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FICTIONNARY
fictionnary

Des histoires qui se dessinent par vos choix...

Actuellement : La hache d'or

L'histoire : Jean-Baptiste est un étudiant en histoire. Un matin, alors qu'il se rend à l'université, rien n'est comme d'habitude. Il se retrouve dans la forêt d'un monde étrange. Les gens qu'il croisent ressemblent à ses amis, mais outre la ressemblance physique, ils n'ont rien en commun avec ceux qu'il connait. De plus, tous semblaient attendre sa venue et le prennent pour un sauveur. Monstres, magie, dragons, il est bien loin de ses cours et du métro parisien...
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 Version Finale - Chapitre 17 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

17

 

Devant le temple, le groupe était prêt à repartir. Visiblement, la créature érrante qui les avez pourchassées était bel et bien partit. Matriben se mit en marche sans attendre. Le guerrier à la hache, l’arbalestier, l’homme des bois et le magicien lui emboîtèrent le pas. Lahomey se retourna vers l’elfe, et lui adressa un sourire désolé. Pour une fois, elle trouvait le chef un peu rustre. La laissée là, plantée comme ça, au milieu des marécages, sans un signe, sans un au revoir, après le coup de main qu’elle leur avait donné… Le visage fermé de la jeune elfe n’allégea pas le cœur de Lahomey. L’archère interpella son chef :

-          Matriben, on ne peut pas repartir comme ça, sans un merci pour elle.

Le chef de Lantar s’arrêta lui aussi. Pas la peine de se retourner, il savait très bien de qui parlait Lahomey. S’il était partit si vite, sans lui dire un mot, c’est qu’il ressentait un trouble immense depuis qu’il l’avait aperçue. Matriben était du genre à maîtriser ses émotions en toutes circonstances. C’est même grâce à son sang-froid qu’il avait pu devenir un héro à plusieurs reprises. Alors pas question de perdre aussi facilement la face pour de grands yeux noirs. Pourtant, bien qu’il ne la connaisse que depuis une heure, tout au plus, il n’appréçiait ce moment. Celui où ils devaient se séparer. Mais il ne pouvait pas dévier de son destin. Et elle, elle devait s’en retourner vers les siens, mener la suite de sa vie. Une vie qu’elle allait construire sans lui de toute façon. Cette pensée le troubla davantage. Pourquoi songer à une telle chose ? « A chacun son destin » se dit-il. Alors autant en finir tout de suite, et ne pas se torturer en adieux insupportables. Il était certain d’avoir raison. Mais pourquoi avait-il fallu que Lahomey ne l’arrête ? Sans se retourner, il murmura:   

-          Merci pour ton aide, dit-il en essayant de masquer ses doutes et son émotion.

-          Que comptes-tu faire ? demanda Lahomey à la jeune elfe.

-         Je vais retourner à Branoc. Mais puisque vous allez sur l’ile des Rois, je pourrais peut-être me joindre à vous jusqu’à ce que vous passiez près de chez moi ?

-          Et après ? lança Matriben avec agréssivité.

-          Après, je vous laisserai tranquilles.

Lahomey plaida en faveur de l’elfe :

-          Moi je suis d’accord. Je ne serai pas rassurée de la savoir toute seule sur les routes jusqu’à son village, avec les gorbacs et cette créature qui rôdent. C’est mieux de s’entre-aider, non ?

Elle fixait le dos de son chef. Tout le monde prit le silence de Matriben pour de l’indifférence. L’elfe, elle, pensait qu’il s’agissait de cette vieille haine qui déchirait son peuple et celui des humains depuis des générations. En fait, à ce moment là, une cascade d’émotions envahissait le cœur du chef de Lantar.

-          ça pourrait être une très bonne idée, déclara Thanabat. Je suis bien content de rencontrer une elfe. J’ai lu beaucoup de choses et étant donné le pétrin dans lequel on est déjà et où on risque de s’enliser encore, je pense que ton agilité ne sera pas de trop.

Ibar, Zorba et Marcus approuvaient. Lahomey savait qu’il n’en faudrait pas plus à Matriben pour fléchir. Il avait la réputation d’être très à l’écoute de l’avis de son peuple.

-          Si les gens de Vallande découvrent qu’on voyage avec une elfe noire …

Il s’arrêta, soupira, manifestement battu sur ce point, et se retourna à moitié vers l’elfe :

-          On peut compter sur ta discrétion ?

Lahomey bondit de joie :

-          ça c’est un oui ! criait-elle.

-          Tu ne diras rien sur nous, rien sur notre mission et je compte sur toi pour te fondre dans le paysage, termina Matriben.

-         Oui, bien sûr… Merci… heu, je me nomme Thallula.

 

Tout le monde se réjouissait de cette nouvelle recrue, même si elle n’était que de passage dans la communauté des voyageurs en partance pour l’île des Rois. Matriben lui-même fut surpris en train de sourire.

 

Vallande était une grande ville très animée. A côté de cette incroyable cité, Lantar n’était qu’un petit bourg campagnard presque désert. Ici, il y avait des habitations qui s’empilaient sur plusieurs étages. A part pour Thanabat et les habitants de Vallande, voir des immeubles n’était pas courant. En fait, Vallande était la seule ville de ce monde a en posseder. C’était le résultat d’une population toujours plus massive. Bien qu’il n’y ait aucune comparaison possible, Thanabat pensait à sa ville d’origine.

Le soir enveloppait les rues qui n’avaient rien de bien touristique. Cependant, la présence de commerçants ambulants, de jongleurs, de danseurs, d’un chanteur de rue, rendaient l’ambiance chaleureuse. Beaucoup de monde était encore dehors pour applaudire les artistes itinérants. Des enfants couraient dans tous les sens. Par-ci par là, on apercevait quelques voleurs maladroits. Les plus habiles oppéraient sans se faire remarquer. Thanabat en surprit un qui avait la main posée sur le magnifique pommeau de sa hache dorée.

-          Touches pas à ça gamin, tu pourrais te blesser, dit le guerrier en dévoilant le tranchant de son arme.

Le tout jeune garçon prit peur et s’enfuit sans demander son reste.

