ça va. Enfin…

-          Oui ? l’encouragea J.Bat.

-          C’est idiot, mais… j’ai peur.

-          C’est normal. Moi aussi j’ai peur. Je n’ai pas l’habitude de jouer au guerrier et encore moins au héros.

-          Oh, moi je n’ai pas peur de combattre. Mais… se transformer en l’une de ces horribles créatures… beurk !

-          Ah, oui. Désolé pour l’idée. Mais je crois que ça peut marcher.

-          Et si jamais on ne pouvait pas redevenir humain ?

Thanabat n’avait pas encore eu le temps de se poser cette question. D’ailleurs, il préférait ignorer le problème, pour le moment en tout cas.

-          J’ai confiance en Marcus, dit-il enfin.

-          Moi… je ne sais pas. Je ne l’avais encore jamais vu au village. Nostrabérus est un grand, un très grand mage. Il fait la fierté du village. Avec Matriben bien sûr. Mais ce Marcus… Mon père m’a dit qu’il l’a aperçut l’autre jour en train d’essayer de soigner la patte cassée de notre chien.

-          Et ?

Lahomey désigna du menton le chien à trois pattes que Thanabat avait croisé un peu plus tôt lorsqu’il était partit se soulager. Il avait peur de comprendre ce qui était arrivé à la quatrième patte.

-          Oui c’est… fâcheux.

-          Et ma mère m’a dit aussi que la semaine dernière, elle lui a demandé de lui apporter la potion que Nostrabérus à inventé pour faire pousser les plantes deux fois plus vite. Mais le jardin a été infesté de plantes carnivores. Elles ont mangé toutes les bêtes du poulailler, et même ce pauvre chat à qui je donnais du lait. Quand on lui a demandé ce qui avait bien pu se passer, il a dit que Nostrabérus lui avait laissé ses notes, mais que c’étit lui qui avait fait la potion tout seul.

-          Ah…Oui... Thanabat commençait sérieusement à se demander si l’idée de la métamorphose était bonne.

-          Et puis de la fois où…

-          Ecoute, coupa J.Bat gentiment, si on en gardait un peu pour un autre jour ? D’accord ?

-          Est-ce qu’on est tous obligé d’être transformé ?

-          Je te promets que je vais y réfléchir sérieusement. Bon, je dois rejoindre Matriben. A toute à l’heure.

Il s’éloigna rapidement de la jeune femme dont les angoisses commençaient dangereusement à déteindre sur lui. Lorsqu’il revint sur la place du village, Ibar était debout devant les bretteurs. Derrière les soldats, des hommes moins sûrs d’eux formaient les rangs, avec les armes, parfois les outils qu’ils avaient pu trouver. Ibar s’avança vers l’étudiant et lui réajusta quelques protections mal attachées. Thanabat lui murmura :

-          Qu’est-ce qu’on vous a dit sur le porteur de la hache exactement ?

Ibar tourna vers J.Bat un regard amusé.

-          Tu commences à te demander si tu as fait le bon choix ?

-          Je pense que l’idée n’est pas mauvaise, mais… En fait je n’en sais rien. Et si notre odeur nous trahissait ? Et si, comme dit Salomé… euh Lahomey, nous ne pouvions pas redevenir humains ?

-          Nous verrons bien. Personne ne t’en voudra si nous échouons. Car tu es notre seul espoir.

-          Tu es sur ? Je veux dire, avez-vous vraiment tout tenté avant de confier vos vies au premier venu ?

-          Si tu nous sors de cette attaque, c’est que tu n’es pas le premier venu. Et que tu es bien celui qu’on nous a promis. Et si c’est le cas, nous nous battrons jusqu’à la mort à tes côtés pour rétablir la sérénité sur nos Terres.

Ces paroles n’avaient pas totalement rassuré le porteur de la hache. Mais les habitants de ce village semblaient tellement croire au destin ! J.Bat, lui, croyait dur comme fer que la vie que l’on mène est celle que nous choisissons. Pas celle que nous subissons. Et il ne pouvait pas se résoudre à croire que quoiqu’il fasse, il pourrait les sauver. Il n’était qu’un être humain comme les autres après tout. Pour quelle raison serait-il doté de la toute puissance ? Lui, le jeune étudiant en Histoire ? Et si au contraire il n’avait rien d’un héros, mais tout d’un bourreau, et qu’il les emmenait au massacre ? « Restons objectifs », se disait-il. « Je vais faire de mon mieux, et on verra bien ». Son estomac se noua un peu plus lorsqu’il vit Marcus revenir. Derrière lui, deux gros villageois soulevaient un gigantesque récipient, une sorte de chaudron. En pensant à ses lectures de jeunesse, J.Bat eu un petit sourire très personnel en comparant un instant ce sorcier avec Panoramix, le druide de ses Bandes Dessinées. Quel goût allait donc avoir sa potion magique ? Matriben s’avança vers Marcus :

-          Est-ce que tu l’as testé ?

-          A vous l’honneur, chef ! Répliqua-t-il.

-          Euh…, hésita-t-il.

Marcus désigna un des deux gros villageois et lui fit signe de s’approcher.

-          Bois !

L’homme, peu confiant, saisit la cuillère que lui tendait Marcus, la trempa dans l’épais bouillon marron, et, la main tremblante, la porta à ses lèvres. Il semblait mâcher un peu.

-          Ouh ! C’est relevé ! Et un peu pâteux. Mais ce n’est pas si mauvais.

Subitement, son visage gonfla, puis ses bras. Toute sa morphologie changea. Un air patibulaire remplaça la bonhommie de ces traits, des crocs lui sortaient de la bouche. Sous les regards incrédules, l’homme se changea entièrement en Gorbac.

-          INCROYABLE ! dit Marcus. Je ne pensais pas que ça marcherait ! Enfin que ça marcherait si bien ! Regardez ! C’est devenu un gorbac avec toutes les options ! L’odeur, la bave, la sale gueule ! Tout y est ! Bon, à qui le tour ?

-          Attend, dit Matriben.

Il s’approcha du villageois fraîchement transformé :

-          Est-ce que… ça va ?

-          Oui très bien, dit le villageois avec une voix plus rauque.

