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FICTIONNARY
fictionnary

Des histoires qui se dessinent par vos choix...

Actuellement : La hache d'or

L'histoire : Jean-Baptiste est un étudiant en histoire. Un matin, alors qu'il se rend à l'université, rien n'est comme d'habitude. Il se retrouve dans la forêt d'un monde étrange. Les gens qu'il croisent ressemblent à ses amis, mais outre la ressemblance physique, ils n'ont rien en commun avec ceux qu'il connait. De plus, tous semblaient attendre sa venue et le prennent pour un sauveur. Monstres, magie, dragons, il est bien loin de ses cours et du métro parisien...
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22

 

-          La vache, dit Lahomey, ils sont nombreux.

-          Faut se tirer d’ici, cria Marcus.

Le groupe se replia vers l’ancienne mine, creusée dans la montagne d’Algoce par une communauté humaine désormais décimée. Le chef de Lantar prit cette décision à contrecœur, car le massacre des gens d’Algoce par les gorbacs était encore un traumatisme pour tous. Il pensa à Ibar, qui n’avait rien dit, n’avait rien exprimé lorsque la tragique  nouvelle était parvenue jusqu’à Lantar. Et il avait remarqué, lui aussi, que le jeune guerrier avait des ombres sur son visage à mesure qu’ils se rapprochaient de sa région.

Grâce à leurs chevaux, le groupe distançait les monstres baveux. Mais certains d’entre eux s’étaient procuré des arcs, et quelques flèches sifflaient aux oreilles des fuyards.

-          APPRENEZ A VISER, cria Lahomey à l’intention de leurs poursuivants.

Sur ces mots, elle tira une flèche qui atteignit un gorbac entre les deux yeux. Son cheval filait droit. Elle avait lâché les rennes pour manipuler son arme et pouvoir couvrir leurs arrières afin de décourager leurs assaillants. Mais ils persistaient. Arrivés à la mine, Thallula, Thanabat, Matriben et Zorba mirent pied à terre et s’engouffrèrent les premiers dans la mine. Ibar leur cria de laisser les chevaux à l’exterieur car la mine n’était pas pratiquable pour eux. Ils laissèrent donc leurs montures dehors à contre-coeur. Lahomey et Ibar, toujours à cheval, tiraient autant qu’ils le pouvaient sur la meute de monstres jusqu’à ce qu’ils soient à l’abri eux aussi. Puis tout comme les premiers, ils laissèrent les chevaux libres d’aller où bon leur sembleraient. Les deux animaux décampèrent sans demander leur reste. Marcus avait mis pied à terre également et projetait quelques boulettes de feu. Il s’améliorait un peu à chaque fois, même si les boulettes ardentes n’étaient pas plus grosses que de petites balles de ping-pong. Il visait toujours aussi mal, mais la masse de gorbacs était si dense qu’il touchait régulièrement sa cible. Tabor et Violette entrèrent à leur tour. Comme tous les membres du groupe étaient entrés dans la mine, Marcus y pénétra à son tour. La masse de gorbacs avançait toujours et il n’y avait aucun moyen de les empêcher d’entrer dans la mine. Lahomey craignait qu’ils ne soient pris au piège. C’est alors que Zorba se posta à l’entrée de la mine en demandant aux autres d’avancer dans les profondeurs de la montagne sans l’attendre. Matriben s’y opposa, ne sachant pas ce que Zorba avait l’intention de faire. Thallula avait décidé de lui faire confiance. Finalement, tous s’exécutèrent. Zorba, seul à l’extérieur de la mine, face aux monstres qui accouraient, leva les bras au niveau de ses épaules, paumes tournées vers l’exterieur. Il inspira profondément pour tenter de calmer la peur qui tiraillait son cœur face aux monstres qui se rapprochaient à toute vitesse. Le craquement des troncs d’arbres  qui poussaint à proximité s’éleva et résonna dans l’entrée de la mine. Très vite, un enchevêtrement de branches épaisses obstrua l’ouverture. De nombreuses grandes racines s’étaient libérées du sol pour venir s’y ajouter, fragilisant dangereusement le sol à plusieurs endroits. Puis la terre se mit à trembler bruyamment et se scinda en une grande crevasse qui séparait l’entrée de la mine des bestioles. Beaucoup de gorbacs ne parvinrent pas à freiner à temps et chutèrent dans le vide. Les autres lançaient des regards furieux et des cris de haine, tirant des flèches à tor et à travers. Zorba, encore tout tremblant, tourna les talons et rejoignit ses compagnons qui l’attendaient quelques mètres plus loin.

-          Pas mal, ce coup-là, dit Thanabat à Zorba.

-          Oui, confirma Matriben. Mais maintenant, nous n’avons plus le choix. Nous allons devoir traverser la mine, puisque le chemin est désormais bloqué. Espérons qu’il n’y a pas de gorbacs qui campent la-dedans.

Il jeta un coup d’œil à Ibar. Il était difficile de d’interprêter l’expression du visage de l’arbaletrier. Plongé dans ses pensées, Ibar ne sentait pas le regard du chef de Lantar et celui de Lahomey posés sur lui.

Le groupe avançait tranquillement dans les profondeurs de la grande mine. Tabor arborait sa forme humaine et tenait Violette par la main.

-          Qu’est-ce que c’était ici, demanda Thanabat ?

-          Ici, commença Matriben, c’était la fameuse mine d’Algoce. Des Hommes vivaient dans cette montagne, dans ces galeries.

-          C’était quel genre de mine ?

-          On extrayait le cuivre, dit Ibar.

-          Tu étais un mineur toi aussi ? demanda Lahomey d’une voix douce.

-          Oui. J’étais ce qu’on appelle un « ouvrier de marteau ». Comme j’étais plutôt fort, j’étais parmi ceux qui creusaient.

-          Alors c’est en partie à toi que l’on doit toutes ces galeries ? questionna Thanabat.

-          Non, dit Ibar en esquissant un sourire. C’est aux générations antérieures. Etant donné qu’il faut environ 1 an pour avancer de 60 cm, je ne vois pas comment j’aurais pu faire ça tout seul avec ma petite pointerolle.

-          Et qu’est-ce qui t’a poussé à partir ? demanda Lahomey sur un ton qui se voulait détaché.

-          Etre enfermé jour après jour dans les entrailles d’une montagne donne des envies de ciel bleu et de grands espaces.

Le groupe continuait d’avancer, écoutant leur pas résonner contre les parois rocheuses. Après quelques mètres, Ibar repris calmement son récit :

-          Mon meilleur ami était fondeur. Il travaillait dans la fonderie Nord qui se situe à environ 6 kilomètres de la mine. Quand il est mort, je me suis dit que j’avais autre chose à vivre que ce travail qui en tuait tant d’entre nous. Et je suis partit. … Il venait d’être père.

-          Etre un mineur d’Algoce, vu de près, ne semble pas être aussi prestigieux que ce que tout le monde croit, conclut Marcus. Pourtant, combien d’hommes rêvent de s’offrir une vie paisible dans cette communauté, à l’abri, dans la montagne…

-          Pas si à l’abri que ça, dit Ibar. Cette montagne est un volcan actif. Ce qui est déjà un immense danger en soi. Et puis, les gorbacs ont pu penetrer dans la mine et tuer tout ceux qui s’y trouvaient.