Matriben poussa la porte d’une auberge. A l’intérieur, une foule d’ivrognes et de bagarreurs se bousculaient en s’injuriant. Than se demanda si cet endroit n’était pas pire que sa banlieue un samedi soir. Matriben expliqua à tous que c’était un endroit parfait pour ne pas se faire remarquer. Ici, presque tout le monde portait une arme, plus ou moins grande. Rien d’étonnant, donc, à ce que sept voyageurs armés jusqu’aux dents se trouvent dans une telle ville. Partout ailleurs, un groupe armé de la sorte, avec des membres de différentes origines, pourraient bien éveiller les soupçons. Car suite aux massacres de différents peuples, tout le monde se méfiait de tout le monde, ne sachant pas qui, ni pourquoi tant de sang était versé ces-temps-ci. Depuis le début des tueries, il n’était pas rare de voir des survivants ou des fuyards échouer à Vallande. La ville était devenue une sorte de Cour Des Miracles où on pouvait se fondre dans la masse, et s’y cacher pour quelques temps. De la terreur. Voilà ce que Thanabat lisait sur de nombreux visages. Le groupe devait également être sur ses gardes. La valeur pécunnière de la hache en or et son importance aux yeux du monde pouvait attirer plus d’un interressé. Une Elfe noire parmi des humains pouvait déclencher un incident diplomatique, et enfin, la nature même de leur mission pouvait leur générer de nombreux ennemis. Car ce que comprenait Thanabat, c’était que le roi Hérissius ne faisait pas l’hunanimité parmi ses sujets, et que les tentatives de coups d’Etat n’étaient pas rares. La mission dont ils avaient la charge n’était pas liée au régime politique du gouvernement, mais beaucoup pourraient s’y tromper et les dénoncer auprès de la Garde Royale. Et ce n’était vraiment pas le moment de se faire arrêter. « Le sort devrait être appliqué en son temps ».

Le groupe s’assit autour d’une table en bois et tous avaient commandé un breuvage blond et mousseux, à part Thalulla qui ne souhaitait pas consommer. Ce qui lui avait valu le regard désapprobateur du serveur. Derrière le bar, le regard de Thanabat s’arrêta sur une silhouette qui lui semblait familière. Une jeune femme aux yeux rieurs essuyait un verre avec conviction, en écoutant les paroles amoureuses d’un homme aviné.

-          Cindy… murmura-t-il.

Alors elle aussi, elle a son double dans ce monde ? Qu’est-ce que tout cela pouvait bien signifier ? Est-ce qu’il y a aussi un autre J.Bat quelque part ? Il avait envie d’aller vers elle, de parler à l’amie qui, dans son monde, l’écoutait si souvent. Mais à quoi bon ? Cette femme le prendrait sûrement pour un fou, ou le mettrait au même rang que ce dragueur rond comme une queue de pelle qui lui débitait des mots incohérents. De plus, une douleur martelait ses tempes. Le contenu de son verre avait presque entièrement disparut. Aucun doute sur la nature fortement alcoolisé de cette boisson qui n’avait de la bière que l’apparence. Il s’apprêtait à poser sa tête sur la table, bien calée au creux de son bras, pour apaiser un peu le mal qui lui serrait le crâne. Il eut à peine le temps de fermer les yeux lorsqu’un homme en frappa un autre au visage dans une violence extraordinaire. D’après ce qu’il pu voir de la situation, un homme ivre mort avait cherché des noises à un type encapuchonné assis en solitaire dans un coin de la taverne. Celui-ci avait dû entendre quelque chose de particulièrement désagréable pour réagir de la sorte, et frapper si violemment sans sommation. Sa force et sa rapidité avaient effrayé plus d’un saoulard à la ronde. Tous ceux qui, l’instant d’avant, voulaient eux aussi en découvre avec le mystérieux personnage, replongèrent leur nez dans leur verre comme s’ils n’avaient rien vu. Mais l’ivrogne se redressa, et sortit un couteau, l’air menaçant. Matriben se leva d’un bond, la main sur le pommeau de sa lourde épée. Lahomey fut aussi prompte que lui à se dresser, mais elle fixait son chef avec un regard qui en disait long sur les raisons de leur présence ici et sur les précautions qu’ils se devaient de suivre. 27)

 

Très rapidement, la situation se compliqua. Car déjà, d’autres malfrats armés s’avançaient vers l’homme encapuchonné et l’encerclaient. Matriben, tendu comme la corde d’un arc, ne perdait pas une miette de la situation.  La main sur son épée, il tremblait. Non pas de peur, mais d’excitation. Tout son corps l’appelait au combat. Le chef de Lantar avait toujours combattu l’injustice sous toutes ses formes. L’envie de se ranger du côté de celui qui semblait le moins favorisé le démangeait honteusement. Honteusement, oui, car il savait bien pourtant, que se mêler des affaires d’autrui était rarement une bonne chose. Du moins, c’est qu’il avait toujours entendu de son père. Ce à quoi le jeune Matriben répondait : « Oui, mais si un homme blessé meurt devant moi parce que je ne l’aurai pas secouru, sous prétexte que ce ne sont pas mes affaires, est-ce bien ou mal ? ».  Toujours partagé entre le désir d’aider et la crainte d’aller trop loin dans ce qui ne le regardait pas, Matriben avait toujours écouté son cœur, portant secours à ceux qui, comme cet homme, semblaient en avoir besoin. Thallula aurait voulu se faire plus petite qu’une souris. Elle souhaitait fortement qu’aucun membre du groupe ne soit impliqué dans l’affaire. Elle resta bien discrètement à sa table, à côté de Thanabat. Elle aussi portait un long manteau à capuche. Et elle gardait l’étoffe sur ses épais cheveux noirs et sur les quelques autres détails qui pourraient éveiller les soupçons. Elle craignait que l’intervention de Matriben dans le combat tourne toute la clientèle contre lui et le reste du groupe. Elle savait bien ce que diraient les gens s’ils voyaient une elfe noire parmi eux, et cela n’arrangerai en rien la situation. Mais voilà qu’Ibar se levait à son tour. Si Matriben rentrait dans le conflit, alors il le seconderait. Lui non plus ne supportait pas les combats déloyaux.

Marcus et Zorba échangèrent un regard inquiet.

-          Si nous allions fumer ce délicieux fétime à l’exterieur, l’ami ? Suggéra Marcus.

-          Je ne fume pas, répondit le Hay, mais je te suis bien volontiers.

Et sur ces mots, ils se glissèrent habilement jusqu’à la sortie.

En prévision de la casse à venir, l’unique serveur, qui avait visiblement l’habitude de ce genre de débordement, ramassa quelques verres vides et alla se cacher derrière le comptoir. La jeune femme du comptoir, elle, regardait au contraire la scène avec beaucoup d’intérêt.

Quant à Thanabat, il ne se préoccupait déjà plus de se qui se passait autour de lui. La tête posée à même la table, il avait cédé à son envie de dormir.

Devant la menace grandissante, l’homme encapuchonné restait impassible. Debout derrière sa table, le visage toujours dans l’ombre de son étoffe, il était impossible de savoir quelle expression était peinte sur son visage. Les saoulards scandaient des insultes à l’égard de ce type étrange et mystérieux. Et plus la horde de malfrats s’avançait de leur cible, plus Matriben bouillait.

-          N’intervienez pas, dit fermement Lahomey.

Ibar et Matriben pensaient à juste titre qu’elle craignait pour leur vie, mais ils ne s’attendaient pas à ce qu’elle dégaine son poignard en disant :

- Restez là. Je m’en charge.