-          Tu n’as pas eu mal ?

-          Non, non. Et je me sens comme avant, en un peu plus lourd.

-          Bon, alors allons-y. Avec cette sale tronche, il ne nous reste plus qu’à jouer le jeu, et nous seront indémasquables.

Avec peu d’entrain, les villageois constituèrent une ligne et chacun attendait de boire sa part. Lahomey était très loin dans la file, et sa petite mine en disait long sur son manque de motivation. 15)

La file avançait vite, et les transformations allaient bon train. Marcus, tout joyeux de voir que tout se passait comme prévu, donnait les rations de potions à tour de bras. Thanabat n’avait pas encore pris place dans la file d’attente. Près du chaudron, il observait les métamorphoses. Soudain, il constata avec effroi que tout le monde utilisaient la même cuillère en bois. « C’est décidé, pensa t’il, je n’y touche pas ! ». Il se tourna vers Marcus :

-          Et pour redevenir humain, comment ça se passe ?

-          Comment ça, « comment ça se passe » ?

-          Tu as préparé ce qu’il faut pour qu’on redevienne humains, n’est-ce pas ?

-          Mais on ne m’a jamais parlé de ça ! se scandalisa Marcus. Pffff ! Si on ne me dit pas tout aussi ! On m’a demandé de changer tout le monde en Gorbac. Et maintenant, il faudrait que j’aie déjà sous le coude, le processus inverse ? Mais ce n’est absolument pas possible !

-          QUOI ? s’étouffa Thanabat.

-          Non, ce n’est pas réversible. Déjà parce que je n’ai plus beaucoup d’ingrédient, vu que j’ai mis presque toutes mes fioles dans cette mixture, et aussi parce que… je ne sais pas comment on fait. Il ne me reste qu’une fiole contre la douleur. Si tu as mal aux dents, je pourrai toujours faire quelque chose.

-          Ok, super ! Bon, ne touche pas à cette potion, dit précipitamment J.Bat au sorcier.

Puis il couru jusqu’à Lahomey et Ibar pour les sortir de la file. Il les amena jusqu’à Matriben qui attendait son tour sur les marches de sa maison.

-          N’en buvez pas, leur ordonna Thanabat. Il n’y a pas de remède anti « gueule de bestiole ».

Il les laissa bouche bée, et retourna en quatrième vitesse près d’un Marcus bougonnant, qui continuait à remplir sa cuillère. Thanabat le somma d’arrêter la distribution, essayant de ne pas faire transparaitre son inquiétude aux gens qui avaient bu la mixture ainsi qu’à ceux qui se trouvaient encore dans la file. Mieux valait arrêter le « massacre ». D’un rapide coup d’œil, il évalua la foule grossissante de nouveaux gorbacs. Cela devait être suffisant pour duper l’ennemi. Une bonne centaine d’anciens humains ricanaient de leur nouvelle apparence, et insouciants, jouaient à grogner et à baver. Mieux valait qu’ils apprennent leur triste sort le plus tard possible.

Il n’y avait pas de temps à perdre car le soleil était déjà très haut dans le ciel. Il devait être aux environ de 11 heures. Selon les récentes nouvelles des guetteurs, les gorbacs rôdaient toujours dangereusement aux alentours du village. Il était très probable qu’ils attaquent dans les heures qui suivraient.

Après avoir donné des instructions aux faux gorbacs, Thanabat en donnait aux villageois restants. Lahomey prit une poignée de bretteurs sous son commandement, Ibar s’occupait d’une trentaine d’archers qui avaient échappé de justesse  à la mode gorbac. Matriben et Thanabat s’assurèrent que tout le monde était bien en place. Le dispositif de combat n’était prévu qu’au cas où les choses tourneraient mal avec le plan A, qui consistait à laisser les faux gorbacs déambuler dans le village et faire croire que les lantarois avaient succombés à l’assaut. L’après-midi passa sans que rien de suspect n’éveille leurs soupçons. Et même, l’ennui guettait. Chaque soldat, chaque villageois, même les enfants, aucun n’avait quitté son poste depuis des heures. Le soleil descendait vite dans le ciel. L’obscurité gagnait du terrain. Tout Lantar attendait, caché, immobile et muet. Thanabat n’entendait plus que les battements de son cœur qui se débattait dans sa poitrine. Il serrait sa hache d’or contre lui. Lahomey, perchée dans un arbre, scrutait vers la forêt et attendait que les affreux pointent leur nez pour donner le signal.

La nuit était enfin là. Lahomey n’avait pas relâché son attention. Elle s’aperçut vite, qu’ils n’étaient pas loin. Elle fit signe aux humains-Gorbacs, qui, sans plus attendre, commencèrent à grogner, à baver et à faire semblant de fouiller les maisons à la recherche de quelques villageois à tuer.

 

Un cri rauque et puissant surgit de la forêt, et la charge des Gorbacs était lancée sur Lantar. Ils sortirent par centaines d’entre les arbres, les armes à la main, dégoulinants de bave et les yeux exorbités, prêts à tuer. Mais leur course lourde et effrénée se stoppa nette lorsqu’ils se trouvèrent face à leurs semblables. Il y eu un moment de flottement, et l’air idiot, les gorbacs se regardaient les uns les autres. L’un de ceux qui venait d’arriver, plus gros, plus fort, et surtout plus armé que les autres se planta au milieu de la place. Un chef probablement. Il grognait plus qu’il ne parlait, mais on pouvait distinguer des mots comme : « Qu’est-ce…vous faites là ? Où sont … villageois… ordre d’attaquer… » Mais les mots qui sonnèrent comme un coup de fusil aux oreilles de Thanabat ressemblaient à « Tuer… homme… hache d’or… Tuer ! »