-          C’est bizarre qu’on n’est pas trouvé un seul cadavre, dit Marcus. Excuse-moi de dire ça Ibar, mais quand même, c’était il n’y a pas longtemps, et pourtant, il n’y a pas une trace de sang…

-          J’imagine que c’est parce que nous ne sommes pas aller encore assez profondément dans la montagne, dit Ibar.

-          Tu te souviens bien des lieux ? Demanda Matriben.

-          Ça a sûrement beaucoup changé, mais je peux essayer de nous faire sortir d’ici. D’ailleurs, il vaut mieux ne pas traîner.

-          Tu as raison, dit Matriben. Il pourrait bien rester quelques gorbacs.

-          Ce n’est pas ce qui m’inquiète le plus, reprit Ibar. Le cratère du volcan est habité par quelque chose d’encore moins sociable que les gorbacs.

-          Ok, on se tire, dit Marcus en accélérant. C’est par où ?

 

Le groupe marchait depuis une heure. Ils avaient prit le temps de faire une petite pause pour manger et reprendre des forces. Mais l’air étouffant était de plus en plus lourd et affaiblissait les organismes. Ibar faisait tout son possible pour se souvenir des galeries à emprunter, mais les lieux avaient beaucoup changés depuis son départ. De plus, beaucoup de chemins étaient bloqués suite à des éboulements. Ils étaient parfois obligés de passer sur des ponts très endommagés, dans des tunnels où le plafond effrité menaçait de tomber à chaque instant. Les esprits souffraient autant que les corps, car la mine était sombre, l’air était moite, lourd, et ça et là, le groupe commençait à croiser des  corps humains en décomposition avancée. Les restes d’un massacre sans pitié.

Le parcours devenait de plus en plus étroit et incertain. Il aurait été impossible de faire passer les chevaux par-ici, sur les ponts fragiles ou dans des galeries si basses qu’un homme devait se baisser pour passer. Violette espérait que les animaux pourraient se débrouiller seuls, sans se faire bouffer par ces enfoirés de monstres.

 

Les neuf voyageurs empruntèrent un chemin de pierre assez mince. En file indienne, ils gravirent prudemment la pente, dos contre le mur, face à un ravin sombre. A en juger par l’écho de leurs pas, la profondeur n’était  pas gigantesque, mais personne n’eut envie de vérifier. Ibar marchait en tête, suivi du guerrier à la hache, de Zorba, de Lahomey et de Marcus. C’est Matriben qui fermait la marche derrière Thalulla, Violette et Tabor.

Il y eu un grand bruit, venu de sous leurs pieds. Un pan du chemin s’était effondré. Ibar, Thanabat, Zorba, et Lahomey venaient de perdre le reste du groupe.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 27-03-2008 à 14h50

 Version finale - Chapitre 21 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

21

 

Les voyageurs avaient quittés le campement tout de suite après l’affrontement. Les nuits étaient courtes en ce moment, et Thanabat avait du mal à rester éveillé sur le dos de son cheval. Zorba avait reprit sa place derrière Matriben. Thalulla remarqua la mine effroyable de l’Être des bois.

-         Que se passe t’il dans cet esprit tourmenté ? demanda t’elle doucement.

Zorba, surprit, sentit ses joues s’empourprer légèrement. Baissant les yeux, il trouva le courage de répondre :

-          Je n’ai servit à rien, encore une fois. Vous vous êtes tous battus, vous étiez en danger, et moi, je… Je n’ai rien fait.

-         Mais tu ne t’es pas enfui. Et tu ne t’es pas caché, dit l’elfe en souriant.

-          Les autres vous ont raconté, n’est-ce pas ?

-         Non, je l’ai senti. Les gens comme moi perçoivent les souffrances des autres. Après, tout est une question d’interprétation, comme dit l’oracle.

Matriben souriait car il approuvait l’attitude noble de Thallula. Mais il ne souffla mot pour ne pas interférer dans cet échange et ne pas mettre Zorba plus mal à l’aise. Mais Zorba trouva la force de renvoyer son sourire à la jeune femme. Non, en fait, il avait réellement envie de lui sourire. Elle lui avait momentanément enlevé ce poids sur son cœur. Il se surprit même à lui demander :

-          Puisque vous êtes la fille du Roi des Elfes, cela fait de vous une princesse, non ?

-          Oui, dit-elle au milieu d’un sourire rayonnant.

Une vague de chaleur envahit les joues de Matriben. Heureusement, Lahomey fit avancer sa monture jusqu’à sa hauteur et il put détourner son attention. La chasseuse ne tourna pas autour du pot :

-          C’était le chien de Vallande, n’est-ce pas ?

-          C’est possible.

-          Tu penses qu’il y en a d’autres comme lui ?

-          Je ne sais pas.

-          Est-ce que c’est ça qui t’inquiète ?

-          C’est que… Après l’affrontement, est-ce que tu as vu ce type ?

-          Oui, vaguement.

-          Tu n’as pas vu son visage ?

-          Non.

-          Et tu n’as rien remarqué ?

-          Il semblait blessé.

-          Précisément. Ce type et se chien ne font qu’un, j’en suis sûr. Mais Comment est-ce possible ?

Tout le groupe tendait l’oreille à présent. Thanabat sortit de sa somnolence et s’enflamma :

-          Si tu nous disais ce que tu sais sur ce mec ?

-          Je ne sais rien justement. Peut-être que la fatigue joue des tours à mon esprit… mais… ce type que j’ai vu… Il m’a semblé que c’était l’homme pour qui nous nous sommes battus à Vallande. Et il se pourrait que cet homme réponde au nom de Bramarion.

-          Quoi, dit Lahomey. Mais ce n’est pas possible. il est mort. Tu nous as dit que tu l’avais vu mourir.

-          Et c’est vrai. Je l’ai vu mourir.

-          Qui était-ce ? demanda Ibar.

-          C’était un officier de la garde royale. Répondit Matriben. Puis pour une raison que j’ignore, il a déserté et est devenu un chevalier dragon. Nous avons combattu un ennemi commun. Un dragon de Terre. Nous l’avons terrassé, mais il n’a pas survécu au combat. Lorsque j’ai porté le coup fatal, la bestiole s’est effondrée sur lui. On n’a rien pu faire. Il est mort. C’était avant peu de temps avant que tu n’arrives à Lantar, Ibar.

-          Je ne sais pas ce que se type nous veut, commença Thanabat, mais on a intérêt à faire gaffe à nos miches. J’ai comme l’impression qu’on a eu du bol cette nuit. Mais je ne suis pas certain que ça dure !

-          Tu ne crois pas si bien dire, dit Lahomey.

La jeune femme s’était subitement remise sur ses gardes.

-          Les cheveux sont nerveux, remarqua Tabor. Ils sentent quelque chose.

-          Moi aussi, dit Thalulla.

