| - Pas de temps à perdre, il faut continuer sur notre route.
- Parfait, dit l’efle. Comme ça, nous pourrons soigner les blessés chez moi, à Branoc.
Les membres du groupe venaient de se mettre en route, guidés par Thalulla. Matriben portait Tabor avec Ibar. Il ajusta au mieux le bras de Tabor autour de son cou et le soutenait par la taille. Ibar faisait de même. Avant de rejoindre le groupe de tête, Matriben se tourna vers Bramarion, resté en retrait.
- Pourquoi ne nous accompagnerais-tu pas ?
- Cela m’est impossible.
- Quoi, tu veux nous lâcher ? Alors que tu nous as suivis jusqu’ici ? dit Matriben avec humour. N’abandonne pas maintenant. Et plutôt que de marcher derrière, joins-toi à nous. Pour de bon.
L’homme soupira longuement :
- Je vais continuer à marcher derrière. Mais cette fois, ce ne sera pas pour vous traquer. Je vous escorterais.
Devant le regard méfiant d’Ibar, il ajouta :
- Vous n’avez plus rien à craindre de moi. Je ne vous attaquerais pas. J’ai perdu trop de choses importantes à mes yeux.
Le regard entendu entre Matriben et lui en disait long sur l’amitié qu’ils semblaient partager autrefois et qui refaisait surface. Bramarion les laissa donc partir et attendit plusieurs minutes avant d’emprunter le même chemin.
Le groupe était à pied, la plupart étaient blessés, fatigués, et le moral n’était pas au beau fixe. La route avait déjà été longue jusqu’ici, et les nombreux contretemps n’avaient pas facilité les choses. Thallula chantait une chanson en langue elfique pour accompagner l’âme de la dragonne vers un quelconque paradis céleste. La mort de celle-ci avait laissé un goût amer. Une bataille inutile qui avait fait beaucoup de dégâts. Pourtant, il fallait avancer et gagner Branoc dans les plus brefs délais. Thanabat perdait beaucoup de sang et Tabor semblait souffrir énormément.
A plusieurs centaines de mètres derrière, Bramarion fermait la marche. Enfin, presque. Il avait remarqué depuis pas mal de kilomètres qu’il était lui-même suivit. Il était talonné par un groupe qui se cachait à peine. 7 truffes noires reniflaient le sang qui s’était échappé des blessures de Thanabat. 28 pattes et deux jambes, celles de la berserk qui les accompagnait. Ils n’inquiétaient pas Bramarion. Cette meute errante cherchant sans doute de quoi manger, et l’odeur du sang les attirait irresitiblement. Ce qui l’inquiétait davantage, c’était ces cavaliers qui les avaient peut-être pris en chasse et qui se rapprochaient dangereusement. Bramarion collait régulièrement son oreille contre le sol pour surveiller leur progression. Il savait que d’ici peu, cela ne serait plus nécessaire, car ils approchaient. Lorsqu’il se releva cette fois là, les loups l’avaient rattrapé et l’entouraient sans animosité. Il esquissa un sourire. Après tout, ces êtres déracinés et en marge du reste du monde étaient un peu comme lui. Il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule. Il vit la berserk un peu en retrait et derrière elle, au loin, la horde de cavalier qui soulevait un nuage de poussière.
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