Le gros gorbac saisi un de ses congénères par la gorge. Il le secouait dans tous les sens pour savoir où était l’homme qui possédait la hache d’or et celui qu’ils étaient venus tuer en priorité ; le chef de Lantar. Le pauvre humain dans le corps de bestiole, malmené, pleurait comme une fille. Mais il tenait bon. Pas un mot ne sortait de sa bouche. Il savait que s’il craquait, s’en était finit de lui et des villageois de Lantar. Thanabat et Matriben observait la scène en silence. Dans son cœur de chef, Matriben ne pouvait tolérer qu’on s’en prenne ainsi à l’un des siens. Plusieurs hommes armés attendaient, planqués un peu partout autour de cette meute de chiens baveux qui s’en prenaient au village. En tant que chef, et comptant la hache d’or dans ses rangs, il était impératif de prendre la bonne décision. La vie des Lantarois était en jeu. S’il décidait d’attaquer, arriverait-il à distinguer les vrais gorbacs des faux ? Et cette attaque n’était-elle pas pure folie ? Oui, mais laisser ainsi ces monstres saccager son village et imposer leur tyrannie, les laisser impunément continuer leurs génocides, n’était-ce pas plus fou encore ? L'occasion d'en tuer un bon nombre était trop belle. 16)

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 Version finale - chapitre 5 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

Pensez à faire les changements dans votre tête en ce qui conce'rne la topographie des lieux. Pour plus d'infos, il y a un article explicatif plus bas.

 

5

 

                    

Le chef du village, qui portait le nom de Matriben, fit sortir tout le monde de la pièce ronde par la porte principale. A peine à l’extérieur de la grande bâtisse de pierre, il commença à donner les directives :

-          Ibar, préviens les bretteurs et les arbaletriers, puis rassemble-les sur la place jusqu’à ce que je vienne vous donner le dispositif de défense. Lahomey, dis aux archers de se préparer. Dis-leur aussi que c’est toi qui prends le commandement.

-          Mais je n’ai jamais dirigé personne, protesta Lahomey. J’ai toujours opéré seule.

-          Je sais mais je n’ai personne d’autre que toi qui puisse assurer efficacement ce poste.

-          Sincèrement, Matriben, je ne crois pas être capable de canaliser des troupes.

-          Je ne te laisse pas le choix. Depuis qu’Allar est partit, nous n’avons plus personne à la tête des archers. Je ne vois que toi qui puisses lui succéder. Je compte sur toi. S’il te plait, ne nous lâche pas.

Voyant que Lahomey se résignait à ses ordres, il posa la main sur son épaule pour lui apporter un peu du réconfort dont il était capable à ce moment précis. En tant que chef, il devait redonner confiance à son peuple pour lui apporter enfin la sérénité dont on les privait.

Ibar s’inclina légèrement devant Matriben, salua Thanabat et déjà, il s’en allait préparer la guerre. Lahomey le talonna. La mention du nom d’Allar avait secoué la jeune fille. Depuis le départ de celui-ci, elle avait cherché à se perfectionner sans celui qui avait été son maître archer et à présent, l’heure était venue de se montrer digne de lui. Il fallait vite qu’elle passe avant tout le monde à l’armurerie. Puisqu’elle devait le remplacer, elle voulait honorer Allar en portant le meilleur équipement possible.

-     Mais moi, je fais quoi ? demanda Marcus.

-          Préviens Nostrabérus, répondit Matriben. Sa magie est un avantage considérable, tant pour l’attaque que pour les soins aux blessés.

-          Mais euh… En fait, il ne peut plus… Enfin, c’est moi maintenant qui…

-          Toi ?

-          Mais j’y pense, tout mon matériel est resté dans la forêt !

Matriben laissa échapper un soupir agacé :

-          Débrouilles-toi comme tu veux mais tiens-toi prêt. Si tu ne te sens pas prêt pour la magie, alors va chercher une épée, et bas-toi ! Quand à toi, dit-il à Thanabat, c’est le moment d’endosser ton rôle de sauveur !

« Super ! Merci pour la pression ! » Pensait l’étudiant. Le chef de village conduisit le jeune homme à l’arrière d’une petite cour déserte. Dégainant une épée massive, il se mit en position de combat :

-          En garde, dit-il à l’attention de Thanabat

-          Hey ! Qu’est-ce que vous faites ?

-          Je vais t’apprendre rapidement les rudiments du maniement d’arme. En garde !

De manière un peu gauche, Thanabat brandit la hache devant lui. Matriben l’observa une poignée de secondes et dit :

-          Tes mains sont trop rapprochées sur le manche, et tu dois tenir ton dos droit. Tes jambes sont mal positionnées. Si tu frappes dans cette position, c’est toi qui va finir par terre et non ton ennemi.

Thanabat tenta de corriger sa position. Matriben l’incita à frapper le premier. L’attaque fut peu probante. Matriben esquiva avec une grande facilité. Thanabat, entrainé par le poids de la hache, bascula en avant. En quelques mots et en une démonstration, Matriben corrigea rapidement les erreurs du jeune homme. Puis il prépara son adversaire à parer son attaque. Sa position défensive était très mauvaise. Aussi, Matriben lui apprit quelques parades et esquives. Tout se passait trop vite pour Thanabat. Mais il suivait consciencieusement les conseils du guerrier, car il n’avait aucune envie de se faire tuer par ces fameux Gorbacs. Matriben était un bon professeur. Lorsque celui-ci abattit son épée en direction du crâne du jeune homme, celui-ci réussit à parer l’attaque du premier coup. « ‘Tain, il est malade ce con ! », pensa-t’il. « Il était prêt à m’ouvrir le crâne ! ». En peu de temps, Thanabat avait apprit les rudiments du combat. Il savait attaquer sans tomber, parer et même contrer.

Un jeune garçon accouru vers Matriben et lui annonça que les troupes étaient rassemblées sur la place :

-          Allons-y, dit Matriben. Je pense que tu t’en sortiras.

 

Les troupes étaient rassemblées sur la place du village. Marcus rejoignit Matriben et Thanabat sur le seuil de la grande bâtisse de pierre. Du haut des quelques marches qui les séparaient de l’armée, le jeune chef parlait d’une vois basse à J.Bat :

-          Tu vois ? Voilà toute mon armée, dit-il sur un ton désolé. A peine un millier ! Et encore, bon nombre d’entre eux ne sont que des villageois qui savent tout juste manier une arme ! Et ils n’ont pas beaucoup d’expérience au combat. Tout le monde a vu la hache que tu portes. Et tous croient en toi. Si tu es notre homme, montres-nous le chemin de la victoire. Si tu ne l’es pas, alors s’il te plait, bats-toi du mieux que tu pourras. Pour eux ! Pour les encourager à donner le meilleur d’eux même.