-          Ouais, reprit Lahomey. Ça pue le gorbac. 35)

Matriben consulta sa carte rapidement et ordonna à ses compagnons de le suivre. Déjà, les cris et les grognements des monstrueux gorbacs s’élevaient derrière eux.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 16-03-2008 à 18h24

 Version finale - Chapitre 20 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

20

 

Ils avancèrent toute la journée, ne faisant que de courtes pauses pour que les chevaux se désaltèrent. Tabor surprenait par sa résistence. Il semblait encore frais malgré la distance parcourue. Lorsqu’ils s’arrêtèrent plus longuement pour déjeuner, le centaure trouva même l’energie de s’occuper des sic montures qu’il semblait parfaitement comprendre. Il dorlota particulièrement le grand Shire de Matriben qui avait porté deux cavaliers toute la matinée sur son dos large et musculeux. Même si cela n’avait amoindrit ni sa force, ni sa vitesse, il méritait bien un petit traitement de faveur. Thallula avait exprimé le souhait de ne pas faire passer les chevaux par les marais. Le risque d’enlisement dans la tourbe était trop grand. Tabor l’avait approuvée. Aussi, ils durent contourner le lac. Le paysage était verdoyant et de plus en plus valloné à mesure qu’ils progressaient vers le Nord. Mais il n’y avait pas d’habitations dans les parages. Ibar avait parut songeur depuis quelques heures. Lahomey sortit deux fruits de la corne d’abondance et alla s’asseoir près de lui. Elle lui tendit une pêche et croqua dans la chaire ferme d’une prune à peine mûre.

-          Est-ce que tout va bien ?

-          Oui, répondit-il avec un sourire. Pourquoi ?

-          Tu as l’air ailleurs.

-          Ah… C’est que, je suis près de chez moi, alors, ça me ramène dans choses dans la tête, c’est tout.

Comme il ne poursuivait pas, Lahomey se sentit soudain triste, comme si elle était tenue éloignée des pensées de son ami. Elle qui lui confiait tant de choses, elle s’aperçut qu’au fond, elle ne savait pas grand choses sur le passé de son confident. Cette sensation lui était particulièrement désagréable. Ibar, voyant qu’elle fixait sa prune entamée avec un regard abattu, lui donna un petit coup amical sur l’épaule :

-          Fais pas cette tête. Un jour je t’emmènerai.

-          C’est vrai ? répondit-elle bondissante. Et pourquoi pas maintenant ?

-          Maintenant ? Mais c’est impossible voyons. Nous avons une mission importante…

-          Et alors, dit-elle en se levant, l’air déterminé. Peut-être que c’est notre destin d’y aller.

-          Qu’est-ce que tu raconte ? ria Ibar.

-          Je suis sérieuse, se défendit-elle, alors que tous les observaient. L’oracle ne nous a-t-elle pas dit qu’il fallait trouver des étoiles ? Pourtant, nous n’avons pas cherché. Je pense que nous devrions fouiller partout. Et comme ça, je pourrais voir où tu as grandit. Ce n’est pas un prétexte, continua t-elle en se tournant vers les autres. Mais je pense que nous devrions plus nous interroger sur les étoiles.

Matriben s’accorda le temps du repas pour y songer. Il en discuta avec Thanabat et accordèrent de prolonger le détour jusqu’à Algoce, pays d’origine d’Ibar.

 

La nuit tombait déjà, et ils étaient encore loin des montagnes d’Algoce. Ils allaient devoir dormir à la belle étoile. Ils établirent un camp de fortune au pied d’une colline. Ibar et Lahomey effectuèrent un rapide tour d’horizon pour s’assurer que l’endroit était sûr. Zorba et Violette préparaient le repas grâce à la corne d’abondance et au feu que Marcus avait finalement réussit à allumer, non sans mal. Matriben était exténué, car il n’avait pas dormi la nuit d’avant. Après avoir mangé sa part de viande grillée et quelques fruits, il s’effondra de fatigue. Thallula s’approcha à pas feutrés et profita du sommeil du chef Lantarrois pour changer son pansement. La blessure de son bras, que lui avait fait ce grand type pendant la rixe à l’auberge de Vallande, était déjà moins vilaine que la veille. Puis, la princesse elfe le traîna un peu plus loin du feu avec l’aide de Thanabat et déroula sur lui une couverture qu’elle avait dans son paquetage. Le guerrier à la hache se porta volontaire pour assurer le premier tour de garde. Tabor avait repris son apparence d’homme. Il décida de lui tenir compagnie. Tous les autres s’endormir autour du feu.

Les chevaux paissaient paisiblement à proximité du camp. Thanabat se laissait aller à penser à sa famille, à ses amis, à sa vie d’avant. Tous ces « doubles ». Pourquoi ? Encore et toujours cette question. Sauf ce type, Tabor. Il n’avait jamais vu son visage auparavant. Sans savoir trop pourquoi, Thanabat ne l’aimait pas beaucoup. Peut-être parce qu’il était trop proche du sosie de son amie Cindy ? Par politesse plus que par envie, il cherchait quelque chose à dire pour engager la conversation. Mais rien ne venait. C’est alors qu’il remarqua une curieuse expression sur le visage de Tabor. Celui-ci tendait l’oreille et semblait préoccupé.

-          Qu’est-ce qu’il y a, demanda Thanabat.

L’homme lui fit signe de se taire. Il se leva et s’éloigna un peu du camp. Soudain, il se tourna vers le guerrier à la hache :

-          Réveille-les ! On nous attaque !

Avant que Thanabat n’ait eu le temps de réagir, le chien volant aux yeux jaunes tenait le centaure entre ses serres. 33)