Sur ces mots, Lahomey se détacha du groupe et s’approcha de la meute d’ivrognes. Se plaçant bien en évidence entre l’homme seul et ses assaillants, elle se mit à compter les belliqueux avec son index :

-          19, 20 ,21… 22 boit-sans-soif contre un voyageur qui ne fait que prendre un peu de repos ? Allons messieurs, avez-vous perdu le sens de ce que l’on appelle « honneur » et « courage » ? Ou peut-être que vous êtes dénués de l’un comme de l’autre !

La provocation de la jeune femme fit mouche. Quelques uns grincèrent des dents et grognèrent des mots incompréhensibles. Mais celui qui avait lancé les hostilités s’avança vers elle en ricanant :

-          Et tu comptes peut-être nous faire la leçon, ma belle ?

-          Pour ce genre de choses, dit-elle avec un sourire en coin, je suis un professeur qualifié !

Elle qui porta le premier coup. Un homme balafré tenta d’attaquer la chasseuse par derrière, mais Ibar lui planta un carreau dans l’épaule. L’homme couina et se laissa choir dans un coin. Très vite, la bagarre dégénéra. Matriben, Ibar et Lahomey se trouvaient parfois en lutte contre deux voire trois individus en même temps. L’homme encapuchonné n’avait pas prit part à la bagarre, et puisqu’il n’était plus le sujet de toute cette animosité, il s’était à nouveau installé à sa table bien tranquillement. L’endroit était trop exigu pour une bagarre avec autant de participants. Les duels se faisaient aux poings et au poignard. Ibar s’était jeté tout entier dans la cohue, laissant son arbalète de côté puisqu’il n’avait pas le recul nécéssaire à ses tirs. Lahomey esquivait les poings et les mains baladeuses de ses opposants avec souplesse. Elle se servait de son poignard pour désarmer ses assaillants, et avec ses ongles, laissait quelques égratignures sur les joues de ceux-ci. Elle ne se servait de la pointe de son arme que pour tenir les plus gros à distance. Inutile de se battre à mort sans véritable raison. De plus, la plupart étaient ivres et trébuchants.

Malgré le boucan et l’agitation, le guerrier à la hache restait plongé dans son sommeil.

Ibar poussa violemment un colosse qui tentait de l’étrangler. Celui-ci bascula par-dessus le comptoir, et se heurta aux étagères où dormaient les verres, les chopes et les boissons. De nombreuses bouteilles vinrent s’écraser sur son crâne. Enervée par toute cette casse, la tenancière de l’établissement lui assena un coup supplémentaire avec un tesson de bouteille. Puis, elle sauta par-dessus son comptoir et se mêla à la bagarre en jouant de ses poings, comme un homme.

 

Matriben, aux prises avec un individu à la carrure d’un grizzli, plaqua son adversaire sur la table de l’homme à la capuche. Il le tenait immobile de sa main droite, qui écrasait la gorge du géant, et de l’autre il bloquait le bras au bout duquel une main le menaçait d’un couteau. Malgré sa délicate posture, le chef de Lantar tourna son visage vers le mystérieux type :

-          ça ta dérange pas de rester assit pendant qu’on règle tes comptes ? Tu nous dis si on fait trop de bruit, hein !

-          Je n’ai rien demandé, répondit celui-ci. J’aurai pu m’en charger seul. Maintenant, c’est après vous qu’ils en ont. Ce n’est plus ma querelle.

-          Ce n’était pas ma querelle non plus avant. Pourtant, je suis venu t’aider.

-          C’était ton choix. Mais encore une fois, je n’ai sollicité l’aide de personne. Ce n’est plus mon problème.

-          Alors laisse-moi te dire que quand j’en aurais terminé avec celui-là, ça pourrait bien le redevenir !

-          Des menaces ? Pour un duel entre toi et moi, c’est quand tu veux , Matriben !

Surprit, Matriben relâcha sa prise. L’autre homme en profita pour lui planter sa lame dans le biceps. Enervé par la douleur, Matriben assena un terrible coup sur la nuque de son agresseur qui tomba, assommé. La plaie n’était pas très profonde, mais saignait abondamment. La main sur sa blessure, Matriben s’approcha de l’homme assit :

-          D’où me connais-tu, toi qui te cache sous ton surplis ? Est-ce que nous nous sommes déjà rencontrés ?

Dégageant un peu l’étoffe qui masquait son visage, l’homme répondit :

-          Allons, ne me dis pas que tu m’as oublié.

-          Bramarion… Impossible. Tu es mort !

Puis il s’effondra car l’aubergiste venait de lui casser une chope sur la tête.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 08-03-2008 à 18h01

 Version Finale - Chap 16 (Inédit) Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

16

 

Il avait échoué ! Sa première attaque s'était soldée par un humiliant echec ! Il n'avait rien pu tenter. Rien. Inutile d'attendre devant le temple. Maintenant qu'ils étaient sur leurs gardes, il ne pourrait rien faire d'éfficace dans l'immédiat. Dans un grondement de rage, la créature déploya ses grandes ailes sombres et disparut dans le déclin du jour.

 

A de nombreux kilomètres de là, sur l'île des Rois, un homme encapuchonné débarquait d'un grand navire sur le dos de son immense cheval noir. Il revenait du Grand Continent. Des grognements rauques se faisaient entendre depuis les cales du bâteau.

- Qu'est-ce qu'on fait d'eux, Monseigneur ? demanda un marin.

- Enfermez-les dans les geôles jusqu'à nouvel ordre, dit l'homme encapuchonné sans se retourner.

Sa voix était froide. Tout comme sa pérsonnalité. Pendant la traversée, les marins avaient sentit leur sang se glacer chaque fois qu'ils appercevaient sa silhouette. Sa seule présence leur faisait bien plus peur que la colonie de gorbacs enragés qu'ils transportaient. Nombre d'entre eux avaient dû boire plus que de raison pour se réchauffer et se donner du courage jusqu'à l'arrivée.

 

Il mena sa monture au pas jusqu'à la grande porte du palais. Il n'eut pas besoin d'ouvrir la bouche. A sa vue, quatre soldats de la garde royale se dépêchèrent d'abaisser le pont-levis. Les sabots du grand shire résonnaient fortement sur le bois épais. D'une démarche majestueuse, il traversa la place et guidé par son cavalier, traversa le grand pont qui surplombait les rapides. L'homme et sa monture se dirigeaient vers le Palais du Roi Hérissius. D'un mouvement élégant, il mit pied à terre et tendit les rennes à un lad qui s'était précipité vers lui. Avec le plus grand respect, le jeune garçon s'inclina devant l'homme au capuchon qui ne posa pas un regard sur lui. Puis, avec la plus grande précaution, il guida la monture comme s'il s'agissait du plus précieux joyeux que la Terre est porté. Un indivdu au teint blanc regarda passer l'homme à la cape noire. Il n'avait visiblement aucune sympathie pour lui mais lorsque celui-ci passa à sa hauteur, il esquissa un sourire forcé dont n'émanait aucun sentiment amical. L'homme à la cape ne prit même pas la peine de poser son regard sur lui. L'antipathie était partagée. D'un pas soutenu, le mystérieux homme en noir s'éclipsa dans une tour du palais.