-          Je comprends, dit humblement Thanabat. Je ferai de mon mieux.

-          Merci. Bien. Nous y sommes ! Il faut que nous donnions nos instructions pour la bataille. Que décides-tu ? 13)

-          Je ne sais pas trop. Je n’ai jamais fait la guerre. Mais il me semble qu’il faudrait en premier lieu mettre les civils à l’abri.

-          C’est une bonne idée, en effet. Ensuite ?

J.Bat hésitait. Difficile de décider de quelque chose de si important. La vie de tout ces gens pouvaient dépendre de sa stratégie. Il pensa un instant mettre le feu au village et faire croire à l’ennemi que Lantar était un territoire désolé. Les villageois se cacheraient et l’ennemi passerait son chemin sans attaquer. Mais ce ne serait pas faire honneur à la vaillance et au courage de ces gens, debout si fièrement devant lui. Décider de la répartition des bretteurs et des archers dans et autour du village lui paraissait être un tâche complexe que seul un militaire confirmé pourrait accomplir. Il essayait de penser vite mais rien ne venait. C’est alors que Marcus lui suggéra une solution. Il proposa un petit tour de magie pour changer un honnête villageois en un monstrueux gorbac. Ainsi, l’ennemi penserait que Lantar a déjà été prit et ils s’en iraient sans faire de dégâts.

- Tu serais capable de nous transformer en ces machins ? Chuchota J.Bat à Marcus.

-          Rien de plus facile. Seulement… Tout mon matériel est resté dans la forêt.

-          Mais tu me garanti que tu peux nous métamorphoser…

-          Tu me prends pour un nul ou quoi ?

Matriben se tourna vers Thanabat :

-          Alors ? Est-ce que tu as une idée ?

-          Oui. On va …

-          Non, à eux. Dis-le-leur.

Thanabat s’avança vers les villageois de Lantar, tous suspendus à ses lèvres. N’ayant pas l’habitude d’être ainsi considéré comme un héros, surtout qu’il n’avait encore rien fait de bien héroïque jusque là, il sentait un poids dans sa poitrine. Tenant la hache fermement dans son poing, il inspira profondément et tenta de se montrer sûr de lui. Il bomba légèrement le torse :

- Lantar…ois, Lantar…oises… Nous allons nous préparer à recevoir les gorbacs. Si nous luttons, nous perdrons. Car ceux qui nous ont attaqués ce matin étaient très nombreux. Nous ne le sommes pas. Et nous ne sommes pas entraînés (surtout moi pensa t’il.). Il faudra donc ruser. Le grand sorcier Marcus …

A l’évocation du nom associé à l’adjectif « grand » sorcier, des murmures consternés s’élevèrent. Voyant qu’il lui faudrait convaincre son auditoire, Thanabat redoubla de conviction dans ses paroles :

- Le grand sorcier Marcus, qui est désormais l’héritier du savoir de son maître Nostradamus…

- Nostrabérus, corrigea Marcus.

- Nostrabérus, enchaîna Thanabat, va nous transformer en gorbacs. Nous devrons jouer le jeu. Nous devrons marcher et baver comme eux. Ainsi, nous duperons l’ennemi et nous épargnerons nos vies.

Après un silence interrogateur, des cris de joies s’élevèrent de la foule de villageois. Le chef, plus réservé, se tourna à nouveau vers le nouveau héros :

-          Tu penses que ça peut marcher ?

-          Nous ne le saurons pas avant de l’avoir tenté, dit Thanabat. Ce qui est sur, c’est que si nous nous lançons dans un combat, nous perdrons tout. Le village, et nos vies. Mais d’abord, il faudrait que nous allions récupérer les affaires de Marcus dans la forêt.

-          Je vais envoyer Lahomey et trois de nos meilleurs bretteurs.

Alors que le chef du village se retira quelques instants dans sa maison de pierres, Thanabat s’éclipsa dans l’espoir de trouver un coin tranquille. En effet, son besoin naturel qui avait surgit dans le métro, de nombreuses heures en amont, n’avait toujours pas été soulagée. Il bifurqua derrière la grande demeure de Matriben. Il traversa la petite cour où il avait prit sa première leçon d’escrime et enfin, un peu plus loin, il trouva son bonheur. Un coup d’œil aux alentours. Personne. Lorsqu’il eut terminé, il s’aperçut qu’un chien à trois pattes le regardait du coin de l’œil. Il ne semblait pas hostile et d’ailleurs, il se détourna assez vite avec un air presque dédaigneux.

Pendant le temps où chacun attendait le retour du matériel de magie et l’heure de la transformation, Thanabat pu apprécier le calme et la vie paisible au village de Lantar. Il fut invité dans une petite maison par deux jolies paysannes. L’intérieur ressemblait à une yourte mongole. Quelques étoffes étaient suspendues pour atténuer les effets du vent. Thanabat fut invité à s’assoir sur un tapis à même le sol. Les demoiselles posèrent un plateau remplit de victuailles et s’assirent timidement en face de lui. L’odeur du repas lui chatouilla agréablement les narines et il se rendit compte qu’il était affamé. Tout en entamant son copieux petit déjeuné, il tentait de comprendre comment avait-il pu se retrouver là, si loin du métro parisien et de son monde réel. En face de lui, les deux jeunes filles le regardaient manger avec admiration. Lorsqu’il s’en rendit compte, il leur fit un petit clin d’œil amical. Elles rougirent et se mirent à rire timidement. A ce moment là, Thanabat trouvait finalement que l’aventure incompréhensible qui lui tombait dessus avait du bon. Il voulut poser mille questions aux jeunes filles mais il hésitait. S’il se montrait trop ignorant, il risquait d’effrayer les jeunes filles. « Un sauveur qui ne saurait rien de se qui se passe ? Pas très rassurant ! » Se disait Thanabat. Alors entre deux bouchées, il s’efforça de prendre le ton le plus léger du monde 14) :

-          Qu’est-ce qu’elles vous veulent ces bestioles en fait ? Vous avez une idée ?