Thanabat secoua energiquement Lahomey qui dormait non loin de lui. Celle-ci se mit sur ses pieds en une poignée de secondes. Il fit de même pour Zorba qui dormait également à proximité. Se saisissant de sa hache, il donna l’alerte en criant aussi fort qu’il ne l’avait jamais fait jusqu’alors. La plupart s’étaient tout de suite saisit de leurs armes et se tenaient prêt pour le combat, excepté Zorba. Assis par terre, l’air hébété, l’Être des bois semblait revivre une scène du passé. « Je dois me lever, je dois me lever », se répétait-il. Mais devant la violence du corps à corps entre le chien et Tabor, la peur prenait le dessus. Le corps de Tabor se changea en celui du centaure. Lorsque le chien s’était jeté sur lui, il avait échapé le poignard qu’il avait emprunté à Lahomey dans son sommeil pour monter la garde. Sans armes désormais, il frappait le chien de ses poings d’homme et son corps de cheval ruait en tout sens pour faire lâcher prise à son agresseur. Mais le chien ailé tenait bon. Les serres de ses pattes avant meurtrissaient les épaules du centaure, et sa gueule était plantée dans la gorge. Thanabat brandissait sa hache mais il ne savait pas où frapper. Etant donné le poids de son arme, il lui fallait du temps pour porter un coup et la cible bougeait trop. Il ne pouvait pas prendre le risque de blesser Tabor. Ibar, par contre, venait de décocher un carreau qui s’enfonça dans le flanc de l’animal. Celui-ci relâcha enfin sa proie. Babines retroussées sur des crocs menaçants,  il se tenait debout sur ses quatre membres, le corps tendu et les yeux fixés sur Ibar et son arbalète. Il avait la taille d’un grizzli et l’apparence d’un loup furieux. Ses trois queues fouettaient l’air. Tout à coup, il s’élança vers sa nouvelle cible avec une rapidité étonnante. Toute aussi rapide, l’elfe s’interposa. Elle saisit les deux parties de la mâchoire du monstre, et la referment en un claquement sec. Elle réussit à la tenir fermée quelques secondes, mais elle n’était pas de taille face à la puissance de la bête, qui l’éjecta à plus de deux mètres. Lahomey, Ibar, Matriben, et Thanabat formèrent un cercle autour de l’animal. Alors que le centaure gisait inanimé, Violette ramassa le poignard qu’il avait emprunté à Lahomey et s’empressa de rejoindre les autres. Le prédateur devint la proie. Chacun était sur ses gardes. Les yeux jaunes observaient tout, et rien ne semblait échapper à sa vigilance. Pas le moindre mouvement, pas le moindre souffle, ni même le moindre battement de cil. Thanabat sentait son sang bouillir à l’intérieur de ses veines. Toutes les molécules de son corps se déchaînaient. Et il avait l’impression que l’animal le sentait. Marcus, grimpé sur un petit monticule de terre sèche, se frottait énergiquement les mains, soufflant sur sa paume droite à intervalles réguliers. Il avait utilisé ce sort quelques heures auparavant pour allumer le feu. Mais une simple flammèche ne suffirait pas cette fois. Lorsqu’il obtint une première étincelle, il souffla sans relâche pour attiser la flamme. La flamme prit des proportions de plus en plus grandes. C’est alors qu’il proféra des mots incompréhensibles et d’un geste, il propulsa le feu en direction de l’ennemi. Hélas, il n’avait pas pu affiner le tir. La flamme endommagea le bras d’Ibar qui se tenait entre le magicien et la cible. L’arbaletrier mit un genou à terre sous le choc de la douleur. Le chien esquiva le feu et profita de la diversion pour bondir sur Lahomey. La jeune chasseuse s’effondra sous le poids de la bête, mais elle parvint à bloquer l’animal en se protégeant de son arc. Le poitrail du monstre s’écrasait sur le bois qui menaçait de ceder. Les bras de Lahomey pliaient sous la pression, et les crocs se rapprochaient dangereusement de sa gorge. Matriben fonça dans leur direction et enfonça son épée profondément dans l’épaule du chien. La grande mâchoire claqua dans le vide en direction de Matriben. Un sang noir ruisselait sur l’antérieur droit de l’animal qui battait en retraite. Déployant ses grandes ailes, il s’éclipsa en un grondement furieux. Les membres du groupe reprenaient leur souffle en silence, encore sous le choc de l’attaque. Zorba tenait son visage dans ses mains.

-          Une fois de plus… Je n’ai pas pu… Une fois de plus… sanglotait-il.

Matriben se précipita vers l’elfe. Légèrement sonnée, elle semblait n’avoir que quelques égratignures. Mais sa tête avait violemment heurté le sol et un petit filet de sang s’échappait de sa tempe et de sa lèvre inférieure. Le chef de Lantar, l’aida à se relever sans un mot, et  de son pouce, délicatement, il essuya le sang qui perlait à sa bouche. Lahomey creusait énergiquement le sol et prit une poignée de terre tiède et humide. Elle la tassait et la comprimait dans ses mains, puis appliqua la petite motte sur la blessure brûlante sur le bras d’Ibar. Marcus examinait les blessures du centaure. Sans le matériel qui lui avait permit de soigner J.Bat dans la forêt de Lantar, il ne pouvait qu’arrêter le sang de couler. Violette démontait le camp. Mieux valait se remettre en route au plus vite. Thanabat, énervé, s’en prenait à sa hache :

-          C’est quoi cette saloperie ? On ne peut rien faire avec ce machin. Pourquoi est-ce que je trimballe cette connerie si je ne peux pas m’en servir.

Durant le combat, la hache lui avait semblé particulièrement pesante et peu maniable. Pourtant, lors de la première bataille contre les gorbacs, elle ne lui avait pas parut si lourde. Il l’avait même manié avec une certaine aisance à ce moment là. Alors que face à ce monstre, c’était comme si son arme allait contre sa volonté et refusait de combattre. Mais il chassa vite cette idée ridicule de son esprit. Il avait peut-être été tout simplement moins bon sur ce coup là. La concrétisation du danger ne le rassurait pas du tout. Qu’était-il supposé faire ici ? Allait-il y laisser sa peau ? Thanabat se jura de ne plus jamais se laisser surprendre de la sorte. Pour protéger sa propre vie, et celle de ceux qui l’accompagnaient.

 

Alors que tous se remettaient tant bien que mal  de l’affrontement, Matriben reconnu la silhouette d’un homme qui se découpait dans la lumière de la lune. Un peu plus haut, sur la colline, les cheveux de Bramarion volaient dans la brise nocturne. Il se tenait l’épaule. Surplombant les neuf campeurs, immobile, il regardait fixement dans leur direction. L’espace d’un instant, Matriben crut voir deux yeux jaunes au milieu de ce visage. Puis l’homme tourna les talons et sa silhouette s’évanouit dans la nuit. 34)

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 16-03-2008 à 17h32

 Version finale - Chapitre 19 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

19

 

La pluie commençait à tomber dans la nuit encore noire. Les gouttes offraient une symphonie de percussions sur les toits de Vallande. L'aubergiste les conduisit dans des ruelles de plus en plus sombres, de plus en plus étroites, et de plus en plus sales. Elle s'arrêta devant la porte de cellier d'une maison peu reluisante. Elle y tapa huit coups, espacés de façon étrange, comme un code. La porte, qui ressemblait plus à une sorte de trappe, s'ouvrit subitement.

-          Salut Violette, dit un gros balèze balafré. Ça fait longtemps…

-          Dégage du chemin, répondit-elle. J'ai des clients.

Et, poussant le gaillard contre le mur, elle descendit la dizaine de marches. Le groupe de Matriben et Thanabat descendit à sa suite, toisé par le molosse. Contrairement à ce qu'ils s'attendaient à trouver, ils n'arrivèrent pas dans une cave – enfin, peut-être en que ça en avait été une dans le temps – mais dans une pièce vide avec un trou dans l'un des murs. Ce grand trou donnait sur un tunnel de quelques enjambées qui menait sur une grande cour boueuse, sans toit, remplie de gars à l'allure louche. Très vite, la jeune femme et le groupe furent la cible de tous les regards.

-          C'est quoi ici, la cour des miracles ? murmura Thanabat.

Violette était saluée chaleureusement, voire même respectueusement par tous. Elle, en revanche, n'accordait son attention que sur quelques individus, ignorant volontairement une grande quantité des autres. Elle marchait d'un pas décidé vers un homme brun assis sur un tonneau. Ses cheveux en bataille lui tombaient devant les yeux. Il était svelte et élancé, mais ses bras et ses épaules avaient de jolis muscles arrondis, laissant supposer que c'était un homme actif. Il paraissait avoir une trentaine d'années.