Lorsqu'il fut dans ses appartements, il laissa éclater une colère trop longtemps contenue. Tout vola à travers la pièce. Il était profondément, douloureusement contrarié. Car il l'avait vu. L'élu. Ou du moins, ce petit bout d'homme qui avait trouvé la hache sacrée. Et ce village qui faisait de la résistance… Non, ce voyage n'avait pas été satisfaisant, ni de tout repos. Voyager avec des gorbacs, et encore plus les diriger, voilà qui aurait pu être considéré comme un acte méritant. Il en avait laissé un grand nombre sur place pour "finir le travail". Lui vait dû rentrer au palais. Son absence prolongée ne devait en aucun cas éveiller la curiosité. Pour le moment, personne ne devait savoir…

Si sa colère était intacte, ses nerfs, eux, s'étaient calmés. Il retira sa cape, passa un peigne fin dans ses cheveux blonds foncés, et boutonna la veste de son habit officiel jusqu'en haut. Il referma la porte des locaux qui lui étaient aloués. Il se montra à qui voulait bien poser les yeux sur lui. De nombreuses courtisanes le saluèrent cérémonieusement.

 

Le soir venu, il se rendit dans les jardins du palais.  Une silhouette se découpa dans la pénombre, adossée au mur de pierres lisses. Sa tenue élégante, son armure finement découpée et ses armes croisées dans son dos le faisait ressembler à l'un de ses chevaliers dragons qui sillonaient les terres quelques années auparavant. Plus personne ne pratiquait la chasse aux dragons désormais. Car aussi absurde que cela fut, ces grands reptiles dévastateurs étaient devenus une espèce protégée. Il était devenu rare de croiser l'un d'eux ces-temps ci, mais un seul suffisait à semer toujours autant de panique et de dégâts. D'un pas souple et silencieux, la silouette s'avança vers son maître et mit un genou à terre en signe de respect. L'homme encore debout parla :

-          Tu as fait vite pour revenir du Grand Contient.

-          Seigneur Dark Scriptus,  commença l'homme agenouillé, à demi-voix, le porteur de la hache se trouve au temple sacré de l'oracle Ozalée. Il est accompagné du chef de Lantar, de deux guerriers dont une femme, d'un mage et d'un homme qui n'est pas de Lantar. Il se pourrait que ce soit un Hay. 

-          Un Hay ?

-          Oui seigneur. Il en a tout l'air.

-          Je vois. Continue.

-          Ils se sont enfermés dans le temple. Mais j'ai entendu où ils comptaient aller. En toute logique, ils devront être à Vallande d'ici la nuit prochaine.

-          Fais ce que tu as à faire. Le plus tôt sera le mieux.

-          Oui Seigneur.

L'homme à l'armure se releva. Il tourna les talons et alors qu'il se dirigeait vers le fond des jardins, cloturés par de hauts murs, deux ailes noires grandirent dans son dos et sa silhouette disparut, loin au-dessus des rosiers royaux. « Il faudra que je trouve un moyen de me déplacer aussi vite que lui. » pensait Dark Scriptus, lui qui avait mis trois jours et trois nuits pour faire le même trajet. Puis il s'en retourna dans le désordre de ses appartements.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 06-03-2008 à 23h16

 version finale - chapitre 15 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

15

 

Une jeune femme vêtue d’un drapé blanc se tenait debout. Elle tenait le rideau d’une main, et posa la seconde sur l’une des deux colonnes de marbre. Apercevant les sept visiteurs, elle écarquilla un instant les yeux :

-          Lequel d’entre vous m’a demandé audience ?

Là encore, Thanabat avait déjà vu ce visage quelque part. Il lui fallu un peu plus de temps pour retrouver à qui appartenait celui-là dans le « monde réel ». Aucun doute. La ressemblance avec la sœur aînée d’une de ses amies était frappante. Il l’avait vu de nombreuses fois parmi les spectateurs lorsqu’il faisait du théâtre avec sa compagnie. L’elfe s’éclipsa derrière Matriben en lui chuchotant :

-         Dites-lui que c’est vous.

Alors solennellement, Matriben s’avança vers l’oracle qui attendait toujours en haut des marches.

-          C’est moi… Madame. C’est moi qui demande audience… Madame.

L’elfe lui agrippa la manche !

- Non pas « Madame » !

Trop tard, l’oracle avait entendu. Ouvrant de grands yeux offusqués, elle referma le rideau.

-          Ah la boulette ! ironisa Marcus.

-          Qu’est-ce qui se passe ? demanda Thanabat.

-          Bah, on ne dit pas « Madame » à un oracle. Répondit Marcus. Ni « Monsieur » lorsque c’en est un ! Je sais au moins ça sur les oracles !

-          Mais pourquoi ?

-         Parce qu’en la nommant ainsi, vous la rabaissez au rang des mortels. Et même si elle en fait encore partit, le fait d’avoir été élue par les divinités l’élève à un rang bien supérieur à vous, expliqua l’elfe.

Matriben s’était recouvert les yeux avec la paume de sa main. Voilà un détail dont il aurait aimé se souvenir ! A présent, il se rappelait très bien que son père disait toujours « Votre sainteté » lorsqu’il s’adressait à elle.

-          Bon bah qu’est-ce qu’on fait maintenant, demanda Thanabat ?

-         Il faut mettre plus d’offrandes et la rappeler. Qu’avez-vous à lui offrir ?

Chacun se mit à fouiller dans son sac afin de trouver ce qui pouvait être ajouté aux offrandes. La jeune Elfe noire faisait le tri. Ils finirent par déposer quelques vivres de plus que Zorba avait sortit de sa corne d’abondance, 3 pièces de monnaies en or que possédait Zorba et vingt d’argent.

Thanabat, qui ignorait tout de l’économie de ce monde, montra les pièces de monnaies du menton :

-          C’est tout ce que vous avez ? Vous ne pensez pas que ça risque de faire un peu… radin ?

-          3 Zélix et vingt pièces d’argent ??! s’étrangla Marcu. Tu sais que même en vendant mes meilleures fioles, je n’aurai jamais autant en 6 mois de travail ?!

-          C’est vrai, dit Matriben. C’est beaucoup d’argent. Tu es sur que ça ira si tu donnes une telle somme Zorba ?

-          Oui, j’en ai encore plein dans ma bourse !

La richesse de Zorba laissait les autres bouche bée. Même l’elfe, qui venait d’un peuple bien à l’abri du besoin, était étonnée de l’aisance financière de cet homme.