La plus jeune s’inclina longuement devant lui avant de prendre la parole :

-          Les Gorbacs sont des êtres sauvages et naturellement hostiles. Ils détrusient tout, tout le temps.

-          Mais vous n’avez pas des forces de l’ordre ou quelqu’un dans votre gouvernement qui pourrait faire quelque chose ? Qui c’est le responsable de ce bled ?

Les deux jeunes filles, surprises, échangèrent un bref regard

-          Avec tout le respect que je vous dois, seigneur, est-il possible que vous ne le sachiez pas ?

« Seigneur ? » pensait J.Bat. « C’est plus grave que ce que je croyais ! ». Il reprit :

-          Je suis là depuis trop peu de temps. On ne m’a pas encore tout énoncé. Mais vous savez, vous n’êtes pas obligée de rester penchée pour me parler. Relevez-vous s’il vous plait.

La jeune fille s’exécuta avec mille éclats dans les yeux.

-          Vous êtes si bon, seigneur ! Et nous sommes si fières de servir le cœur sauveur emprunt de modestie que nous attendions. Vous êtes tout à fait comme l’oracle vous a décrit.

« Wouahou ! Bon ! Ça va pas être simple ! ». J.bat était de plus en plus gêné de l’importance qu’on lui attribuait. Et s’il les faisait tous tuer avec son plan ? Quelle responsabilité ! Lui qui avait tant de mal à se lever pour aller en cours quelques poignées d’heures plus tôt ! S’il avait su ce qui l’attendait…

-          Bon, qui c’est le chef du patelin ?

-          Du patelin ?

-          Oui enfin, le gars qui gouverne quoi !

-          Bah si c’est du chef de Lantar que vous parlez, c’est Matriben.

-          Pourquoi ? Ya pas un président ? … enfin, comment ça marche ? Ya d’autres… chefs ?

-          Oui bien sûr. Nous sommes les sujets du Roi Hérissius. Et vous ? Êtes-vous humain ?

« ça va bien avec cette question maintenant ! Je vais finir par mal le prendre ! ». Thanabat garda ses pensées pour lui. Il se racla un peu la gorge et continua le recueil d’informations :

-          Oui je… suis un humain. Pourquoi, je n’en ai pas l’air ?

-          Oh si, si, répondirent en chœur les deux jeunes filles.

Puis la même jeune fille dit en rougissant :

-          Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire, seigneur ! Mais normalement, tous les humains connaissent Hérissius. De même que tous les elfes connaissent leur roi et les alouans leur souveraine.

« Des elfes ? Des Al… je sais pas quoi ? ‘tain, j’suis où là ? »

-          Donc si je comprends bien, il y a un roi pour chaque… catégorie ?

-          Chaque espèce possède son dirigeant. Sauf les Gorbacs qui ont perdu le leur il y a quelques lunes.

-          Perdu ?

-          Il se serait fait tué.

-          Ok ! Mais dites-moi, qu’est-ce qu’ils vous veulent ces grobacs ou corbacs ou grognacs…

-          C’est depuis qu’ils n’ont plus leur chef que ces monstres viennent directement dans les autres communautés pour tout ravager. Des Gorbacs. Se sont de viles créatures. Ils sont monstrueux. Ils n’ont aucun respect pour ce qui vit. Même entre eux. On dit que parfois, ils se tuent, et mange les plus faibles.

-          Et personne ne peut rien faire ?

-          Seigneur, depuis qu’ils sèment la désolation, le monde est sans dessus-dessous. Beaucoup de peuples ont été décimés par la folie rageuse des gorbacs. Si l’on suit géographiquement leur progression, nous sommes les prochains.

Le ton grave qu’avait prit la jeune fille pour ces mots laissa J.bat sans voix. La plus âgée des deux s’inclina brièvement devant le porteur de la hache et prit la parole à son tour :

-          Les Gorbacs vivaient principalement au Nord jusqu’à présent. Quelques uns semaient de légers troubles par-ci par là, mais isolés des autres, ils ne constituaient pas une menace. On faisait juste attention que des enfants ou de simples villageois ne tombent pas sur l’un d’eux. Et puis, quelque chose s’est passé. Leur chef a été tué mais on ignore tout des circonstances. Et c’est là que tout à commencé.

-          Ça a commencé par les Centaures à Dakara, enchaina la plus jeune. On dit qu’aucun n’a survécu. Puis ça a été deux communautés humaines, les Gros Rouges et Algoce. Tous morts.  

-          Et ça a continué à descendre, reprit l’aînée. Quelques semaines plus tard, l’impensable s’est produit. Ils ont attaqué les berserks. Ces deux peuples de sauvages n’ont eu aucune pitiél’un pour l’autre. Ça faisait notre affaire, à nous humains, mais on dit que les gorbacs ont pris le dessus, et qu’il ne reste pas âme qui vive dans la forêt de Wilhem.

-          Le commerce entre les peuples est de plus en plus difficile, car de plus en plus de marchants ont peur de prendre la route.  C’est comme s’ils cherchaient à nous séparés et à nous afflaiblir. C’est terrible ! On dirait que personne ne peut les arrêter.

A mesure que les jeunes filles racontaient les faits, Thanabat les sentait de plus en plus excitées, comme des lycéennes en mal de sensations qui cherchent à se faire peur avec d’horribles histoires. Mais si tout ce qu’elles avaient dit était vrai, alors la situation était des plus  préocuppantes.

La plus jeune des deux filles continuait, les yeux brillants :

-          Mais Allar est partit lui. Comme Matriben ne pouvait pas laisser le village, sachant que la menace se rapprochait, il a envoyé son courageux bras droit et plusieurs guerriers au château d’Hérissius, pour l’informer de tout cela et lui demander de l’aide. Mais…

Son excitation était retombée d’un seul coup.

-          Et ? tenta J.Bat.

-          Ils ne sont pas encore revenus. Ça fait 4 lunes. Et le temps presse car nous commençons à souffrir de la famine. Si les commerçants ne peuvent plus aller sur les routes, nous mourront de faim.