-          Tu en as, demanda la jeune femme, lorsqu'elle s'arrêta devant lui.

-          Tiens, tiens. Ça fait longtemps… Oui j'en ai. J'ai fais une jolie récolte hier.

-          T'en a assez pour ceux-là ? dit-elle en désignant le groupe de voyageurs derriere elle avec son pouce.

L'homme jeta un coup d'œil aux voyageurs.

-          Ça devrait aller.

Ils n'échangèrent pas plus de mots. L'homme se leva et prit Violette par la taille. Celle-ci se laissa volontiers entraîner vers le torse de l'homme et enroula ses deux bras autour de son cou. Ils échangèrent un regard, un sourire, puis chacun enlaçant l'autre par la taille, ils se dirigèrent vers le fond de la cour. Thanabat restait bouche bée devant l'attitude désinvolte du sosie de son amie. Matriben et les autres étaient plantés au milieu de la cour, sous les regards des nombreux truands qui vivaient là.

-          Alors, vous venez, dit la jeune femme. Je croyais que vous étiez pressés. Je ne vais pas choisir pour vous !

Quelques regards s'échangèrent dans le groupe, puis ils suivirent le couple. Ils se faufilèrent tous à la suite de l'homme brun dans un nouveau trou d'un mur au fond de la cour. Ils travèrsent un autre tunnel, un peu plus long. De l'autre côté, il y avait une sorte d'enclos entouré de planches bancales mais solides. Une trentaine de chevaux étaient ainsi gardés là, à l'abri des regards.

-          Ils sont magnifiques, dit Violette. Mes compliments. Tu es vraiment le plus doué en la matière.

-          Merci, dit l'homme en la serrant un peu plus contre lui.

-          D'où viennent ces chevaux ? demanda Lahomey sur un ton de glace.

-          Tu es bien curieuse, dit l'homme. Qu'est-ce que ça peut te faire ? Choisit, paye et va-t'en.

-          Vous les avez volés, n'est-ce pas ? insista-t-elle.

-         Et après ? Tu as besoin d'un cheval et je t'en fournis un. Le reste ne te regarde pas. 30)

-          A combien fixer vous le prix de ces montures ? demanda Matriben.

-          J'en demande 50 zélix pour chaque monture, répondit le voleur de chevaux.

-          Vous êtes 7, donc 350 zélix et on vous laisse choisir, annonça Violette.

« Outch ! » pensait Matriben. « Je n'ai pas une telle sommes sur moi ! Et je ne peux pas, une nouvelle fois, compter sur la générosité de Zorba, qui n'a peut-être pas suffisament pour un seul cheval.»

-          Permettez que j'en discute avec mes compagnons, dit-il.

Le voleur de chevaux et la jeune aubergiste s'éloignèrent de quelques pas, et regardaient de loin le groupe se concerter.

 

-          Bon, dit Matriben, voyons ce que nous avons. J'ai emporté 50 pièces d'or pour le voyage, 50 d'argent et 20 de bronze. Et vous, combien avez-vous ?

Chacun se mit à fouiller poches, bourses, et sacs. Thanabat jouait le jeu, lui aussi, même s'il savait bien que ça monnaie devait être inconnue ici. Il glissa la main dans la poche arrière de son jean, et en sortit un billet de 10 euros.

-          J'ai ça, dit-il en montrant le billet, mais je doute que ça vous soit utile.

-          Un bout de papier, ria Marcus ! Qu'est-ce que tu veux qu'on en fasse ?

-          Chez moi ça a de la valeur, expliqua t'il en rangeant son « bout de papier ». Mais quelles sont les valeurs des pièces d'or, d'argent et de bronze ?

-          C'est simple, dit Lahomey. 1 zélix est précieux chez nous car il équivaut à une pièce d'or. Et rares sont ceux qui en possèdent, surtout en ce moment. Les pièces d'argent valent quatre fois moins, et les pièces de bronze dix fois moins. Donc pour faire un zélix, il te faut 1 pièce d'or, ou 4 pièces d'argent, ou encore 10 de bronze. Moi je n'ai que 20 pièces d'argent. Donc avec la somme de Matriben, ça nous fait 69,5 Zélix.

-          C'est tout ? S'étonna Thanabat. La vache ! On n'est loin du compte ! Marcus, tu ne connais pas un sort de faux monnayeur, par hasard ?

-          Si c'était le cas, ce ne serait pas « par hasard », répondit-il, un peu vexé. Je ne suis pas le gros nul que tu t'imagines. Je connais des sorts, figures-toi. Mais si je pouvais moi-même créer de l'argent, je vivrais comme un prince dans un château, entouré de donzelles à l'heure qu'il est !

Ibar possédait 30 pièces d'argent et 40 de bronze, Marcus avait 50 pièces de bronze, et Zorba, qui avait hérité de toute la fortune de son peuple et n'avait jamais eu besoin de la dépenser, se promenait avec 60 pièces d'or dans sa bourse. Thalulla, de son côté, se réjouissait que les elfes aient enfin accepté la monnaie des Hommes. Elle avait 15 pièces d'or, et 40 d'argent. Les comptent s'élevaient désormais à 171 zélix. De quoi prendre seulement trois chevaux.

-          En ce qui me concerne, dit Zorba, je ne tiens pas à monter sur un truc comme ça. C'est vrai que je commence à avoir mal aux pieds à force de marcher, mais je préfère mille fois me servir de mes jambes que de m'asseoir sur une bête dont il est impossible de deviner les pensées.

-          Bon, dit Matriben. Comme tu veux. Financièrement, ça nous arrange. Ainsi nous prenons trois chevaux, et chaque monture portera deux cavaliers, jusqu'à ce que nous trouvions d'autres bêtes moins chères ailleurs.

Lahomey sentit ses joues rosirent à l'idée de partager peut-être sa monture avec Ibar. Mais dans sa charmante rêverie, elle se rendit compte que quelque chose n'irait pas :

-          ça ne peut pas aller, dit-elle. Zorba ne pourra jamais tenir la cadence. Un cheval à un pas deux fois plus long que celui d'un homme. Pendant que nous serions assis sur des chevaux qui marchent, Zorba devrait trottiner tout le long du chemin. Sans compter que si nous prenons des montures, outre le fait de nous reposer les jambes, c'est surtout pour aller plus vite. Si c'est pour les faire marcher mollement, notre achat n'est plus aussi indispensable, vous ne croyez-pas ?