-          C’est très généreux de ta part, dit Matriben au Hay.

-          Tss, fit Marcus, bougon. C’est facile d’être généreux quand on a du blé !

-          Nous n’allons pas tarder à savoir si cela est suffisant pour compenser l’affront, dit l’elfe.

Elle tira sur la tresse rouge et à nouveau, la petite cloche tinta. L’oracle, l’air grognon, reparut. Elle jeta un coup d’œil sur l’autel réservé aux offrandes. Puis ses yeux dubitatifs revinrent se poser sur les sept visiteurs. C’est lorsqu’elle aperçut la hache qu’elle prit finalement sa décision. Elle descendit chercher ses offrandes qu’elle ramassa consciencieusement. Enfin, elle invita Matriben et Thanabat à la suivre derrière le rideau rouge. Matriben précisa qu’ils étaient tous ensemble, et demanda la permission qu’ils assistent à la cérémonie divinatoire. L’oracle accepta mais insista sur le fait que c’était exceptionnel. Les séances se passaient toujours selon sont bon vouloir, et elle n’avait pas pour habitude de contenter ses « clients » autrement qu’en répondant à leurs questions. Matriben fit un signe discret à l’elfe pour qu’elle se joigne au reste du groupe. Ainsi, les sept visiteurs montèrent les marchent et passèrent derrière le rideau rouge. Derrière celui-ci, un sas et une porte à laquelle était fixée une petite boite avec une fente sur le dessus. « Une boîte aux lettres ? S’interrogeait J.Bat. Mais quand l’oracle y glissa les 23 pièces de monnaie, les unes après les autres, dans un bruit effarant, il conclut « une tirelire ». Puis l’oracle ouvri la porte.

 

La pièce de divination n’était pas très grande. Elle avait une certaine ressemblance avec le salon de Zorba d’une certaine manière. Ronde, pas de fenêtre, mais à vrai dire, les similitudes s’arrêtaient là. Des pans de tissus blancs, très fins, couvraient les murs du plafond jusqu’au sol, et flottaient. Ce qui était étrange car il ne semblait y avoir aucun courant d’air possible, vu que la seule aération était la porte capitonnée par laquelle ils étaient entrée. Le sol était recouvert d’épaisses couvertures rouges, bien tendues. Peut-être ne connaissaient-ils pas la moquette en ce monde, se disait Thanabat, mais l’effet recherché était le même. Une impressionante quantité de coussins ronds et carrés,  du même rouge, étaient éparpillés par terre. Une lumière diffuse et douce baignait le lieu, bien qu’il n’y ait pas d’applique lumineuse, ni de bougie ou autre source de lumière visible. Pas de meubles, excepté un minuscule petit guéridon en bois au centre de la pièce. Il était d’aspect tout à fait banal, mais la surface plate était en une matière que Thanabat n’identifia pas mais qui ressemblait vaguement à du marbre d’un bleu sombre. Il refletait le plafond à merveille. C’est en observant le reflet que J.Bat constata que celui-ci était bas, capitonnée comme le dos de la porte, ce qui étouffait encore plus les bruits, et qu’il était tout aussi rouge que le sol et les coussins. Au centre de ce plafond moltonné, il y avait un cercle à l’interieur duquel la même matière bleue et brillante refletait le petit guéridon. Un troisième se devinait sur le mur derrière l’oracle Oazalée, à demi-caché par les voiles de tissus blancs, et légèrement arrondi pour s’intégrer parfaitement au mur. Tout ceci éveilla la curiosité du jeune étudiant.

L’oracle s’agenouilla par terre, derrière le guéridon, et posa ses fesses sur ses talons. Dans des gestes lents et méticuleux, elle plaça le reste des offrandes autour d’elle. Puis, elle leva les yeux vers les sept visiteurs et d’un geste de la main, les invita à s’assoir. Tout le monde s’exécuta sans un mot, prenant place sans ordre précis dans différents endroits de la petite pièce.  Plusieurs minutes s’écoulèrent dans le silence. Tous regardaient l’oracle qui respirait calmement, les yeux fermés, les mains sur ses genoux. Au bout d’un moment, ses lèvres remuèrent :

-          Pose ta question, demanda t’elle à Matriben. 25)

Matriben s’accorda un temps de réflexion.

-          L’élu, commença-til, quelle est précisément sa mission ?

Sitôt qu’il eut terminé, l’oracle s’empara des rameaux de la plante séchée. Elle empoigna un objet qui ressemblait au Fétime, cette sorte de calumet qu’ils avaient fumé ensemble la veille chez Zorba et y écrasa les feuilles. Elle frotta son pouce et son index l’un contre l’autre, auxquels était accroché deux petites pierres, comme des bagues au bout de ses doigt, et des étincelles en jaillirent. Lorsque la fumée du Fétime commençait à se répandre dans la pièce de divination, elle le posa près d’elle et se saisit d’un des fruits juteux qu’elle avait reçu en offrande et y mordit à pleines dents. Elle prit le temps de le finir, de se lecher les doigts couverts de jus sucré et reprit le fétime dans ses mains. Elle tira une longue taffe et faisait de grands gestes pour attirer la fumée vers elle. Après avoir expiré lentement la fumée, elle huma l’air profondément.

« L’élu, hein ? » dit-elle sur un ton très détendu. Elle se tourna vers Thanabat. « C’est toi ? ». Le jeune homme jeta un coup d’œil à Matriben, mais celui-ci ne le regardait pas. Il répondit, hésitant :

-          Euh… Oui... Je crois.

-          Bien.

Elle continuait de fumer sans quitter Thanabat des yeux. Le silence et surtout le regard soutenu de l’oracle, mettaient J.Bat mal à l’aise. Au bout d’un moment, elle dit :

-          Tu vas avoir du pain sur la planche. Elle expira de la fumée.

Elle fixait toujours Thanabat tout en s’amusant à faire de petits nuages de fumée avec sa bouche, la faisant ressembler à une carpe. D’un seul coup, sa nonchalance du moment s’évanouit et elle posa le fétime à côté d’elle :

-          Bien ! dit-elle vivement. Commençons la séance. Donne-moi ta main, demanda t-elle à Thanabat.

Celui-ci s’exécuta, pensant qu’elle allait lire ses lignes comme les diseuses de bonne aventure. Mais au lieu de cela, elle se saisit d’une longue et fine aiguille, semblable à celles des acuponcteurs. Thanabat retira sa main promptement. L’oracle le regarda, étonnée.

-          Il n’a jamais été question que je verse mon sang, se justifia t’il.

-          N’ai crainte, répondit-elle. Une goutte suffira.