A moins que les Gorbacs ne nous tuent avant, dit sinistrement la plus agée.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 12-02-2008 à 21h01

 Version finale - Chapitre 4 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

4

 

J.bat sentait une goutte de sueur couler le long de sa tempe. Sa gorge était sèche et son cœur battait comme un fou. Dépourvu d’idée pour se sortir de là, il pensait : « Il nous faudrait un miracle. Merde ! J’crois bien qu’on va y rester. ». Il repensait à son arrivée dans cette forêt qu’il avait bêtement jugée trop calme. A présent, il regrettait amèrement l’agitation qu’il avait trouvée. Alors que tout espoir s’évanouissait dans son cœur, J.Bat leva les yeux au ciel pour ne pas voir le moment où on lui trancherait la gorge. Les étroits branchages des arbres s’entremêlaient au-dessus d’eux. Ils étaient si serrés qu’ils cachaient presque totalement les couleurs célestes de l’aube. 10)

J.bat tendit le bras au maximum pour atteindre la branche la plus basse. Mais il lui manquait quelques centimètres. L’arbalétrier voyait bien que J.Bat tentait quelque chose. Et même s’il ne saisissait pas la nature de son plan, il savait qu’il fallait tout tenter. Sinon, dans quelques minutes, ils seraient morts tous les quatre. Sans plus attendre, Ibar souleva J.Bat sans mal. Ce dernier fut surpris de ce décollage soudain, mais persistait à atteindre son but. Il parvint à saisir une liane et il tira dessus de toutes ses forces. Elle était bien accrochée. Des feuilles et de la poussière lui tombaient dans les yeux. Il continua d’agiter la liane en tout sens. Enfin, elle se détacha. Sa première idée fut d’y grimper et de tenter de fuir. Mais les autres ? Pourraient-ils s’en sortir ? Après tout, ils appartenaient à ce monde, et pas lui. Eux avaient plus de chances de s’en sortir. Mais si ce n’était pas le cas… La peur agitait l’esprit de J.Bat. Les feuilles commençaient à pleuvoir au-dessus d’eux. Quelques monstres se frottèrent les yeux car la poussière gênait leur vue. Lahomey en profitait pour tirer sur un maximum de créatures. N’ayant plus de flèches, elle maniait son poignard comme une parfaite bouchère, et plusieurs monstres tombèrent devant elle. Marcus serraient les dents, mais dépourvu d’arme, il ne pouvait rien faire. Une main tendue vers le groupe de monstres, il psalmodiait quelque chose d’incompréhensible. Un léger filet de fumée blanche s’échappa de la paume de sa main, et il pesta violement. Ce n’était visiblement pas le résultat escompté. Ibar avait tiré tous ces carreaux, et tenait son arbalète vide dans une main. De l’autre, il tenait le mollet de J.Bat, perché sur ses épaules.

J.bat crut apercevoir quelque chose briller juste au-dessus des branches. Il avait commencé à grimper le long de la liane, sans savoir si cela lui permettrait de sortir de cette impasse. Son poids faisait osciller la tige flexible de la plante et tout l’entremêlement des branches. C’est alors qu’elle tomba lourdement sur le sol.

 

Toutes les créatures reculèrent en hurlant devant l’objet étincelant. Ibar récupéra J.Bat par les jambes et le déposa à terre. Lahomey bandait toujours l’arc, pointant les créatures qui sifflaient.

- Ils ont peur, remarqua t’elle.

- Génial, s’exclama Marcus. J’leur ai foutu la trouille avec mon sort de flamme !

Ibar ne quittait pas les monstres des yeux et répondit :

- J’voudrai pas te faire de peine, mais je ne crois pas que se soit toi qu’ils craignent.

Tous les quatre restèrent sur leur garde. J.Bat s’avança prudemment de l’objet brillant qui s’était presque totalement enfoncé dans le sol en tombant. Il tira sur un manche de métal doré. C’était lourd, et J.bat dû prendre sa seconde main pour l’extraire du sol. Lorsqu’il parvint à la sortir de son écrin de terre, les monstres reculèrent encore et crièrent de plus belle. Certains même s’enfuyaient par dizaines. L’étudiant avait tiré de toutes ses forces, et l’objet était venu d’un coup, le propulsant à près d’un mètre en arrière. Tombé sur son postérieur, il se releva en contemplant ce qu’il tenait dans les mains. Soudain remplit d’une certaine satisfaction, un sentiment de puissance qu’il ne métrisait pas, il se tenait droit et immobile, brandissant une massive hache d’or à double tranchant qui brillait de mille éclats.

Les trois autres restèrent bouche bée devant le jeune étudiant. J.bat lui-même avait du mal à cerner ce qui lui arrivait. Les quelques créatures restantes s’enfuirent à toutes jambes lorsqu’il leva les yeux vers elles. Sans le quitter des yeux, Lahomey donna un petit coup de coude dans les côtes de Marcus :

-          Tu crois toujours que j’aurai dû le tuer ?

Devant eux, l’homme qu’ils n’attendaient plus, le sauveur à la hache d’or, était à présent bien réel.

 

Lorsque toutes les créatures eurent pris leurs jambes à leur cou et disparurent, les quatre personnes ne s’attardèrent pas plus longtemps sur les lieux. Car d’autres monstres pourraient revenir avec une armée plus importante. Dans l’aube naissante, ils filèrent vers le village sans attendre.

A quelques lieues de là, le village ignorait tout de l’attaque et de l’apparition de la hache. Les villageois de Lantar effectuaient, comme à leur habitude, leurs tâches matinales. Les voyants si paisibles, Lahomey ne pu retenir un soupir inquiet. C’est la première fois que les forces ennemies attaquaient si près de Lantar. Désormais, le danger était partout. Car la prochaine fois, elle en était persuadée, ils reviendraient pour prendre Lantar.