-          Très juste, reconnut Matriben. Alors que faire ? 31)

Violette regardait avec envie ce groupe soudé qui mettait leur argent en commun pour parvenir à leur but. Sa place dans le groupe de truands, elle avait dû la gagner à coups de poings. Aujourd'hui, elle était respectée, mais au fond, elle savait que si elle relâchait sa vigilence, si les autres la sentait faiblir, c'en serait finit d'elle. Même si la vie qu'elle menait ici lui convenait, elle ne l'avait pas choisie. Aussi, depuis toutes ces années, elle cherchait l'opportunité de partir de Vallande pour rejoindre sa sœur qui vivait si loin d'elle… 32) Mais les routes étaient si peu sûres pour une femme seule. Même pour une femme comme elle. Et ces derniers temps, avec ces gorbacs agressifs, la situation avait empirée. Si elle n'avait jamais entreprit le voyage jusqu'ici, c'était parce qu'elle savait que si elle voulait une escorte, il lui faudrait monnayer, négocier et surtout, avoir suffisament confiance en son équipe. Et des gens de confiance à Vallande, il n'y en avait pas beaucoup. Mais elle travaillait durement le jour, truandait sec la nuit, pour pouvoir s'offrir son départ vers sa jeune sœur. Ce groupe… Ces voyageurs qui se tenaient devant elle… Peut-être était-ce une idée…

 

Toujours dans la crainte d'être vue et prise à partie, Thallula s'était mise un peu en retrait des autres. Pendant que Matriben et les autres se concertaient au sujet de l'achat des chevaux, Marcus s'approcha doucement d'elle. Celle-ci ne le regardait pas. Il toussota pour se faire remarquer. Comme elle continuait de l'ignorer, il l'aborda :

-          Avec tout ça je n'ai même pas eu le temps de me présenter. Mon nom est Marcus. Je suis magicien. Sans vouloir me vanter, c'est un peu grâce à moi que ce groupe est sain et sauf à l'heure qu'il est. L'homme des bois voulait nous faire tuer, mais heureusement, j'étais là…

La jeune elfe ne semblait pas prêter attention à ses paroles. Elle écoutait, peut-être, mais ne montrait aucun signe d'intérêt. Le magicien persista dans ses efforts :

- Je suis un sauveur désormais. Attention, je ne suis pas n'importe qui. J'ai été l'apprenti de Nostrabérus. Mais je suis devenu suffisamment puissant pour ne plus dépendre de lui. D'ailleurs…

-          Nostrabérus ? interrompit Thallula.

-          Oui. Tu… Tu le connais ?

-         Bien sûr. Nostrabérus venait souvent voir mon père. C'est un magicien remarquable. Et pour un humain, il a un cœur noble. Un peu comme ton chef.

-          La relève, c'est moi, dit Marcus fièrement.

Il fit quelques gestes amples en prononçant un charabia grotesque. Une petite fumée s'éleva de la paume de sa main droite et l'instant d'après, il tendit une rose rouge à la jeune elfe. Matriben sortit de sa concertation, se dirigea vers le magicien et, l'attrapant par la manche de son habit, il le tira brusquement dans un coin :

-          Tu fais quoi là ? Au lieu de nous aider à trouver une solution, toi, tu dragues?

-          Bah quoi ? c'est interdit ?

-          Oui. Ne t'approche plus d'elle dans cette intention !

-          Pfff, c'est pas drôle ce voyage. Si je me rapproche de Lahomey, je récolte des regards noirs du grand baraqué à l'arbalète. Et si j'offre une fleur à la princesse Elfe, y'a le chef qui me tombe dessus et qui me dit « pas touche ! »

-          Je…Quoi ?

-          Quand à l'aubergiste, elle est bien mignonne aussi, mais tous mes espoirs sont tombés à l'eau quand je l'ai vu se faire enlacer par ce type. Qu'est-ce que je vais devenir moi ?

-          Rassures-moi, tu n'es pas venu pour trouver le succès auprès des femmes. Si ?

-          Non, répondit Marcus sans conviction. Mais le voyage serait plus agréable s'il y en avait au moins une pour moi. Tu crois pas qu'au lieu de se payer des chevaux, on pourrait pas plutôt aller dans le quartier chaud pour voir les filles ?

Pour toute réponse, Matriben ramena Marcus par la peau du cou auprès du reste du groupe. Thanabat, tentant le tout pour le tout, murmura à ses coéquipiers :

-          On a fait dégager les gorbacs, je pense qu'on peut s'en sortir avec eux. On les éclate, et on se barre avec les chevaux.

Lahomey se sentait d'attaque, mais Matriben était réticent. Les truands qu'ils avaient croisés étaient très nombreux. S'il s'avérait qu'en plus, ils étaient de bons combattants, leurs chances de survies deviendraient bien mince.

 

Le voleur de chevaux mâchouillait une lanière de cuir :

-          ça ne me plait pas, dit-il à Violette. Ils mettent trop de temps à se décider.

-          C'est que j'en demande un bon prix de tes belles trouvailles, répondit Violette.

-          Je sais ce que tu as derrière la tête. Tu forces les prix parce que tu veux te barrer à Ascanta.

-          Et après ? Je n'ai jamais été ingrate. Tu auras largement ta part.

-          J'espère bien ! C'est moi qui les ai volés ces canassons !

Il poussa un long soupir, dépité :

-          Tu tiens donc tant à partir loin de moi ?

-          Arrête. C'est pas ton genre de faire dans le sentimental. Et tu le sais depuis le début que je veux partir. Allez laisse-moi faire, je vais relancer la négociation.

Elle interpella les voyageurs.

-          Alors ? vous avez combien sur vous ?

-          Nous sommes loin de ce que tu demandes, répondit Thanabat, hargneux.

-          On n'a même pas assez pour se prendre 4 montures, geignait Marcus.

-          Bon. Dans ce cas, j'ai une proposition à vous faire, dit-elle. Vous nous donnez ce que vous avez, et on vous laisse les chevaux dont vous avez besoin.

-          A quelle condition, trancha Matriben ?

-          A condition que vous nous escortiez Tabor et moi, jusqu'à Ascanta.

Tabor, le voleur de chevaux, parut tout aussi surpris que les voyageurs. Il tentait de contenir sa joie, mais un sourire se déssinait déjà au coin de ses lèvres. Thanabat se tourna vers Matriben et lui rappela que le temps leur était peut-être compté. Un détour de plus ne serait pas le bienvenu.

-          ça devrait aller, dit Matriben. Ascanta est sur notre route. J'accepte, dit-il à l'aubergiste. Mais laisse-moi poser mes conditions aussi. Si vous nous retardez, on vous laisse. Si vous nous tentez de vous en prendre à nous, je vous tue. Et une fois à Ascanta, vous nous laissez partir et on garde les chevaux. Entendu ?

-          Entendu, dit Violette en lui tendant la main.

Matriben et l'aubergiste scellèrent donc le marché en se serrant la main et chacun se dirigea vers les animaux pour choisir sa monture. Zorba, non initié à l'art équestre, se tenait à l'écart, attendant que les autres fassent leur choix. Il avait de toute façon décidé de monter en croupe derrière Matriben. Le chef de Lantar, justement, s'était choisi un immense Shire qui se laissa monter sans aucune nervosité. Thallula semblait experte elle aussi et parlait doucement à une pouliche blanche de race lippizane. Lahomey fut conquise par un Frison, et Ibar trouva un Mustang élancé et nerveux. Marcus jouait le connaisseur mais il confondit une mule avec un pur sang. Thanabat bénéficiait des conseils de Violette. Il s'avança vers un cheval alezan de taille moyenne. Celui-ci semblait calme, mais lorsque le guerrier à la hache s'en approcha, il se met à gratter frénétiquement le sol.

-          Pas celui-là, dit Violette. C'est un idiot. Il court vite, mais il n'obéit pas.

-          Très bien répliqua Thanabat. Il me plait.