Thanabat ramena lentement sa main. L’oracle piqua son aiguille dans son index. Elle la retira délicatement. Une petite goutte glissait le long du métal. Elle la porta au-dessus du petit guéridon et laissa la goutelette tomber d’elle-même. Thanabat suçotait son doigt comme un enfant. L’oracle ouvrit ses bras, paumes vers le plafond. L’ambiance changea. La lumière s’affaiblit et un vent léger soufflait à présent sur tous les visages. La surface du guéridon qui paraissait lisse et inerte quelques secondes auparavant ressemblait à présent à un liquide tourbillonant. J.Bat leva les yeux et constata qu’il en était de même pour celui du plafond. L’oracle se leva lentement, retroussa légèrement sa robe et posa un premier pied nu dans le guéridon qui ressemblait plus à un petit bassin maintenant. Puis elle y mit le deuxième. Debout dans le liquide (qui n’en était pas visiblement puisqu’il ne mouillait pas les pieds de l’oracle), elle leva les mains vers l’autre surface. Une lumière bleutée s’éleva de la surface du bas, une autre tomba de celle du haut et une troisième jaillit du mur derrière l’oracle pour se rejoindre, encerclant le coprs d’Ozalée, la méssagère des dieux. Les yeux de celle-ci perdirent leur éclat vert et prirent une couleur bleue sombre. Ils étaient comme deux faisceaux lumineux, et s’il était certain que se spectacle inhabituel était d’une grande beauté, il avait également quelque chose de totalement effrayant. L’aspect humain d’Ozalée ne se résumait plus qu’à son enveloppe corporelle. Dans une voix qui n’était pas la même que précédemment, l’oracle déclama :

-          Lorsque les temps s’obscurciront, lorsque les démons hanteront les esprits faibles et que le chaos envahira nos terres, l’espoir se flétrira plus vite qu’une fleur. Et celui qui viendra quand vous ne l’attendrez plus, le guerrier qui dort sous l’apparence docile venu de nulle part. Et vous, fidèles, vous suivrez et soutiendrez celui à qui reviendra la hache d’or sacrée, forgée par nous, les 3 dieux. Il sera le guide vers votre salut, le seul capable d’anéantir les maux de ce monde.

Malgré l’ambiance surnaturelle et solennelle, Marcus trouva le moyen de  chuchoter à l’oreille de Thanabat :

-          Elle abuse, c’est mot pour mot ce qu’elle à dit à Nostrabérus l’année dernière !

Matriben, consterné, lui fit signe de se taire sur le champ. Heureusement, cela ne troubla pas les dieux, et alors que Marcus arborait un visage boudeur, Ozalée poursuivit :

-          Il est là ! C’est son sang que nous goutons. Elle braqua sur J.Bat ses yeux bleus lumineux. Trouve les 12 étoiles. Trouve-les ! Elles devront s’unir à tes côtés. Tu dois les identifier au plus vite et les mener jusqu’à l’horloge. Tu devras activer le sort en leur présence et en son temps. Ni avant, ni après. Du bon timing dépendra la victoire.

 

Les lumières bleues disparurent toutes trois d’un sel coup, et l’oracle reprit sa voix et son aspect normal. Visiblement fatiguée, elle se laissa presque tomber par terre sur ses coussins. Elle paraissait éssouflée, mais empoigna le fétime qu’elle porta à sa bouche.

-          Les… étoiles ? se risquà à demander J.Bat.

-          Hmm. Les étoiles protectrices.

-          Mais comment faire ? A quoi ça ressemble ?

-         Si les dieux ne te l’ont pas dit, c’est que tu devras découvrir ça tout seul. Mais cela ne sera pas facile de les convaincre…

-         Et… le sort…

-         Lhorloge, lui souffla Matriben.

-         Heu… oui… où est cette horloge ?

-         L’Horloge des dieux est sur l’île des Rois. Partez maintenant. Je suis fatiguée. La séance est terminée.

Elle les laissa repartir de la petite salle. Ils repassèrent par le sas et se retrouvèrent dans la grande entrée où se trouvait l’autel.

-          Pffff, souffla Marcus, superbe sa petite prestation. Mais qu’est-ce qu’on a apprit ? Rien !

-          Au contraire, rectifia Matriben, on sait que l’élu doit trouver les 12 étoiles et les amener sur l’île des Rois. Et étant donné que nous comptions nous y rendre, je t’y aiderai, dit-il en abattant sa main sur l’épaule de Thanabat.

-          Mais comment allons-nous les identifier, demanda Lahomey.

-          Le bon timing ? s’interrogea Zorba. Mais qu’est-ce que ça veut dire ?

-          Ah bah ça, avec la divination, il fallait s’y attendre ! Grogna Marcus. On repart toujours avec plus de questions qu’à l’arrivée.

 

Tout le monde était troublé par cette divination. L’elfe, quand à elle, était très déçue que les dieux soient intervenus en personne, car cela avait grandement fatigué l’oracle et du coup, elle n’avait pas pu poser sa question à Ozalée, qui aurait certainement pu lui répondre sans l’aide des trois divinités. De plus, la fumée lui avait légèrement embrumé l’esprit, elle qui n’était pas habituée à une telle coutume. Avant de sortir du temple, Lahomey, Matriben et Ibar prirent soin de vérifier que l’affreuse bestiole qui les avait coursé plus tôt n’était plus là. Tout semblait calme pour le moment. Mais mieux ne valait pas trop traîner sur place. 26)

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 05-03-2008 à 17h35

 Version finale chapitre 14 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

14

 

Matriben suivit le conseil de Lahomey. Aussi, le groupe prit donc le chemin boueux, se dirigeant vers le temple de l'oracle Ozalée. Après quelques minutes de marche, l'air devint plus humide, plus lourd, et le sol se faisait de plus en plus mou et glissant. Les marécages qui bordaient toute la partie Nord de la forêt, s'étendaient à présent devant eux. La brume s'épaississait, de sorte que très vite, ils ne purent plus distinguer à un mètre devant eux. De nombreux moustiques affamés vinrent agacer leurs oreilles. Plus ils avançaient, plus leur progression était laborieuse. Thanabat grognait d'avoir à affronter ce bourbier de l'enfer. « L'oracle a intérêt à nous dire des choses très intéressantes, parce que je n'endurerai pas tout ça pour rien ! » pensait-il. L'air chaud qui les avait accompagnés depuis leur départ avait cédé la place à une brise tiède et humide, chargée de la puanteur de la nature en décomposition. Bientôt, il n'y avait plus d'autre paysage que la brume et une terre boueuse, dans laquelle les six voyageurs s'enfonçaient de plus en plus.

-          On nous suit ! Affirma Lahomey.

-          Oui, dit Ibar, je l'ai senti.

Personne ne voulu en savoir plus, mais le pas de chacun s'accéléra. Enfin, après une heure de marche éreintante, le sommet du temple de l'oracle se devinait dans le brouillard.