Lorsque les quatre miraculés entrèrent dans le village, tous les visages se tournèrent vers eux. Les regards étaient particulièrement posés sur l’étranger et sur l’immense hache qu’il tenait serré dans ses poings. 11) Lahomey et Ibar ne prêtèrent aucune attention aux villageois, même s’ils savaient bien que tous les regards étaient fixés sur le quatuor. Marcus, content d’être soudainement au centre des conversations (du moins, le croyait-il), adressait de larges sourires à quelques donzelles, et quelques saluts amicaux autour de lui. Le jeune étudiant, lui, marchait sur les talons de Lahomey sans savoir où il allait aussi résolument. Torse nu, son jean déchiré à une jambe, il se sentait comme anachronique dans ce décor étrange qui aurait pu être celui d’un film. « On se croirait chez Conan le Barbare ! », pensait-il. Rien ne ressemblait au monde qu’il avait quitté plusieurs heures auparavant. Mais il préférait garder toutes ses remarques pour lui, car il n’avait aucune idée de qui étaient ces gens ni de ce qui se passait ici. Il avait remarqué suffisamment de choses étranges déjà pour comprendre que ce monde n’avait rien à voir avec le sien, qui lui semblait bien douillet et rassurant comparer à celui-là. Mais il lui semblait si loin maintenant. Et s’il ne pouvait jamais y revenir ?

-          Nous allons tout de suite en parler à notre chef, dit Lahomey. Nous verrons avec lui ce qu’il convient de faire.

Lantar n’était pas un très grand village. Ils traversèrent une petite place au milieu de laquelle une statue modeste était rehaussée sur un petit socle. La sculpture représentait un cygne et un curieux petit animal au dos plein de piquants. Un hérisson à ce qu’il semblait. Les deux animaux, tendrement enlacés, étaient réunis sous une couronne. Ils allongèrent le pas jusqu’à une grande bâtisse pierreuse située non loin de là.

Lahomey frappa trois grands coups contre le bois épais d’une grande porte gravée. Il n’y eut que quelques secondes à attendre avant qu’un des deux battants ne s’ouvrent. Un individu mince aux cheveux gris et clairsemés, vêtu d’une sorte de grande tunique unie les toisa de toute sa hauteur :

-          Si vous venez parler, veuillez entrer, si vous n’avez rien à dire, veuillez sortir !

-          On vient parler, dit clairement la jeune femme.

-          Si vous êtes des marchands, la porte de droite vous attend. Si vous êtes dans l’armée, à gauche vous entrerez.

-          Armée, prononça Ibar.

Sans ajouter de vers supplémentaire, le grand homme dégarni les guida jusqu’à la porte de gauche. Il les fit entrer dans une pièce ronde et referma derrière eux. Au centre de la pièce, une table ronde en pierre et autour d’elle, un cercle de granit plus bas faisait office de banc sans extrémités. Rien ne permettait de distinguer une place plus qu’une autre, à l’exception d’un carré rouge peint à même la pierre qui indiquait la place du chef. Tous les quatre s’assirent en silence et attendirent, sans échanger de mots superflus. Au bout d’un moment, J.Bat demanda :

-          Et maintenant ?

-          On attend. Il ne va pas tarder, le rassura Lahomey.

Et à peine eut-elle prononcé ces mots, qu’une ouverture se fit dans la pierre du mur. Une sorte d’entrée secrète qui visiblement, n’avait de secret pour personne d’autre que Jean-Baptiste. Un homme, plutôt jeune, cheveux mi-longs et bouclés, une barbe fine ornant son menton et sa mâchoire inférieure, entra vivement. Il était vêtu comme un guerrier. Une cuirasse protégeait sa poitrine, et des bracelets de cuir couvraient ses avant bras. Aux pieds, il portait des chausses souples, mais visiblement solides et confortable pour de longues marches. Il émanait de lui une grande force physique, et malgré son jeune âge, il avait le regard d’un homme qui connait bien la vie. Tout le monde s’était levé à son entrée. Il salua les gens autour de la table, et s’asseyant, il invita las quatre à faire de même. Il semblait prêt pour un conseil de guerre. J.Bat plissa un peu les yeux sur cet homme qu’il voyait pour la première fois, et qui pourtant, avait quelque chose de si familier. Tout comme Lahomey, il distinguait les traits d’un de ses amis. Comment était-ce possible ? Le double de Benjamin ? Et maintenant qu’il les observait mieux, Ibar et Marcus ressemblaient également fortement à deux autres. Bien qu’ils n’aient pas vraiment le même look, les mêmes coiffures et les mêmes expressions, il était indéniable que les traits de leur visage ressemblaient à s’y méprendre à ceux qui vivaient dans son monde. L’étudiant resta bouche bée devant sa découverte. Alors ce vieux dicton qui prétend que chaque individu possède un double quelque part était donc fondé ?

-          Bien, dit le chef de village. Ne perdons pas de temps. Qu’en est-il ?

-          Les Gorbacs ont attaqués un peu avant l’aube, dans la forêt, presque aux portes du village, lui répondit Lahomey.

-          Combien ?

-          Des centaines, dit le jeune arbalétrier. C’était des gorbacs bien armés, préparés à la guerre. Visiblement, ils avaient prévus d’attaquer Lantar. Ils vont certainement revenir dans la matinée.

-          Comment avez-vous pu leur échapp… Oh !

Les yeux du jeune chef venaient de se poser sur la hache d’or que J.Bat avait posée devant lui. Après l’effet de surprise, un sourire se dessinait sur ses lèvres. Il reprit :

-          Il semblerait que nous ayons un avantage de poids sur eux. Alors te voilà enfin…

Ses yeux se plongèrent dans ceux de J.Bat. Celui-ci, extenué de ne rien comprendre, pensait qu’il était temps de mettre les choses au clair. Il se leva 12) :

- Ecoutez, commença t-il, je ne sais pas qui vous attendiez, mais je ne pense pas être cette personne. Je ne sais pas comment je me suis retrouvé là mais tout ce que je veux, c’est rentrer chez moi. Alors… ne vous vexez pas, mais je ne pense pas pouvoir vous aider…désolé.

Sur ces paroles, J.bat prenait un soin particulier à ne croiser le regard de personne. Pourtant, dans un silence de glace, il sentait bien qu’il était le centre d’intérêt. Au bout d’un petit moment, le chef du village s’adressa à lui :

-          Très bien. Mais si tu n’es pas notre homme, comment expliques-tu que tu sois en possession de la hache sacrée, introuvable pour le commun des mortels ?

-          Je vous l’ai dit, je ne sais rien.