Tabor, le voleur de chevaux, était resté appuyé contre une meule de foin, les bras croisés. Il avait contemplé la scène avec amusement.

-          Et vous ? demanda Thanabat à Violette et à Tabor. Vous ne prenez pas de chevaux ?

-          Lui ? Il n'en a pas besoin, répondit-elle en riant. Il court plus vite lorsqu'il est à pieds ! Et il me portera sur son dos.

Comme elle éclata de rire devant la tête que faisait Thanabat, celui-ci prit cette réponse comme une boutade dont il ne comprenait pas le sens. Mais  alors qu'ils passèrent à proximité de la dernière maison de Vallande, les jambes de Tabor s'allongèrent d'étrange manière et son corps se changea en celui d'un cheval. Violette s'installa au creux de son dos et enroula ses bras autour de la poitrine du centaure qui se mit à courir gracieusement, merveilleusement, entraînant à sa suite le reste de la horde dans une course folle. Six destriers, neuf personnes, quittèrent Vallande au petit matin.

  Aucun commentaire | Ecrire un nouveau commentaire Posté le 16-03-2008 à 16h27

 Version finale - Chapitre 18 Alerter l'administrateur Recommander à un ami Lien de l'article 

18

 

La bagarre s’était arrêtée. De nombreux hommes capitulaient pour ce soir, et rentraient chez eux, le visage tuméfié. Thanabat dormait toujours. Thalulla avait attendu la fin des hostilités dans une grande angoisse. Zorba avait appris un jeu de cartes à Marcus pendant qu’ils attendaient à l’extérieur de la taverne. Ibar et Lahomey reprenaient leur souffle en se congratulant l’un l’autre pour leurs exploits dans cet exercice :

-          Pas mal, dit l’arbaletrier. Bientôt tu n’auras plus besoin de moi pour assurer ta protection.

-          C’est plutôt moi ton garde du corps, répondit-elle du tac au tac.

Et ils éclatèrent de rire ensemble.

Quand à Matriben, il venait de reprendre connaissance. L’aubergiste pensait sa blessure.

-          Tu m’as fichue une sacrée pagaille, toi et tes copains ! dit-elle alors qu’il battait des paupières.

-          Vous n’y avez pas été de main morte non plus, dit-il en frottant la bosse qu’elle lui avait faite.

Il se redressa subitement.

-          Mais… où est l’homme qui était assis ici tout à l’heure ?

-          Le grand gars encapuchonné ? Il est partit.

-          Il faut que je le retrouve. Je…

Il eut un leger étourdissement. L’aubergiste lui plaqua le visage sur la table, sans délicatesse.

-          Pas dans cet état. Tu vas me faire le plaisir de rester là cette nuit ou je te fais une deuxième bosse !

-          Bon… Est-ce qu’il vous reste des chambres pour mon groupe ?

-          Oui, mais je te préviens, pour les chambres individuelles ça va pas être possible. Il ne m’en reste que trois.

-          Très bien. Nous les prenons.

-          Payable d’avance ! dit la patronne.

-          Aucun problème, dit-il en sortant sa bourse. Savez-vous où nous pourrions trouver des chevaux?

-         T’as frappé à la bonne porte mon gars, rétorqua t’elle. Demain, je t’emmène à la meilleure adresse de Vallande ! 28)

La répartition des chambres se fit ainsi : Thalulla et Lahomey dans la première, Ibar et Matriben transportèrent Thanabat dans la seconde, et enfin Marcus et Zorba s’installèrent dans la troisième.

Le chef de Lantar ne trouvait pas le sommeil malgré l’harassante journée qu’il avait vécu, lui et son groupe. Il ne pensait qu’à cet homme… S’agissait-il bel et bien de Bramarion ? S’était-il trompé ? Mais si c’était bien lui, comment était-ce possible qu’il soit en vie ? Matriben l’avait vu mourir sous ses yeux… c’en était trop. Il quitta son lit, prit son épée et son surplis, et sortit de l’auberge sans bruit.

Les rues de Vallande n’étaient pas totalement désertes, mais le calme était revenu dans la ville. Alors qu’il s’engagea dans une ruelle au hasard, il se rendait compte de l’inutilité de son entreprise. Car comment retrouver un homme dans un endroit aussi vaste ? Depuis combien de temps était-il partit, quelle distance les séparaient à présent ? Et par où commencer les recherches ? Il n’avait pas le moindre indice.

-         Ce n’est pas très gentil de partir tout seul !

-         Quelque chose me dit que le grand chef  considère notre compagnie comme un fardeau !

Thallula et Lahomey avaient suivi Matriben.

-          Non, je… C’est mon affaire. Retournez vous coucher. Demain la route sera longue.

-          Elle le sera pour toi aussi, répliqua Lahomey. Qu’est-ce qui te tracasse tant pour nous fausser ainsi compagnie ? Est-ce que Thallula a raison de croire que tu nous considères comme des boulets ? N’as-tu pas confiance en nous ?

-          La confiance n’a rien à voir avec ça.

-          Alors qu’est-ce qu’il y a ? Insista-t-elle.

-          C’est… Cet homme.

-          Celui de la rixe ? Qui est-ce ?

-          C’est toute la question. Celui qu’il a prétendu être a été tué devant moi il y a 3 ans. Cet homme est un imposteur, et je veux savoir ce qu’il veut.

-          Et qui était l’homme dont il a prit l’identité ? surement quelqu’un d’important pour que tu partes ainsi à sa recherche ?

-          … Personne. Rentrons. De toute façon, il doit être loin maintenant.

 

« Pourquoi tu ne leur dit pas la vérité ? »

 

Matriben se retourna. A qui était cette voix ? Ni Lahomey ni Thallula ne pouvait en être à l’origine. C’était une voix d’homme.

-          Vous avez entendu ? Leur demanda-t-il.

-          Entendu quoi ? Demanda Lahomey.

Un rire sinistre résonnait dans le crâne de Matriben.

-          Là vous entendez ?

-          Non, répondit Lahomey. Qu’est-ce qu’on est supposé entendre ?

-          Cette voix…ce rire… là… vous n’entendez pas ?

-         Je n’entends pas de voix, dit l’elfe, mais je sens des yeux sur nous.

Les yeux affûtés de la jeune elfe examinaient chaque mouvements, chaque ombre aux alentours.

-         Là ! dit elle soudainement en s’avançant vers le mur d’une maison.

La paume de sa main parcoura la pierre.

-         Le toit, chuchota t’elle.

Aussitôt, Lahomey attrapa une flèche, la glissa dans son arc, banda la corde et pointa l’arme vers le toit, scrutant le noir du ciel, à la recherche de ce qui pouvait bien provoquer cette menace.

-          Je ne vois rien, dit-elle.

-         Il y a qulequ’un… Quelque chose.

Soudain, deux yeux jaunes brillèrent au-dessus de la maison. Deux yeux qui semblaient sortir des profondeurs de la nuit. Puis lentement, la silhouette de ce qui semblait être un chien, avec derrière lui, trois queues pourvues d’un dard de scorpion se découpait peu à peu dans l’obscurité. Il les observait fixement pendant d’interminables secondes. Lahomey fut si abasourdie par cette vision que son bras resta figé. Puis la créature déploya deux immenses ailes, aussi fines que celles d’une chauve-souris, et disparut dans les cieux.