 

*********************

 

Agenouillée devant l'autel dédié à l'oracle Ozalée, elle chassait les troubles de son esprit et se recueillait dans la sérénité et la concentration avant de commencer la préparation de la cérémonie. Ses longs cheveux noirs épais recouvraient ses épaules en une cascade indomptée de tresses fines et de mèches libres. Des bijoux raffinés décoraient ses oreilles pointues.

Des bruits vinrent troubler sa méditation. Son ouïe fine d'elfe ne la trompait pas. Des pas. Plusieurs personnes. Au moins cinq, peut-être six. Des gens s'approchaient. Elle se releva et tentait de percer l'épais voile blanc qui régnait en maître sur les lieux. Son cœur battait fort. Elle était partit sans la permission de sa communauté. Peut-être son père avait-il envoyé des hommes à sa recherche. Non. Ceux qui se dirigeaient par ici n'appartenaient pas à son peuple. 23) Le pas plus léger que celui d'une souris, des mouvements plus souples que celui d'un chat, la petite elfe se glissa derrière l'une des deux grandes portes ouvertes du temple. Le souffle court, elle les entendait s'approcher.

-          On est arrivé ! résonna la voix de Matriben.

-          Dépêchons-nous d'entrer, ordonna Lahomey. Cette chose semble nous talonner. Je peux deviner sa respiration.

Le groupe se mit à courir. Les six voyageurs entrèrent dans le grand temple de l'oracle. C'est seulement sur le seuil du lieu sacré que Thanabat se retourna. Une vision ? Un cauchemar ? Une atroce réalité ? Leur poursuivant était là, il le voyait courir vers eux.

-          Fermez les portes, cria Thanabat. Putain ! Fermez les portes !

Matriben et Marcus poussèrent le premier battant, Ibar et Zorba le second…

Plongés dans l'obscurité, ils étaient sauvés. Du moins, pour le moment. Personne n'osa plus bouger pendant une longue minute.

-          Qu'est-ce que c'était, murmura Lahomey ? Qu'est ce-que tu as vu ?

-          Attends ! dit Thanabat. Moi-même, je n'arrive pas à comprendre ce que j'ai vu.

-          Décris-le-nous alors, demanda Marcus.

-          J'ai vu… J'ai vu… Un truc… mi-volant, mi-galopant… Des ailes noires, immense. Trois queues pointues. Des yeux jaunes, comme ceux d'un aigle. La vache ! C'était flippant !

-          Vous avez vu la rapidité de ce truc ? Renchérit Zorba.

-         Bravo ! Et maintenant, qu'est-ce que vous comptez faire ?

 

-          Lahomey ? Ce n'était pas ta voix ça, n'est-ce pas ? demanda Marcus.

-          Non ! répondit-elle. Moi je n'ai rien dit.

-          Alors qui…

Matriben se tut. Maintenant que leurs yeux s'habituaient à l'obscurité, il distinguait de plus en plus nettement une fine silhouette plaquée contre le mur.

-          Qui es-tu ? 

La jeune elfe n'aurait pas pu rester dans l'ombre plus longtemps, puisque le battant de porte derrière lequel elle s'était glissée avait été refermé, détruisant ainsi sa cachette. Ses sens très aiguisés lui permettaient de ressentir les bonnes et les mauvaises ondes qu'une âme émet lorsqu'elle est exaltée. Elle s'avança, relativment confiante, vers le groupe qui venait d'entrer.

-          Wouahou, s'exclama Marcus lorsqu'il pu enfin distinguer la silhouette et le visage qui leur faisait face.

Matriben lui-même eut le souffle coupé devant cette apparition. Complètement déstabilisé, il déglutit péniblement avant de reposer sa question, sur un ton qui se voulait ferme. Mais sa voix trahissait son émotion :

-          Dis-nous qui tu es… S'il te plait.

-         Est-ce que cela a de l'importance, humain ?

-          C'est toujours mieux quand on sait à qui on parle, s'impatienta Thanabat !

-         Tu sembles aussi tranchant que ta hache, répondit l'elfe sur un ton toujours aussi calme. Ce qui est important, humains, c'est ce que vous comptez faire, maintenant que vous êtes tombés dans le piège de cette chose, et que vous m'y avez plongé par la même occasion !

« On s'est fait avoir comme des bleus ! » pensait Thanabat. « Merde ! On est pris au piège ! »

-          Puisque nous sommes venus voir l'oracle, dit Zorba, ne serait-ce pas le bon moment pour le consulter ? On règlera ce problème plus tard. Et même, peut-être que l'oracle saura comment nous faire sortir d'ici.

-          Oui, dit Matriben, c'est ce qu'il y a de mieux à faire.

-         Une minute, dit l'elfe, les mains sur les hanches. Je suis arrivée la première. Vous ne comptez pas me piquer la place quand même ?!

-          Je crois bien que si, dit le chef de Lantar. Désolé, mais c'est une urgence.

-         Désolée moi aussi, mais je viens également pour une urgence !

Matriben croisa les bras sur sa poitrine et planta ses yeux dans ceux de l'elfe :

-          Et on peut savoir ce qu'il y a de plus important que l'arrivé de l'élu ?

-         Qu…Quoi ?

Thanabat se sentait un peu gêné d'être la cause du conflit. D'autant que maintenant qu'il pouvait apercevoir le visage de l'elfe, il lui trouvait une ressemblance indéniable avec Pauline, la petite amie de son ami Benjamin, dont les traits étaient justement semblables à ceux de Matriben. Même si dans ce monde, ces deux-là ne se connaissaient pas, Thanabat se sentait coupable d'être au milieu d'une dispute entre eux.

-          C'est bon, dit-il à Matriben. On peut peut-être attendre notre tour. De toute façon, on ne peut pas sortir pour le moment.

-          Non, dit Matriben sur un ton radoucit. Je suis navré mais mon village est menacé et en tant que chef, je dois les protéger. Ils reviendront à Lantar et sans doute, plus nombreux et plus féroces. Cette affaire ne peut pas attendre.

-          Tu es Matriben ?  Le fils d'Abaraï ? demanda l'elfe, écarquillant ses grands yeux noirs.

-          Oui. Pourquoi ? ça change quelque choses ? répliqua t-il, têtu.

-         Et vous vous êtes fait attaquer ? Quand ?

-          Il y a deux nuits, dit Marcus.

Le visage de la petite elfe semblait se décomposer. Prise d'un vertige, elle vascilla. Matriben la rattrapa à la volée :

-          Hey ! Qu'est-ce qui ne va pas ?

Elle se restabilisa sur ses deux pieds et dit d'une voix blanche :

-          Je suis venue dans le but d'aider mon peuple, moi aussi. Je suis partit de Branoc il y a deux jours. Si vous vous êtes fait attaquer, alors mon peuple… mon peuple… est le prochain…

Ni Matriben, ni les autres ne surent trouver les mots pour rassurer la jeune femme. Brutalement, le chef de Lantar commença à sortir les rameaux d'une plante séchée. Thanabat reconnu les feuilles. C'était ce qu'ils avaient fumé à l'aide du fétime la nuit précédente.