La voix de Matriben devint plus grave :

-          Bon alors ce qui m’intéresse, c’est de savoir qui tu es, et de quel côté.

-          De quel côté ? Mais… j’en sais rien moi. Pour le moment, je suis seulement de mon côté...

-          Ton nom ?

Le fait d’être considéré comme un sauveur lui donnait des idées de super-héros. Il voulu prendre le nom de Thanatos, mais peut-être qu’ici aussi, le nom du dieu de la mort était connu.

-          Je m’appelle Than… Thana…Bat.

-          Thanabat ?

-          Oui. Je suis étudiant en histoire. J’habite en région Parisienne. Vous connaissez Montreuil ? C’est dans la banlieue Est.

Matriben se leva, disparut par la petite porte murale quasiment invisible lorsqu’elle était fermée. Il revint quelques secondes plus tard, avec un parchemin roulé dans sa main. Avec des mouvements vifs, il déroula le papier devant J.Bat et posa ses deux mains d’un côté et de l’autre de la carte pour la tenir à plat :

-          Montre-moi !

-          Euh. Ce n’est pas sur cette carte. Vous avez une carte de France ?

-          Pardon ? dit le chef de Lantar, l’air très surpris.

Marcus se mit à rire :

-          Les devins n’ont jamais dit qu’il aurait le sens de l’humour ! Ah je l’adore ! On va faire un carton avec lui !

-          Vous ne connaissez pas la France ? dit J.Bat, hébété. Vous plaisantez ?

Marcus, toujours hilare, tentait de refouler un fou rire. Mais ses yeux, brillants de larmes, le trahissaient :

- Alors comme ça tu viendrais d’un pays imaginaire ? Ah ah ah ! T’es trop fort !

-          SILENCE ! tonna le chef de Lantar. L’heure n’est pas à la plaisanterie. Nous vivons des instants biens trop graves pour nous permettre d’en rire et de prendre la situation à la légère. Car dans quelques heures, et même moins, nous serons peut-être tous morts !

Jean-Baptiste, les yeux écarquillés, tentait de garder son calme. Il voulait absolument leur prouver sa bonne fois :

-          Encore une fois, et sans rire, je vous jure que j’ignore totalement qui vous êtes et ce que vous attendez de moi. J’ai rien compris quand la demoiselle m’a tiré dessus. J’en croyais pas mes yeux lorsque mes blessures se sont refermées comme par magie, et j’ai eu la peur de ma vie quand ces espèces de bestioles nous ont attaqués en forêt. J’ai bien compris que vous viviez une époque difficile, mais je n’ai absolument rien avoir avec tout ça !

J.Bat percevait bien la colère qui transparaissait dans les yeux de l’homme qui lui faisait face. Mais néanmoins, il leur avait dit la vérité. Et c’était mieux ainsi. Cependant, il ressentait aussi le désespoir de la jeune guerrière qui le fixait tristement. Et presque malgré lui, il ajouta :

- Maintenant, si je peux faire quoique se soit pour vous aider, je le ferai… enfin, à mon échelle… Alors dites-moi un peu ce qui se passe.

- Pouvons-nous seulement te faire confiance ? dit doucement le chef.

Ibar se leva et posa ses deux mains à plats sur la table en pierre :

- Je crois qu’il est de notre devoir de lui faire confiance. Je crois au destin, et je veux croire que la chance ne se montre que du côté de la justice. D’après moi, cet homme n’est pas arrivé dans la forêt par hasard. Lahomey ne l’a pas épargné par hasard. Marcus ne l’a pas sauvé par hasard. La hache n’est pas tombée comme ça, par hasard. La main du Destin guide nos actions depuis le début, depuis qu’il est là.

Lahomey tourna vers le jeune guerrier un regard plein d’admiration et de soulagement. Ses doutes venaient d’être balayés par la conviction d’un homme pur. Une fois de plus, lorsqu’elle se trouvait à ses côtés, elle se sentait tellement en sécurité... La voix du chef de Lantar la sortit subitement de ses pensées :

-          Tu as raison, Ibar, dit-il au jeune arbalétrier. Moi aussi, je veux lui faire confiance. De toute façon, nous n’avons pas le choix. Nous n’avons pas d’autres cartes en mains. Nous devons prendre ce risque. Et il nous reste très peu de temps pour nous préparer. Lève-toi, dit-il à J.Bat.

Son regard parcourait le jeune étudiant des pieds à la tête.

-          Tu n’as pas l’air d’un combattant. As-tu déjà manié une épée ?

-          Pas vraiment, répondit J.Bat

-          Qu’importe ! Nous t’entraînerons. Mais d’abord, nous devons te dire que la bataille qui nous attend sera terrible. Mais si nous la gagnons, demain, nous pourrons dormir en paix. Du moins, je l’espère.

-          Est-ce que nous allons nous battre contre les bestioles puantes de tout à l’heure ? demanda J.Bat.

-          Exactement. Dit Lahomey. Ce sont des Gorbacs. Tu en as déjà rencontré ?

-          Avant ce matin ? Jamais !

-          Bon. Alors voilà ce que tu dois savoir sur eux : Ils sont forts, mais pas très doués avec des armes. Ils utilisent surtout leurs mains. Ils peuvent te broyer entre leur bras ou te trancher la gorge avec leurs dents, alors il faut faire en sorte de ne pas les laisser t’attraper !

-          J’ai pas l’intention de les laisser trop s’approcher de moi, répliqua J.Bat.

-          Ils ont la peau dure, mais la tête molle ! Commence par ceux qui ne portent pas de casque. Et quand tu frappes, vise le crâne. Si tu cherches le cœur, tu y laisseras ta peau !

-          Compris !

-          Ça va aller, lui chuchota Lahomey. Tu vas t’en sortir. Notre armée est petite, c’est vrai, mais elle est vaillante. Et puis, tu as ta hache.

-          Oui, dit J.Bat, dubitatif. Oui, j’ai la hache. Pfff, quelle galère !

  Lire les 3 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 11-02-2008 à 18h53


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  Blog créé le 17-01-2007 à 09h14 | Mis à jour le 19-06-2008 à 21h24 | Note : 8.24/10