-          Qu’est-ce que c’était que ça ? Demanda Lahomey, le souffle coupé.

-          Merde, dit Matriben. On dirait la créature qui nous suivait dans les marais.

-         Ce démon… C’est un sbire de Dark Scriptus…

-          Qui ? demanda Matriben. Tu veux dire le Grand Chambellant ?

-         Retournons à l’auberge, dit l’elfe. Nous devons prévenir les autres et quitter cette ville au plus vite.

Lorsque tous les membres du groupe se rejoignirent dans la salle principale de l’auberge, l’émoi de Lahomey, de Matriben et Thallula eut vite fait d’éveiller les craintes des autres membres du groupe. Matriben expliqua très brièvement ce qu’ils avaient vu. 29)

-          Qu’est-ce qu’on fait alors ? demanda Thanabat, les yeux encore à moitié fermés.

-          Il faut partir sans tarder, dit Matriben. Réveillons l’aubergiste. Elle a dit qu’elle nous trouverait des chevaux.

Lahomey s’y employa rapidement. Au bout de quelques minutes, elle reparut en compagnie de la jeune femme, ébouriffée mais bien réveillée. Matriben lui expliqua rapidement ce qu’ils attendaient d’elle. Tous s’apprêtaient à sortir promptement pour aller chercher leur monture. Zorba, lui, s’assit sur le bord d’une table en croisant les bras :

-          Moi,  j’aimerais bien savoir ce que l’elfe sait de ce démon et de ce Dark Scriptus.

-          Pas maintenant, dit Matriben. Il faut partir.

-          Au contraire, insista Zorba. Je crois que nous avons le droit de savoir qui nous poursuit, et pourquoi. Nous ne pouvons plus avancer tranquillement avec cette menace. Il faut que nous sachions comment faire face au danger. C’est qui ce type d’abord ?

-         Ce type ? Tu ne connais pas le Grand Chambellant ? C’est le plus grand ministre de ton royaume quand même !

-          Tu parles du Royaume des humains. Désolé, j’en suis pas ! répliqua Zorba pour justifier son ignorance.

-          Très bien, soupira Matriben. Prenons le temps de faire le point. Nous t’écoutons, dit-il à l’elfe. Mais tâche de faire vite… S’il te plait.

Il avait rajouté cette formule de politesse en rougissant.

-         Ce type, commença Thallula un peu ironiquement, s’appelle Dark Scriptus. Il est l’un des hommes les plus inffluents de ce pays. Il est aussi le plus puissant mage noir que le monde ait connu. Il est entré au service du Roi des Hommes en tant qu’espion il y a de cela trois ans. Hérissius a tout de suite eut une confiance aveugle en lui. Il ne pouvait plus se passer de ses services et de ses conseils. Très vite, il est devenu le négociateur principal du Royaume. Puis, il s’est fait de plus en plus influent. L’année dernière, il était le chef du grand conseil. Bref. Il n’a cessé de grimper les marches du pouvoir. Parrallèlement à son ascension, la situation a commencé à se dégrader. Hérissius, démuni face à la pauvreté des peuples et à l’insécurité grandissante, s’en est une fois de plus remis à lui pour tenter d’améliorer les choses. Alors il l’a nommé Grand Chambellan. C’était il y a trois mois. Hérissius ne prend plus aucune décision sans le consulter. Et même, il arrive que Dark Scriptus agisse sans avoir besoin d’en référer au Roi, tant celui-ci lui fait confiance et lui donne une immense liberté d’acte.

Elle marqua une courte pause, hésitant à poursuivre. Elle continua sur un ton moins appuyé :

-         Mon père… Mon père pense que le déclin du pays est en lien direct avec l’ascension de Dark Scriptus.

-          Rien d’étonnant à ce qu’un elfe noir dénigre notre gouvernement ! lâcha Marcus.

-          Oh, dit l’aubergiste. Tu es une…

-          Ça change quelque chose ? dit froidement Matriben.

Son regard s’était fait menaçant, ses yeux parraissaient lancer des éclairs. L’aubergiste haussa les épaules, manifestement peu intimidée :

-          Non, rien du tout.

-          Et il est sûr de ça, ton père ? Demanda Lahomey.

-         Non, avoua l’elfe, mais il y a de fortes présomption sur le fait que ces attaques soient exécutées selon des ordres précis. Les gorbacs sont commandés par quelqu’un de très puissant.

-          Oui ça se tient, dit Thanabat. Et ça pourrait être ce type qu’on a vu Ibar et moi, la nuit de l’attaque à Lantar.

-          Lantar s’est fait attaqué, demanda l’aubergiste ? Quand ?

-          Il y a trois nuits, dit Matriben. Nous avons eut de nombreuses pertes. Mais, Thanabat, Ibar, pourquoi ne m’avez-vous pas parlé de ça ?

-          On ne peut pas dire qui on a vu précisément, dit Ibar, mais c’était en effet un puissant mage. Il a réduit le village en cendres d’un seul geste.

-          Wouahou, s’esclaffa Marcus. Ça s’est fort ! Moi aussi je connais un sort de feu. Mais ma flamme est à peine plus grande que celle d’une allumette ! Mais bon, je m’entraîne…

-         D’autres témoins, des survivants probablement, disaient également qu’ils avaient vu un homme à qui les gorbacs obéïssaient.

-          Tu sais beaucoup de choses, dit Matriben. Comment as-tu eu ces informations ?

-          Tu crois que je suis une espionne moi aussi ? Répondit-elle sur un ton de défi.

Puis la voix de l’elfe s’adoucit et elle parla d’une voix presque murmurée.

-         Je le sais car mon père est le Roi des elfes noirs. Et il était en étroit lien avec Dark Scriptus pour des négociations. Même si les batailles ont cessées entre nos deux peuples, les Hommes et les elfes noirs sont toujours en guerre. Le Grand Chambellan  a prétendu que mon père avait farouchement refusé la signature d’un traité de paix. Mais c’est faux. Il ne nous a jamais parlé d’un processus de paix. Les mensonges de cet homme ont éveillés les soupçons de mon père. Il pense que cet homme vise autre chose que le bien du royaume. C’est au sujet de tout ça que j’ai voulu consulter l’oracle. Je voulais en savoir plus, je voulais faire quelque chose. Mais lorsque vous avez posé votre question, j’ai compris que le problème s’étendait bien au-delà d’une guerre entre nos deux peuples. Et que toutes les communautés de ce pays son concernées.

Elle se tut. Tout le monde réfléchissait. Matriben souleva son sac de voyage et le plaça sur son épaule :

-          Il faut partir sans tarder, dit-il. Il semblerait que nous ne soyons plus en sécurité ici. Si cette créature veut notre peau, Quelque soit sa raison, j’ai pas l’intention de la laisser faire comme ça lui plait. En route.

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  Blog créé le 17-01-2007 à 09h14 | Mis à jour le 19-06-2008 à 21h24 | Note : 8.24/10