-          Ne perdons plus de temps, dit Matriben tout en installant divers aliments à côtés de la plante séchée. Allez, Marcus. A toi de jouer.

-          Pardon ? Euh… je sais pas comment on fait moi ! répondit le magicien. Mais continues, t'étais bien partit.

Matriben poussa un long soupir :

-          Mais à quoi tu sers alors ? Moi je ne suis venu qu'une seule fois, avec mon père et Nostrabérus, quand j'étais petit. Je ne vais pas me souvenir de tout ce qu'il faut faire.

Le chef tourna un regard de chien battu vers Thanabat :

-          Hey, c'est pas la peine d'espérer quoi que se soit de ma part ! Ya pas d'oracle chez moi. Je sais pas du tout comment ils fonctionnent vos rites religieux.

 

L'elfe ramassa les offrandes que Matriben avait posé sur les marches, monta l'escalier et s'avança vers un autel qui surplombait la grande pièce :

-         Je me demande bien comment vous raisonnez, humains. Vous venez voir un oracle, mais aucun de vous n'a la moindre idée de comment s'y prendre.

-          Tu vas l'invoquer pour nous ? interrogea Matriben.

-         Oui… Même si ça ne me plait pas d'aider des humains. J'imagine que malgré ce qui sépare mon peuple et le vôtre, on doit s'entraider dans l'adversité, non ? Finallement, qui je suis n'a plus vraiment d'importance n'est-ce pas ?

-          Si, murmura timidement le chef de Lantar qui venait de perdre un peu de sa superbe.

-         Savez-vous comment formuler votre question ?

-          C'est-à-dire ?

-         L'oracle sait plein de choses mais si la question est mal posée, la réponse pourrait être floue ou incompréhensible. Je vous conseille de bien y réfléchir parce qu'une fois que l'oracle aura décidé que la séance est terminée, même si elle vient de commencer, vous ne pourrez pas l'invoquer avant plusieurs semaines. 24)

Pendant que l'elfe s'agenouillait devant l'autel, les six voyageurs l'observaient silencieusement. Marcus s'approcha d'Ibar :

-          Elle a les oreilles drôlement pointues, chuchota t'il.

-          Oui, répondit le jeune archer. C'est la race elfique.

-          Mais euh… justement, dit le magicien. Ils ne sont pas censés être blonds ?

-          Pas tous non. Il existe une race que l'on appelle « elfes noirs ».

-          Ah…

 

L'elfe tourna la tête vers ceux qui perturbaient sa prière silencieuse. Matriben toisait Marcus et fronça les sourcils. Le trouble ayant cessé, l'elfe se concentra de nouveau. Après plusieurs minutes de méditation, elle s'empara du sac qu'elle portait en bandoulière. Elle en sortit de nombreuses pièces de monnaies, visiblement faites d'or jaune, 3 barres de ce qui ressemblait à du chocolat, et d'autres rameaux séchés. Elle étala tout sur l'autel. Puis, elle s'avança vers un cordon tressé de fils rouges qui pendait du plafond et tira dessus. Une petite clochette tinta. Quelques secondes plus tard, entre les deux colonnes de marbre brun qui trônaient triomphalement au sommet des cinq marches, l'épais rideau rouge fut ouvert.

  Lire les 3 commentaires | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 03-03-2008 à 17h36

 Version finale - Chapitre 13 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

13

 

Le groupe, désormais composé de six personnes, reprit sa marche vers le Nord. Bien qu’ils aient dépassé la limite du territoire de Lantar, Lahomey marchait en tête, guidant fièrement ses compagnons. Pour rattraper le temps qu’ils avaient perdu la veille, elle imposait un bon rythme de marche. Mais personne ne s’en plaignait.

Plusieurs heures après leur départ, ils atteignirent l’orée de la forêt. Zorba s’arrêta au dernier arbre qui marquait la limite ultime du paysage vert. Sa main se posa sur l’écorce et il approcha son visage du tronc :

-          Je te rends ta nature.

Son souffle enveloppa l’arbre sur lequel il était appuyé, puis l’arbre d’à côté, puis celui d’après. Bientôt toute la forêt scintillait du souffle de Zorba. Les cinq autres regardaient la scène avec émerveillement. Sous leurs yeux, c’était comme si la nature s’éveillait. Puis le souffle brillant s’évanouit et loin dans les arbres, on entendit des oiseaux chanter. Les feuilles des arbres chuchotèrent entre elles sous les caresses du vent. La forêt silencieuse venait de retrouver sa voix. Zorba jeta un dernier coup d’œil par-dessus son épaule et rejoignit les autres. Bien décidé à ne plus jamais se cacher, il partait enfin affronter le monde, en quête de ses réponses.

 

La journée de marche fut harassante, et le rythme imposé par Lahomey n’avait permis aucun répit. Leurs pas suivaient depuis quelques kilomètres déjà un vague chemin de terre sèche. Arrivés à un carrefour, Matriben déroula la carte que son père avait dessiné lui-même quinze années auparavant (la date et l’auteur étaient inscrits au dos de celle-ci) :

-          Tout droit au Nord se trouve le temple d’Ozalée. Si nous prenons à l’Est, nous arriverons à Vallande, une grande ville où nous pourront dormir ce soir si nous ne traînons pas. On pourra peut-être trouver des chevaux pour accélérer notre voyage. C’est un peu plus long jusqu’à Vallande, mais au moins, nous pourrions faire une pause et nous préparer à rencontrer l’oracle. Ou bien on continue tout droit, mais cela nous obligerais à passer la nuit dans le marais. 22)

 

-          Personnellement, commença Thanabat, j’en ai marre de marcher. Si c’est plus court d’aller au temple, alors allons au temple !

-          Je suis assez d’accord, dit Zorba. Bien que l’idée de dormir dans le marais, avec tous ces moustiques…

-          Arrêtez de vous plaindre, s’insurgea Lahomey. Mon avis est que nous devrions d’abord consulter l’oracle. Ce sera une bonne chose de faite. Nous pourrons toujours faire halte à Vallande en revenant sur nos pas.

-          Je suis d’accord, dit Ibar. Et puisque vous n’aimez pas la marche, nous prendrons des montures là-bas. Il y a un marché aux chevaux très réputé.

-           

Ils se remirent en marche vers le temple.

Non loin d’eux, dans l’ombre, deux yeux étaient braqués sur le groupe ne perdant rien de leurs faits et gestes. Un frisson d’excitation secouait ce corps caché. Il avait plus que tout envie de se jeter sur eux, et de déchiqueter leur chaire. Mais il fallait encore attendre pourtant. Attendre encore un tout petit peu.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 03-03-2008 à 13h21


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  Blog créé le 17-01-2007 à 09h14 | Mis à jour le 19-06-2008 à 21h24 | Note : 8.24/10